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Manger du terroir



De plus en plus, les aliments que nous consommons proviennent de régions très éloignées du globe : légumes d’Afrique du sud, fruits de Nouvelle-Zélande, farine de blé d ‘Amérique. Certaines personnes se réjouissent de la diversité alimentaire que ces importations permettent et de la possibilité de disposer en tout temps de n’importe quel aliment. D’autre, par contre, considèrent ces pratiques comme néfastes pour la santé et recommandent de manger du terroir.

Manger du terroir

Déjà Hippocrate, qui traitait principalement ses malades en corrigeant leur régime alimentaire, rendait attentif que les caractéristiques des aliments variaient en fonction de leur provenance : « Les aliments sont plus ou moins forts, plus ou moins légers, à raison du lieu dont ils proviennent … Il ne suffit donc pas de savoir quelles sont les qualités des aliments, il faut savoir aussi de quel pays on les tire ». Plus près de nous, le célèbre médecin Paul Carton (1875 - 1947) écrivait : « Pour rester dans l’ordre naturel, les êtres doivent se nourrir d’aliments qui se sont façonnés dans d’identiques et harmonieuses conditions d’insolation, d’hydratation, de vivification, etc … Aussi, est-il de beaucoup préférable de se nourrir principalement d’aliments venus de nos climats et même de la localité que nous habitons, chaque fois que cela sera possible, parce qu’ils sont pleinement harmoniques ».

La raison d’être de cet impératif alimentaire est justifiée de la manière suivante dans le Message du Graal : « Le corps physique de chaque homme est, dans tous les domaines, étroitement lié au sol sur lequel il naquit, et cela conformément à la loi de la Création valable dans tous les plans de la matière ! … Seul cette partie de la terre donne au corps très exactement ce dont il a besoin pour parvenir à son épanouissement total et se maintenir en pleine vigueur. » (tome 3,conf.13)

Qu’il existe une liaison étroite entre les hommes et le sol sur lequel ils naissent se voit déjà dans la multitude des races et ethnies qui peuplent les différentes régions du globe. Chacune d’entre elles possède des caractéristiques physiques : taille, couleur de la peau, forme des yeux, du nez,… , qui sont adaptées aux conditions de vie de leur environnement et qui leur permettent d’y prospérer. Mais dans chacune de ces régions, la nature offre également aux êtres humains qui y vivent les aliments qui leur sont nécessaires : de la viande et des poissons gras dans le grand nord pour permettre aux esquimaux de résister aux rigueurs du climat ; des fruits concentrés en sucre dans les zones tropicales, comme apport énergétique facile à digérer dans la chaleur ambiante, …

A cause de la relation d’affinité qui existe entre les corps physique des êtres vivants et la région d’où ils viennent, il serait tout autant contre-indiquée à un esquimau de chercher à couvrir ses besoins corporels (en restant chez lui) par l’alimentation riche en fruits d’un habitant des tropiques que pour ce dernier de se nourrir des chaires animales grasses que l’esquimau consomme.

Ce qui vient d’être dit à propos de l’être humain l’est également pour les animaux, et même pour les plantes. Chaque plante prospère dans une terre aux caractéristiques précises et ne peut être transplantée dans n’importe quel autre sol parce que la « nourriture » que celui-ci lui offrirait ne lui correspondrait pas. Les azalées, par exemple, se développent bien dans un sol riche en minéraux acides mais déprissent lorsqu’on les transplantent dans une terre basique.

L’affinité des végétaux avec le sol

Si l’on comprend facilement qu’il ne faut pas que notre alimentation soit constituée en majeure partie d’aliments « étrangers » à notre région, c’est-à-dire qui ne peuvent être produits chez nous, on voit moins pourquoi il faudrait se priver d’aliments de chez nous mais qui auraient été cultivés ailleurs. Y a-t-il vraiment une différence entre une poire de nos régions et celle provenant d’Afrique du Sud, entre du blé français et le même qui est produit aux Etats-Unis ?

L’analyse de la composition chimique des aliments révèle qu’il existe effectivement des différences significatives. La teneur du blé en eau, protéines, lipides, cellulose et sels minéraux, varie du simple au double selon sa provenance. Les fruits, abricots, raisins, etc. cultivés dans les pays du sud sont de manière générale plus doux et plus sucrés que ceux des zones tempérées.

Que les végétaux modifie leur composition chimique selon le sol où ils croissent est un fait bien connu en phytothérapie. Le thym (thymus vulgaris) est riche en phénols sur la côte d’Azur, mais riche en linalols en Haute-Provence et en citrals en Espagne. L’huile essentielle provenant de plantes d’absinthe poussant autour de Paris contient au maximum 19,5% de thujol, celle de plantes des Alpes-Maritimes 80,6% !

Ces variations de composition entraînent tout naturellement des effets thérapeutiques très différents. Or, tout comme les plantes médicinales, les aliments ont également des effets physiologiques autres selon leur provenance. Ceux-ci sont moins rapidement visibles mais ils se manifestent inévitablement à la longue.

Mais, au-delà des analyses chimiques qui ne traduisent que l’aspect matériel des choses, les énergies subtiles que produisent les aliments sont différentes. On conçoit en effet aisément que des fruits et légumes qui, pour croître, ont développés en eux des énergies bien précises pour lutter contre les conditions de vie de l’endroit (température, degré d’humidité, ensoleillement,…) apportent aux hommes qui les mangent sur place précisément les énergies dont ils ont besoin puisque ceux-ci doivent faire face au même environnement, alors que ce n’est pas le cas avec les aliments qui proviendraient d’une autre région et qui auraient par conséquent développés d’autres énergies.

L’influence de l’alimentation sur la santé

Les conséquences néfastes sur la santé que peut avoir une alimentation qui ne provient pas du terroir s’observent le plus facilement chez les personnes qui ont quitté leur pays d’origine pour s’installer durablement à l’étranger dans une autre zone climatique. Les aliments qu’ils consomment désormais sont d’une nature très différente.

Au début, ces personnes conservent une relative bonne santé en se nourrissant des aliments de leur nouvelle patrie (un peu comme nous, lorsque nous partons quelques semaines en vacances à l’étranger). Mais avec le temps, et s’ils ne mangent que la nourriture de l’endroit leur vitalité diminue et leur résistance à la maladie s’amenuise. Malgré tous les efforts qu’elles effectuent pour vivre sainement et manger le plus équilibré possible, elles ne parviennent pas à conserver le niveau énergétique et l’élan qu’elles possédaient en arrivant. Les aliments ne leur correspondent pas suffisamment et leur corps a de la peine à trouver en eux ce dont il a besoin pour fonctionner correctement.

Le besoin de manger des aliments de leur propre terroir se manifeste tôt ou tard chez toutes les personnes qui ont émigré et cela avec d’autant plus d’intensité que les changements de conditions de vie sont importants.

Il est d’ailleurs significatif que lorsqu’elles reçoivent des visites de parents ou d’amis, ce qu’elles souhaitent le plus souvent qu’on leur amène de chez elles, ce sont … des aliments du pays !

Est-ce à dire, en admettant que cela soit possible, qu’un émigré devrait manger exclusivement de son terroir ? Non. Son alimentation est soumise à un double impératif. D’une part, manger local parce que cette alimentation est adaptée aux conditions de vie de l’endroit, d’autre part conserver une partie de la nourriture de la région où il est né puisque c’est celle qui convient le mieux à son corps.

Le terme terroir ne doit pas être pris dans un sens trop restreint : on peut consommer d’autres aliments que ceux de son jardin ! Manger de sa région, de sa province, voir de la zone géographique et climatique auquel appartient son lieu d’origine permet de recevoir des aliments suffisamment en affinité avec soi.

Ceci dit, et contrairement à la situation exposée précédemment, la majorité des gens vivent dans leur patrie et ce sont les aliments qui émigrent. Bien que les méthodes commerciales actuelles font que de plus en plus de denrées alimentaires proviennent de pays éloignés, tous les aliments du terroir sont généralement aussi à disposition et peuvent être consommés de préférence aux autres. En agissant ainsi, la loi de l’affinité sera respectée et l’état de santé ne sera pas diminué par un mauvais choix des aliments, mais au contraire, soutenu et renforcé.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal