christopher vasey naturopathe
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Les deux grandes causes des maladies
et leur traitement



Il y a deux manières principales dont l’alimentation peut causer la maladie : soit les apports alimentaires fournis à l’organisme sont supérieurs à ses besoins et ses capacités, soit ils sont inférieurs à ceux-ci.

Dans le premier cas, on parle de suralimentation. Lors de celle-ci, les énergies alimentaires ne quittent pas toutes le corps, mais stagnent en partie en lui et s’y accumulent. Dans le deuxième cas, les énergies apportées sont insuffisantes pour que le corps fonctionne correctement : il y a ralentissement et imperfection des métabolismes. Dans les deux cas, la maladie apparaît : des maladies de surcharges lors de suralimentation, des maladies de carences lors de sous-alimentation. Mais reprenons plus en détail ces deux possibilités de dérèglements.

Les deux grands genres de maladies et leurs causes
Cause Conséquence Maladies
Suralimentation Excès de toxines Maladies de surcharges
Sous-alimentation Manque de nutriments Maladies de carences


La suralimentation

La suralimentation conduit à une surproduction de toxines. Ne pouvant pas toutes être éliminées hors du corps, une partie plus ou moins importante de celles-ci restera fatalement en lui. En s’y accumulant, elles le conduisent aux maladies de surcharges.

Par maladies de surcharge, il ne faut pas seulement comprendre prise de poids et obésité. Ce sont certes des conséquences possibles de la suralimentation, surtout lors d’une surconsommation de graisses et de glucides. Quelqu’un peut cependant ne pas prendre de poids, mais accumuler beaucoup de toxines dans ses tissus et son sang, et faire une maladie de surcharge. Il ne faut pas imaginer non plus qu’il faut manger des quantités énormes d’aliments pour se suralimenter. La suralimentation débute sitôt que les aliments dépassent quantitativement les capacités et besoins organiques. Quelqu’un qui mange peu en soi, mais toujours juste un peu trop pour lui se surchargera de toxines, sans qu’il ne donne l’impression de trop manger.
Les substances alimentaires peuvent devenir des toxines soit au cours des processus digestifs et d’assimilation, soit comme résultat de leur utilisation, soit encore lors des éliminations.

a) Au cours des processus digestifs et d’assimilation

Lorsque les apports alimentaires sont supérieures à ce qu’ils doivent être, le corps est dépassé par la masse d’aliments qui pénètrent en lui. La conséquence de ce fait est qu’il perd le combat des digestions. Dans le milieu chaud et humide des intestins, les aliments mal digérés vont se mettre à fermenter ou putréfier. De nombreuses substances toxiques (acide pyruvique, scatol, indol, phénol, ptomaïnes) sont produites, substances qui sont absorbées par le corps, en même temps que les nutriments résultant de la digestion des aliments.

b) au cours de leur utilisation

La surproduction de toxines résulte aussi de ce que les apports énergétiques ne s’équilibrent pas avec les dépenses, mais les dépassent. Une partie des substances alimentaires ne sont pas utilisées par lui. Qu’advient-il d’elles ?

Elle stagnent dans les tissus et le sang. Elles se déposent dans les organes et gênent leur activité. Elles ne sont pas à proprement parler de déchets, puisqu’il s’agit de substances nutritives utiles. Cependant, n’étant pas utilisées, elles sont ressenties par le corps comme des surplus malvenus et gênants, donc comme des toxines qui encrassent le moteur organique.

A cette foule de toxines, dont la présence n’est même pas justifiée, se rajoutent les toxines résultant de l’utilisation normale des aliments. En effet, la combustion des aliments énergétiques, la transformation des nutriments et l’usure des substances utilisées dans la structure des tissus, donnent des déchets et des résidus métaboliques.

c) Au cours des éliminations

Lorsque la production générale de toxines devient trop abondante, la masse de toxines peut dépasser les capacités d’élimination des émonctoires. La quantité de déchets éliminables par chaque émonctoire n’est en effet pas illimitée. Les émonctoires ne sont pas de simples portes qui s’ouvrent pour laisser la voie libre à la sortie des toxines. Ils sont des organes qui filtrent le sang en extrayant les toxines et qui transforment celles-ci pour les rendre plus facile à éliminer. Il y a tout un travail qui doit être réalisé. Ce dernier est difficile, ou impossible, à effectuer si la quantité de toxines présentes est trop importante.

Les émonctoires rejettent donc quotidiennement la quantité de toxines qu’ils sont capables d’éliminer normalement. Le reste est contraint de demeurer à l’intérieure de l’organisme. Ces toxines s’accumulent alors. Elles surchargent l’organisme de substances inutiles, gênantes et en partie toxiques pour lui. Leur nom est souvent mentionné, car ce sont les substances dont on cherche à déceler la présence et le taux lorsque l’on fait des analyses de sang ou d’urine. L’urée, l’acide urique, la créatinine, sont des déchets issus des protéines, tout comme l’acide phosphorique et sulfurique. Le cholestérol, les acides gras saturés et l’acétone sont des déchets provenant des lipides. Parmi les toxines se trouvent également des minéraux usés (sodium, chlore,…), divers acides, des floculats issus des graisses ou d’amidon mal digérés, ainsi que les poisons d’origine intestinale dont nous avons déjà parlé.

Ces toxines, en s’accumulant dans le corps, sont à l’origine d’une foule de maladies dites de surcharge.

En épaississant le sang, elles lui font perdre sa fluidité. Cela rend la circulation du sang plus difficile et conduit à l’hypertension et à une fatigue cardiaque. Les toxines se déposent également sur les parois des vaisseaux (artériosclérose), les déforment (varices), les enflamment (phlébites), ou les bouchent ( infarctus, attaque cérébrale). En traversant le foie, les reins et les autres organes, le sang y dépose des déchets qui congestionnent ces organes, entravent leur fonctionnement et les affaiblissent. En stagnant dans les articulations, elles causent des troubles rhumatismaux ; sur les nerfs, des névrites ; dans la peau, des eczémas ; dans les dents, des caries ; dans les conduites des oreilles, des otites ; dans les voies respiratoires, des bronchites et rhumes, etc.

La sous-alimentation

La deuxième grande cause des maladies est la sous-alimentation.

Des apports alimentaires inférieurs aux besoins de l’organisme ne permettent pas à celui-ci de fonctionner correctement. Les substances manquantes empêchent les organes de faire leur travail. Par là, elles engendrent des maladies de carences. L’organisme fonctionne en effet exclusivement avec les substances qu’il reçoit des aliments. Etant incapable de les produire lui-même, sauf quelques rares exceptions, il est donc dans l’impossibilité de substituer quoi que ce soit aux nutriments manquants. Une carence engendre donc inévitablement des troubles fonctionnels ou lésionnels. Ils sont d’autant plus importants que la carence est grande. De plus, ils durent jusqu’à ce que les nutriments manquants soient à nouveau fournis.

Une des causes de carences provient de ce que beaucoup de gens suivent des régimes spéciaux, que ce soit pour perdre du poids, améliorer leur santé, par idéal, ou d’autres raisons encore. Malheureusement, ces régimes sont trop extrêmes et unilatéraux. Trop souvent, ils excluent totalement ou trop fortement certains aliments. Toute la gamme des aliments offerts par la nature et prévu par elle pour le corps n’est donc pas utilisée. Certains aliments font systématiquement défaut et avec eux les nutriments que l’on ne trouve qu’en eux ou principalement en eux.

Ce sont par exemple les carences en protéines animales dans le régime végétalien, en vitamines et minéraux dans les diètes amaigrissantes hyper-protéinées et pauvre en fruits et légumes, en calcium dans les régimes sans produits laitiers, en vitamines B dans les diètes sans céréales.

La deuxième grande cause des carences est la consommation d’aliments eux-mêmes carencés. Cela est le résultat direct des nombreux procédés de raffinage utilisés pour augmenter la durée de conservation des aliments. Ces procédés soustraient à l’aliment une partie de ses nutriments. Le consommateur de ces aliments en est donc irrémédiablement privé. Que ces procédés aient lieu sur des aliments de base comme les céréales, les huiles et le sucre n’en n’est que plus dramatiques. Ils privent régulièrement, ceux qui les consomment d’une partie des nutriments dont le corps a absolument besoin pour rester en bonne santé.

Même une carence en un unique nutriment peut avoir de multiples conséquences. En effet, les nutriments ne sont pas chacun responsables d’une transformation bio-chimique seulement, mais participent à de nombreuses d’entres elles. Certains nutriments interviennent dans des dizaines de fonctions organiques différentes. Qu’un de ces nutriments vient à manquer et c’est tout une cascade de troubles qui en résulte.

Des découvertes récentes sur le rôle des nutriments ont montré que de nombreuses maladies avaient pour cause une carence en un ou plusieurs nutriments ou que la carence était un facteur aggravant. Parmi ces maladies figurent des troubles bénins : chute de cheveux, ongles fragiles, peau sèche,,… mais aussi des maladies plus conséquentes : eczéma, bronchite, allergie, varices, rhumatismes, dépression,…, voire des maladies graves comme les maladies cardio-vasculaires, les polyarthrites, le cancer, la sclérose en plaque,…

Les maladies de carences sont donc nombreuses et courantes. Leur origine, répétons-le, provient d’une alimentation insuffisamment pourvue en nutriments.

Diététique et nutrition : deux thérapies différentes

Bien qu’étant toutes deux en relation avec l’alimentation, les maladies de surcharge et les maladies de carences ont des causes différentes : pour les premières : un excès de substances, pour les secondes : un manque de substances. La cause des deux maladies étant différentes, la manière de les traiter est aussi autre. La première se soignera à l’aide de restrictions et de suppressions, la deuxième par le biais d’accroissement et d’ajouts. Ces deux manières de soigner aboutissent aux deux thérapies opposées que sont la diététique et la nutrition.

Les deux genres de maladie et de thérapie
Maladie Traitement Thérapie
de surcharge restriction, suppression  diététique
de carence accroissement, ajouts  nutrition
  

Les différences fondamentales qui séparent ces deux thérapies ne sont souvent pas perçues avec assez de clarté. Il s’agit pourtant de deux approches diamétralement opposées. Or, elles sont souvent assimilées l’une à l’autre et confondues. Cela ne peut qu’avoir des effets négatifs sur la compréhension des maladies et sur la manière de les traiter.

Christopher Vasey