christopher vasey naturopathe
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Quelle est notre part de liberté ?



Disposer d'un maximum de liberté a toujours été l'un des grands désirs de l'être humain. Les libertés fondamentales garanties par la société ne sont cependant pas suffisantes pour acquérir la liberté intérieure. Une démarche personnelle est dans ce cas indispensable. Qu'est donc la liberté et où la trouver ?

La liberté absolue est-elle possible ?

Lorsque quelqu'un dit qu'il veut être libre, il entend le plus souvent qu'il souhaite agir comme bon lui semble, sans limitation aucune, sans être empêché par quoi que ce soit, sans avoir de comptes à rendre à quiconque.

Cependant, une première raison donne à penser qu'une liberté aussi absolue est impossible, il suffit que quelqu'un bénéficiant d'une telle liberté soit confronté à un seul de ses semblables pour qu'aussitôt sa liberté soit remise en question. En effet, les décisions qu'il a prises peuvent entrer en conflit, être contrariées ou totalement contrecarrées par les décisions de l'autre. Une liberté absolue ne serait donc tout au plus possible que pour une personne totalement isolée. Ce fait est bien connu et résumé dans la formule couramment employée : «La liberté personnelle s'arrête là où commence celle des autres». Mais être seul au monde ne suffirait pas pour bénéficier d'une liberté absolue. Encore faudrait-il que celui qui se trouve dans cette situation soit en mesure de façonner la réalité selon son bon vouloir afin que cette réalité n'entre pas en contradiction avec sa volonté ou ne fasse obstacle à la réalisation de ses désirs. Or, l'être humain se trouve face à une réalité extérieure qu'il n'a pas choisie ; une réalité qui s'impose à lui et qu'il est obligé de prendre en considération. Elle fonctionne d'après des lois immuables – les lois de la nature ou lois cosmiques – ce qui limite fortement ses possibilités de jouir d'une liberté totale.

L'être humain peut en effet choisir de marcher ou de courir, mais pas de voler en s'aidant de ses bras, car cela dépasse les lois de sa propre constitution. Il peut aussi décider de semer du blé plutôt qu'une autre des nombreuses sortes de semences disponibles, mais ce blé une fois semé, il ne pourra s'opposer à la nature et faire en sorte qu'il en récoltera de l'avoine ! La liberté n'est donc pas seulement limitée là où commence celle des autres, elle est aussi limitée là où commence la réalité extérieure. Bénéficier d'une liberté absolue est donc une chose qui reste à tout jamais impossible à l'être humain. Cela ne signifie cependant pas qu'il ne puisse jouir d'une liberté relative, à sa mesure, c'est-à-dire à l'intérieur du cadre des lois préétablies par le Créateur. Les lois sont en effet l'expression de la Volonté de Dieu, elles montrent la manière dont Il veut que la Création fonctionne.

Les lois, une entrave à la liberté ?

Le cadre formé par les lois est ressenti par certains comme une limitation intolérable. À l'instar de ceux qui veulent vivre «sans foi, ni loi», c'est-à-dire sans lois morales (spirituelles), ni lois terrestres, ces gens revendiquent en fait la liberté absolue qui n'est pas possible pour l'être humain. Ils voudraient tout pouvoir décider par eux-mêmes. Cependant, une question se pose : seraient-ils capables d'assumer une telle liberté ? Celle-ci impliquerait en effet qu'ils puissent décider comment doit fonctionner l'univers. La réponse est bien évidemment non, parce que la sagesse qui régit les lois de la Création est très au-dessus des capacités que l'être humain peut déployer. Les lois qui s'engrènent, s'harmonisent et se complètent de manière si parfaite, garantissent à chacun et à chaque chose son espace, sa place, etc.

Les lois ne sont d'ailleurs pas là pour limiter, mais pour favoriser la liberté de chacun. À cause du nombre élevé d'êtres humains se trouvant sur Terre, la liberté de chacun serait fortement entravée par celle des autres, s'il n'existait pas un ensemble de règles à respecter par tous pour que chacun puisse bénéficier d'un maximum de liberté personnelle. Ces règles sont contenues dans les dix Commandements et ont été résumées par le Christ lorsqu'il exhortait l'être humain à aimer son prochain, comme soi-même. En effet, ne jamais faire aux autres ce que nous ne souhaitons pas que l'on nous fasse est le meilleur moyen de respecter nos libertés mutuelles et de donner ainsi à tous la plus grande amplitude de liberté possible.

La liberté humaine, une liberté de décision

Le Créateur ayant déterminé la nature et le fonctionnement du cadre dans lequel l'être humain peut agir, la liberté de ce dernier ne s'exerce qu'à l'intérieur de ce cadre, et non sur ce cadre. Il ne s'agit donc pas d'une liberté de création, mais d'une liberté de décision à l'intérieur d'un cadre préétabli. Cette faculté de libre résolution, que l'être humain peut exercer à tout moment, a pour nom libre arbitre. Dans la Création, seul l'être humain la possède.

Certes, les animaux prennent des décisions. Elles ne sont cependant pas libres, mais toujours prédéterminées. Face à un événement particulier, plusieurs réactions leur sont possibles. Ils peuvent choisir celle qu'ils désirent, mais ne peuvent en choisir d'autres que celles qui appartiennent à leur espèce. Par exemple, face à un adversaire, un chien mord ou fuit, mais il ne peut pas décider de frapper son ennemi avec sa tête comme le ferait une chèvre ou un bélier ! Les lions sont carnivores. Manger de la viande est inné pour eux. Ils ne pourront donc décider d'adopter un autre régime alimentaire et de devenir végétariens. L'être humain, lui, le peut. Il peut même décider de s'alimenter à l'inverse du bon sens s'il le désire. Les répercussions des décisions erronées se feront évidemment douloureusement sentir, mais il lui est tout de même possible de prendre des décisions de cette sorte. Les êtres humains envient parfois les animaux parce qu'ils vivent en liberté dans la nature. Cependant, comme on vient de le voir, les décisions que ceux-ci peuvent prendre sont très limitées par rapport à celles que peut prendre l'être humain. Elles le sont d'autant plus que chez l'animal, l'action n'est toujours qu'une réponse à un stimulus provenant de son entourage ou de son corps, alors que chez l'être humain, elles peuvent aussi venir d'un désir plus profond. L'être humain peut donc évoluer parce qu'il le veut, alors que l'animal le fait parce qu'il y est poussé. L'évolution de l'homme revêt d'ailleurs les formes que lui-même décide de lui donner, ce qui n'est pas le cas pour l'animal.

Où est le siège de notre libre arbitre ?

Si le libre arbitre est le propre de l'être humain, où se situe-t-il ? A priori on pourrait penser qu'il siège dans le cerveau. Cependant, si l'on étudie le fonctionnement de ce dernier, il faut se rendre à l'évidence, le cerveau est nettement conditionné, ce qui l'empêche de prendre des décisions non influencées.

Au début de la vie, en effet, le cerveau ne contient encore rien. C'est un outil tout neuf, qui va être alimenté en informations à mesure que la vie se déroule. Ces informations lui parviennent par l'intermédiaire des cinq sens. Elles sont alors stockées dans la mémoire et l'intellect peut travailler sur elles en les associant.

Ces informations seront nécessairement différentes d'un individu à l'autre en raison de son milieu familial, de sa nationalité, des écoles qu'il a fréquentées, de la profession qu'il exerce, des journaux qu'il lit, des émissions de radio ou de télévision qu'il suit, de la publicité à laquelle il est confronté, des amis qui sont les siens, du parti politique auquel il appartient, etc. Ces exemples montrent déjà que le cerveau n'est pas capable de prendre une décision non influencée, puisque tous ses raisonnements sont imprégnés et conditionnés par des idées, des concepts et des avis... qui viennent de l'extérieur.

Or, pour prendre une décision absolument libre, il est nécessaire que le centre de décision soit en mesure de choisir sans être influencé par tout ce conditionnement extérieur. Alors, si le libre arbitre n'est pas dans le cerveau, où est-il ? Etant donné que le corps ne possède pas d'organe plus perfectionné et plus noble que le cerveau, il faut chercher le libre arbitre ailleurs, en se gardant toutefois de chercher avec une approche matérialiste comme s'est habitué à le faire l'homme moderne. En effet, avec une approche exclusivement limitée à ce qui est d'ordre matériel, nous nous condamnons à ne trouver le libre arbitre que dans l'un des organes de notre corps. Or, la constitution de l'être humain comporte un élément qui n'est pas matériel, c'est l'esprit, pris dans le sens d'âme. L'esprit, qui provient du plan spirituel, ou Paradis, n'est pas de même constitution que le corps physique ; il est construit avec les matériaux du plan spirituel, alors que le corps physique est construit à partir de matériaux du plan terrestre. Une grande différence de genre existe entre ces deux plans et, à cause de cette différence, l'esprit qui séjourne sur Terre doit revêtir un vêtement ou être doté d'un outil qui lui permette de prendre contact avec son entourage et d'agir sur lui. Cet outil est le corps physique. En conséquence, l'esprit s'incarne dans le corps, mais il n'est pas le corps. Il n'est donc pas non plus... le cerveau.

En raison de son origine, l'esprit échappe à tout le conditionnement socioculturel auquel le cerveau est soumis. Les impressions en provenance du plan terrestre l'impressionnent certes, mais elles ne s'inscrivent pas en lui comme elles le font dans le cerveau. En effet, au départ, l'esprit n'est pas vide comme le cerveau, mais il possède des facultés spirituelles déposées en lui par le Créateur. Les impressions extérieures poussent les facultés spirituelles à réagir, à se manifester, ce qui contribue à leur développement. Il n'y a donc pas conditionnement, mais épanouissement des facultés intérieures et personnelles.

C'est bien l'esprit qui prend des décisions sans être influencé, c'est-à-dire librement, et qui est ainsi le siège du libre arbitre de l'être humain.

Les entraves intérieures à la liberté

La liberté est parfois présentée comme une chose en soi, extérieure à l'être humain, et qu'il pourrait s'approprier. En réalité la possibilité d'être libre, l'être humain la détient au fond de lui. Elle devient réalité lorsqu'il emploie la faculté de libre résolution de son esprit, et seulement dans ce cas.

Dans ce sens, les libertés de croyance, de pensée, de réunion, d'expression, etc., ne sont pas les libertés proprement dites, mais des lois appartenant à l'organisation sociale, et qui servent à garantir à chacun la possibilité d'utiliser sans entrave, son libre arbitre. Cependant, si ces lois sociales rendent possible l'utilisation du libre arbitre, elles n'obligent en rien à l'utiliser. Et si quelqu'un n'en fait pas usage, il n'est pas libre, quand bien même il vivrait dans un pays qui garantit les libertés fondamentales. Les entraves à la liberté peuvent donc aussi bien être intérieures qu'extérieures. Le plus souvent cependant elles sont intérieures.

La raison principale en est que, normalement, lors de son séjour terrestre, l'être humain devrait prendre ses décisions uniquement avec son esprit, son cerveau se contentant de les réaliser. Cette répartition des tâches s'explique. Le plan terrestre, où l'esprit se trouve pour la durée de son incarnation, lui est étranger parce qu'il est d'un autre genre que lui. Il n'est donc pas en mesure de l'appréhender et d'agir dessus, comme peut le faire le cerveau qui est du même genre. Le rôle du cerveau est ainsi de seconder l'esprit et de réaliser les décisions prises par lui. Pour ce faire, il doit également être capable de décider afin de pouvoir effectuer un choix parmi les multiples possibilités matérielles qui s'offrent à lui.

Le centre de décision de l'intellect a un champ d'action beaucoup plus restreint que celui de l'esprit. Il ne comprend que la matière, alors que l'esprit a une vue large qui s'étend bien au-delà de celle-ci. Or, l'être humain a depuis longtemps opté pour utiliser avant tout ses facultés cérébrales, son intellect, au lieu d'utiliser principalement ses facultés spirituelles qui sont hiérarchiquement plus haut placées et qui devraient diriger les facultés intellectuelles. Ces dernières se sont ainsi hyperdéveloppées avec le temps, au détriment des facultés spirituelles, tant et si bien qu'aujourd'hui les décisions sont le plus souvent prises par l'intellect plutôt que par l'esprit. Mais, plus l'être humain se réfère et se soumet à son intellect, moins il utilise le libre arbitre qui réside dans son esprit. Et moins il utilise son libre arbitre, moins il est libre. La perte de spiritualité amène donc tout naturellement à une perte de liberté.

En se soumettant à son intellect, l'être humain s'entrave encore d'une autre manière. À cause de la vision restreinte de la réalité que possède l'intellect, les décisions qu'il prend sans la direction de l'esprit, sont par conséquent nécessairement fragmentaires et pour cette raison, souvent, en opposition aux lois de la Création.

Or, en décidant à l'encontre des lois, il se crée un destin qui l'entrave. Le destin de chacun n'est en effet pas arbitraire, mais la conséquence des actions passées : «ce que l'homme sème, il le récoltera». Son destin sera ainsi barré par des obstacles, des conflits et des problèmes qu'il sera contraint de vivre et qui par là limiteront ses possibilités d'agir tout à fait librement. Les entraves à une libre utilisation du libre arbitre par le non respect des lois peut également provenir de ce qu'une personne ne développe pas positivement ses facultés, mais forme un penchant quelconque. Effectivement, un penchant, qu'il s'agisse de l'appât du gain, de l'envie, ou de la haine etc., fait toujours «pencher» quelqu'un dans une direction précise. Celui-ci ne peut prendre une décision vraiment libre, car il doit sans cesse lutter contre son penchant qui se rappelle constamment à lui avec insistance. Au lieu de disposer de toutes les possibilités de choix, un élément est fortement mis en avant et l'influence. Et cette influence est une entrave à l'utilisation totale et sans obstacle de son libre arbitre.

Paradoxalement, le non respect des lois conduit donc à la perte de la liberté. C'est le contraire de ce que l'on croit habituellement. En effet : dans la mesure où les lois de la Création garantissent le maximum de liberté à chacun, leur non respect aboutit très logiquement à une perte de cette même liberté.

À quoi sert le libre arbitre ?

L'esprit humain ne s'est pas créé lui-même, pas plus qu'il n'a créé les facultés qui reposent en lui. Ces dernières ont été déposées dans son esprit par le Créateur en tant que possibilités, mais l'être humain doit les faire passer de l'état de potentialité à celui de réalité, en les amenant à leur plein épanouissement. L'histoire de l'humanité, et d'ailleurs celle des règnes minéral, végétal et animal, ne montre-t-elle pas un mouvement du simple au complexe, du peu évolué au plus évolué, ou encore de l'inconscience vers plus de cons¬cience ? Or, les facultés ne se développent que lorsqu'elles sont utilisées. Et pour qu'elles le soient, il faut que l'esprit veuille quelque chose. En voulant être respectueux, patient ou secourable... l'esprit met en action les facultés correspondantes qui reposent en lui et les oblige à se manifester. Ainsi, de la même manière qu'un muscle se développe par l'exercice, les facultés spirituelles se développent et s'épanouissent de plus en plus au fur et à mesure de leur utilisation.

Les efforts que les êtres humains déploient tout au long de leur existence ne visent donc pas seulement à survivre matériellement et éventuellement à exécuter de grandes choses sur Terre, mais ont pour but principal de développer les facultés spirituelles qui sont en eux. Développer pleinement les facultés qui reposent dans l'esprit est d'ailleurs le but de l'existence humaine, car c'est seulement lorsque les facultés spirituelles sont pleinement épanouies que l'esprit humain peut regagner sa patrie: le paradis.

Empêcher quelqu'un d'utiliser sans entrave son libre arbitre, que ce soit l'État en ne garantissant pas les libertés fondamentales des citoyens, ou que ce soit un individu, en exerçant des pressions diverses, est l'un des crimes les plus graves. Il n'engendre pas seulement des souffrances terrestres, mais spirituellement, il entrave le développement de l'esprit, cet esprit qui est le moi véritable de l'être humain.

L'usage du libre arbitre devrait donc moins être pris comme une possibilité que l'on peut choisir d'utiliser ou non, que comme une chose à exercer absolument en soi. Pour l'esprit humain dans la Création, la liberté est moins un droit qu'un devoir, et plus l'individu devient libre en respectant les lois de la Création, plus ceux qui l'entourent pourront l'être aussi.


Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal