christopher vasey naturopathe
bandeau










    





Manger les aliments de saison



De nos jours, la plupart des fruits et des légumes sont disponibles toute l'année. Comme nous disposons de tout à tout moment, nous ne mangeons plus selon la saison. Bien des gens seraient d'ailleurs très embarrassés pour dire quels sont les légumes de printemps ou quelle est la saison des fraises.

Or, on entend dire qu'il est préférable pour la santé de manger en tenant compte de la saison. Quelles en sont les raisons ? En quoi cela est-il bénéfique ?


Qu'est-ce que la nourriture de saison ?

La nature offre toute une variété d'aliments végétaux et animaux, mais elle ne les offre pas tous en même temps. La disponibilité des aliments varie d'une période de l'année à l'autre, c'est pourquoi on parle «d'aliments de saison». Par cette expression, il ne faut pas comprendre que chaque aliment appartient à une saison précise : printemps, été, etc., mais que chaque aliment a sa saison. C'est la période de temps où, arrivé à maturité, il offre le meilleur de tout ce qu'il a à donner comme nutriments à l'homme. C'est le moment où il est fin prêt à être consommé et il devrait par conséquent l'être à ce moment-là.

Un abricot, par exemple, est de saison lorsqu'il est mûr. Cette saison est courte, elle ne dure que quelques semaines, car très vite l'abricot dépasse la maturité pour pourrir et se décomposer. Sa saison peut cependant être prolongée si on le sèche. D'autres aliments, comme le blé, ont une saison plus longue. Une fois arrivé à maturité, le blé est bon à être consommé tout de suite, parce qu'il est à l'optimum de ses possibilités, mais son temps de conservation va au-delà, s'il est stocké dans de bonnes conditions. Du blé récolté en juillet ou en août est donc prévu par la nature pour être consommé au cours de la saison froide qui suit et jusqu'à la prochaine récolte. Il est donc de saison pendant toute cette période.

Un aliment est de saison à partir du moment où il est arrivé à maturité et pendant tout le temps au cours duquel il conserve sa vitalité et ses propriétés. Cette période se trouve être aussi celle où le corps humain en a le plus besoin, ce qui constitue une raison de plus pour manger selon la saison.

Des aliments selon les besoins du moment

Les aliments dont l'être humain a besoin sont en effet offerts par la nature au moment où ils lui sont le plus nécessaires. Il y a correspondance entre ce qui est offert et les besoins de celui qui consomme. C'est la sagesse de la nature qui organise cela. On imagine en effet difficilement qu'elle produise les aliments à contretemps des moments où ils sont le plus utiles.

La nature nous offre les aliments dont nous avons besoin au moment où ils nous sont le plus nécessaires. De manière très générale, et esquissée à grands traits, l'offre alimentaire au cours de l'année est la suivante.

Au printemps, la saison du réveil et du renouveau, la nature met avant tout à notre disposition des jeunes pousses : dents-de-lion, mâche, etc. Ces végétaux de croissance rapide et pleins de vitalité – donc de vitamines – permettent de faire face au regain d'activité qui caractérise cette période de l'année, mais aussi de compenser le manque en vitamines des aliments consommés en hiver. Ceux-ci sont en effet en grande partie des aliments de longue conservation, puisque l'offre alimentaire en hiver est pour ainsi dire nulle.

Dès le printemps, les protéines commencent également à être fournies en plus grande abondance par la nature. Les poules se mettent à nouveau à pondre plus régulièrement et les vaches à mettre bas et à allaiter. L'offre des aliments riches en protéines comme les œufs, la viande et le lait va en augmentant. Elle correspond aux besoins plus élevés en protéines des mois chauds et ensoleillés.

En été, les jours sont plus longs, par conséquent on est plus longtemps actif et l'usure tissulaire est plus élevée. C'est au cours des mois les plus chauds que la nature offre, en particulier, les légumes les plus juteux : concombres, tomates, melons… Ils aident à couvrir les besoins accrus de liquide qu'engendrent les températures élevées.

C'est aussi la pleine saison de nombreux fruits, qui sont énergétiques et faciles à digérer par grande chaleur.

En septembre-octobre, avec le retour des jours plus froids, la nourriture se doit d'être plus consistante pour soutenir l'organisme face aux rigueurs du climat. Ainsi, c'est à cette époque que les aliments les plus concentrés sont disponibles : céréales, légumineuses, châtaignes, noix. Les légumes de la saison froide qui approche sont par ailleurs moins juteux : carottes, betteraves, céleri-rave, étant donné que les besoins en eau sont moindres.

En hiver, le froid oblige l'homme à se nourrir d'aliments caloriques, ce que lui fournissent les aliments qu'il a mis en réserve : céréales, légumineuses, noix, pommes de terre.

Les apports en vitamines sont couverts par les légumes peu juteux comme les carottes, le céleri, les betteraves… ainsi que par les fruits mis à sécher et ceux à maturité lente qu'il a mis en cave, comme pommes et poires.

La conservation d'aliments en vue des mois d'hiver est naturelle et légitime. Les animaux y recourent aussi. Les abeilles mettent de côté du miel, les écureuils des noisettes, etc.

Si tout au long de l'année, les conditions de vie : climat, ensoleillement, température… restaient identiques, nos besoins corporels seraient toujours identiques eux aussi, et la nature nous fournirait un même choix d'aliments toute l'année. C'est d'ailleurs le cas dans les zones tropicales, le long de l'équateur, où la nature ne varie pratiquement pas son offre alimentaire. Les aliments n'ont pas de saison, ils poussent sans interruption toute l'année.

Les bienfaits des aliments de saison

Il existe donc deux raisons principales pour lesquelles il est préférable de manger les aliments de saison.

D'une part, les aliments sont adaptés aux besoins organiques du moment ; comme ils leur correspondent parfaitement, nous en tirons un plus grand profit.

D'autre part, étant arrivés à pleine maturité, les aliments de saison contiennent le maximum de nutriments qu'ils peuvent posséder : vitamines, oligo-éléments, etc. Puis¬¬qu'ils ne peuvent, à aucun autre moment, en offrir davantage et être plus énergétiques, les manger à une autre période ne peut qu'amoindrir leurs bienfaits.

À cette moindre valeur s'ajoute encore le fait que pour être disponibles en dehors de leur saison, ces aliments sont soit importés de contrées lointaines, soit traités avec des agents conservateurs, soit cultivés hors sol, toutes choses qui diminuent fortement leur valeur nutritive. Manger autant que possible de saison est une mesure des plus bénéfiques à prendre pour sa santé car c'est consommer ce que la nature offre de mieux au moment où on en a le plus besoin.

En faisant cela, on respecte les lois de la nature, condition indispensable pour être en bonne santé.

Christopher Vasey