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Psychogénéalogie
Hérite-t-on vraiment des défauts et conflits de ses ancêtres ?



Actuellement, une nouvelle approche psychologique, appelée psychogénéalogie ou psychologie transgénérationelle, est en plein développement. Elle regroupe différents courants qui tous considèrent qu’il existe une transmission de fardeaux psychologiques des ancêtres à leurs descendants. L’individu serait ainsi marqué par l’histoire familiale et endosserait des défauts et des comportements de ses aïeux, sans qu’il le veuille et sans qu’il en soit responsable. Cela l’amènerait à reproduire des conflits et à revivre des souffrances de ceux-ci. Mais en va-t-il vraiment ainsi ?L’être humain peut-il récolter quelque chose qu’il n’a pas semé ?

Le constat

Certains faits troublants sont à la base de la psychogénéalogie. En voici deux exemples. Régulièrement, une petite fille de 4 ans est sortie de son sommeil par un horrible cauchemar qui lui déclenche une crise d’asthme. Interrogée sur le contenu de son rêve, elle décrit tant bien que mal un monstre, qu’invitée à dessiner, elle représente par quelque chose qui ressemble à un masque à gaz utilisé lors de la 1ère Guerre mondiale. Or, les recherches effectuées sur ses ancêtres montrent que cette petite fille est née le même jour de l’année que celui où son grand-oncle est mort gazé sur le champ de bataille lors de la Première Guerre mondiale !

Comment expliquer que l’étouffement et les angoisses qui ont accompagné sa mort soient revécus en rêve par la petite fille des dizaines d’années plus tard ? D’après l’approche psychogénéalogique, cette dernière a inconsciemment reproduit le traumatisme par lequel son ancêtre a passé. Malgré des résultats scolaires excellents, un jeune homme n’arrive pas à obtenir son baccalauréat. L’étude de l’histoire familiale révèle qu’il n’est pas le seul dans cette situation. Au cours du siècle écoulé, 14 de ses cousins ne l’ont pas obtenu non plus, ayant quitté le lycée pour des raisons futiles peu avant l’examen. Cette série d’échecs débute chez un arrière-grand-père. Suite à un forfait qu’il avait commis et qui scandalisa ses parents, il fut mis à la porte de la maison paternelle et ne put se présenter à son baccalauréat.

Le renvoi de l’arrière-grand-père aurait ainsi déteint sur ses descendants, les contraignant à vivre cette situation.

L’interprétation des faits par la psychogénéalogie

D’après cette approche, l’individu n’est pas si indépendant qu’on se l’imagine habituellement. En tant que membre d’une famille, il serait lié sur le plan psychique à ses ancêtres. Il existerait un lien entre lui et eux, même si ces derniers appartiennent à une génération très ancienne. Ce lien invisible aurait pour effet que chaque être humain serait marqué par les caractéristiques psychiques de ses ancêtres, qu’il serait une empreinte ou une carte de visite de sa famille. Qu’il le veuille ou non, il serait structuré et façonné par l’histoire familiale et, ainsi, tout l’arbre généalogique se retrouverait en lui. La transmission des fardeaux psychologiques contraindrait ainsi le descendant à endosser une partie du destin de ses aïeux, sous forme d’émotions ou de conflits similaires. Que ceux-ci aient vécu de terribles angoisses dans une situation donnée, il devra les vivre également. Qu’ils n’aient jamais pu avoir une relation sérieuse et suivie avec leur conjoint, il y a de fortes chances qu’il n’en aille pas autrement pour lui. Ont-ils caché quelque chose à leur famille, ce «fantôme» se retrouvera dans «l’armoire» du descendant.

L’individu, toujours d’après cette approche, n’est pas responsable ni coupable de ce qui lui arrive. Il est une victime innocente. Mais alors, dans quel but ont lieu ces transmissions qui l’obligent à vivre à son tour ce que ses ancêtres ont déjà vécu ? Le but de ces répétitions serait de donner l’occasion au descendant de remettre de l’équilibre dans les systèmes familiaux problématiques, en réglant les situations conflictuelles et en réparant les dégâts causés par celles-ci. L’étude de l’histoire familiale permettrait ainsi au descendant de devenir conscient des conflits et des comportements inharmonieux qu’il reproduit malgré lui, afin qu’en s’en libérant, il en libère aussi sa lignée familiale.

Où est la justice ?

L’observation de similitudes physiques et psychiques chez les enfants et les parents ont suggéré de tout temps à l’être humain qu’il existait une transmission entre les géniteurs et les descendants. Si l’existence de cette transmission ne suscite pas trop d’interrogations lorsqu’il s’agit de qualités, il n’en va pas de même dans le cas contraire.

Toute personne ayant «reçu» un défaut de ses parents, ou encore un trait de caractère disharmonieux ou une faiblesse, se pose inévitablement la question du pourquoi. Pourquoi ce défaut ? Et surtout, pourquoi elle et pas quelqu’un d’autre ? En l’absence de réponse, bien des gens ont crié à l’injustice. Selon leur conception des choses, soit Dieu, soit le hasard fut accusé et qualifié d’injuste, pour avoir imposé de tels fardeaux à des innocents.

Le sens de la justice qui habite chaque être humain ne peut en effet admettre comme juste que quelqu’un puisse récolter quelque chose qu’il n’aurait pas semé. Si une telle chose avait lieu, cela reviendrait à être puni et souffrir d’une faute que les ancêtres, et non soi-même, auraient commise. Or, l’approche psychogénéalogique admet non seulement un héritage psychique de la part des parents, mais également de la part des générations antérieures, celle des grands-parents, arrière-grands-parents et encore bien plus loin, puisque tout l’arbre généalogique se retrouverait dans le descendant. Ce fardeau écrase d’autant plus ce dernier que c’est à lui de réparer les erreurs de toute la lignée familiale. Dans cette approche, l’être humain n’apparaît plus comme un individu doté du libre arbitre et par conséquent seul responsable de lui-même et de ses actes, mais comme un être lié à – pour ne pas dire fondu dans – une entité plus grande, la famille. Celle-ci lui faisant perdre son individualité et le lestant de problèmes et de conflits qu’il doit résoudre pour les autres.

Une telle manière de voir s’oppose à tout sens de justice. Ce sens, qui permet à chacun de nous de ressentir ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, est basé sur la connaissance d’une grande loi de la création, la loi des semailles et des moissons. Elle est enseignée par toutes les grandes religions et traditions et l’a été aussi par le Fils de Dieu lui-même. L’énoncé de cette loi est «ce que tu sèmes, tu le récolteras». Il est ainsi dit avec précision que le tu qui sème est aussi le tu qui récolte, et que ce qui est récolté est uniquement le «ce» qui a été semé. On ne peut donc pas récolter autre chose que ce que l’on a semé soi-même, ce que nie la psychogénéalogie.

Pourquoi une transmission n’est pas possible

Pour la science, le support de la transmission de caractéristiques physiques et psychiques est constitué par les gènes ; dans l’approche psychogénéalogique quelque chose qui repose dans la cellule : la mémoire cellulaire. Or, gènes et cellules sont tous deux de genre matériel. Les informations qu’ils peuvent enregistrer, puis transmettre, ne peuvent être que du même genre qu’eux : c’est-à-dire matériel. Par exemple, des particularités physiques comme la forme du corps, la couleur des yeux, etc. En effet, aussi bien les gènes que les cellules seraient bien en peine de contenir des données sur quelque chose d’immatériel comme l’est la vie psychique. Quelles molécules seraient à même de transmettre l’honnêteté, le sens du beau, les talents artistiques ou l’amour du prochain ? Aucune. Ces facultés ne proviennent pas du corps ou du cerveau (de la matière), mais de l’esprit humain (l’âme). Il s’agit de quelque chose d’immatériel qui échappe à la matière. Ce qui montre qu’il en est bien ainsi, c’est que malgré les innombrables découvertes sur le rôle des gènes, jamais aucune faculté psychique n’a pu être mise en relation avec eux. Il devrait continuer à en être ainsi pour la raison exposée à l’instant. Il en va de même pour la mémoire cellulaire qui, de l’aveu même des tenants de l’approche psychogénéalogique, n’est qu’une hypothèse de travail, hypothèse qu’ils suspectent de pouvoir expliquer la transmission, mais qu’aucune preuve n’a encore étayée.

Si une transmission de caractéristiques psychiques n’a pas lieu, comment alors expliquer les similitudes de traits de caractère et la répétition de conflits ?

L’approche spirituelle

Si l’on considère l’être humain comme un corps de chair seulement, son existence ne dure que le temps d’une vie terrestre. L’être humain ne pouvant être la cause des traits de caractère qu’il reçoit à la naissance, ni du destin qui l’attend au cours de sa vie, ceux-ci sont attribués à des causes externes. Par exemple au hasard, aux gènes des parents ou à la mémoire cellulaire.

A cette approche matérialiste des choses s’oppose la manière de voir spiritualiste. L’être humain y est considéré comme un esprit immatériel s’incarnant dans un corps de chair. L’esprit préexiste au corps et a déjà vécu d’autres vies terrestres au cours de ses incarnations précédentes. Il s’est par conséquent déjà forgé un caractère en réaction aux événements qu’il a vécus et s’est préparé un destin bien précis en fonction de ce qu’il a semé. Le choix des parents chez qui il s’incarnera est déterminé par l’activité de deux grandes lois de la création : la loi de l’attraction des affinités et la loi des semailles et des moissons.

Hérédité ou attraction des affinités ?

La loi de l’attraction des affinités fait que les semblables s’attirent et que les contraires se repoussent. L’esprit qui va s’incarner est donc attiré chez des parents avec qui il est en affinité, c’est-à-dire avec lesquels il partage des traits de caractère.

Lorsqu’un descendant a un même trait de caractère que l’un de ses aïeux, ce n’est pas que ce dernier le lui ait transmis, mais que le descendant a été attiré dans la famille en question parce qu’il partageait ce trait de caractère avec les membres de cette lignée familiale. Ce qui a l’apparence d’une transmission n’est donc que le résultat de l’action de la loi de l’attraction des affinités. Ainsi, si l’hérédité physique est bien réelle, il n’existe pas d’hérédité spirituelle.

Il n’y a donc aucune hérédité spirituelle ou malédiction familiale qui pèse sur les jeunes hommes qui, dans l’exemple donné plus haut, abandonnent leurs efforts peu avant les examens. Etant des personnes qui, dans leurs vies antérieures, avaient développé cette propension à baisser les bras avant les grandes échéances, ils sont attirés par affinité dans la famille en question. Ainsi, devant faire face à un même genre de difficulté, ils peuvent mutuellement se comprendre et s’aider. Ils ne reçoivent donc pas le défaut parce qu’ils entrent dans cette famille, mais ils entrent dans cette famille parce qu’ils ont le défaut en question. Il n’est pas exclu non plus que dans certains cas ce soit un des ancêtres qui se réincarne dans la même famille. Le but de tout cela étant de corriger leur défaut, c’est-à-dire apprendre à ne pas abandonner mais à persévérer devant les grandes échéances.

La récolte des semailles

La loi des semailles et des moissons, elle, fait que tout ce que l’on sème en pensées paroles et actes, on le récolte plus tard, c’est-à-dire on le vit sur soi-même afin de se rendre compte si les semailles étaient bonnes ou mauvaises. Le but est à nouveau de se débarrasser de ses défauts par la prise de conscience du caractère néfaste et douloureux des mauvaises semailles, et de renforcer les qualités dans le cas contraire.

Dans la répétition des situations conflictuelles, le descendant n’est pas mis arbitrairement dans un conflit, ni ne le reproduit inconsciemment par loyauté ou dépendance à la famille, mais ayant semé des situations conflictuelles similaires à ses ancêtres, il en récolte de semblables, et est attiré dans la famille en question par affinité.

Dans l’exemple du grand-oncle mort gazé à la Première Guerre mondiale et de la petite fille aux crises d’asthme, les deux protagonistes ont semé dans une vie antérieure quelque chose qui les a conduits à devoir vivre l’angoisse et la souffrance de l’étouffement. La petite fille ne reproduit pas inconsciemment le vécu de son ancêtre mais récolte quelque chose qu’elle a semé personnellement.

Les leçons de la vie

La vie, par le biais des lois de la création, nous amène constamment des situations et des expériences vécues dont nous avons besoin pour progresser, soit parce que nous sommes en affinité avec elles, soit parce que nous avons semé en conséquence.

Ces retours ne sont pas des punitions, mais des occasions de tirer des leçons du vécu. En prenant conscience d’un défaut à travers l’expérience vécue, nous pouvons décider d’agir autrement. La modification intérieure vers le bien qui en résulte est possible grâce au libre arbitre que possède chaque esprit humain, et qui est une faculté intrinsèque de l’esprit.

Si les thérapies psychogénéalogiques ont une certaine efficacité, cela ne provient pas des explications qu’elles donnent sur l’origine des conflits, mais par le fait qu’en concentrant l’attention de l’individu sur les défauts de la lignée familiale, elles aident celui-ci à découvrir ses propres faiblesses.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal