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Comment les vertus des plantes médicinales
furent-elles découvertes ?



Les propriétés des plantes médicinales figurent dans de nombreux livres et permettent à tout un chacun de choisir en connaissance de cause la plante dont il a besoin. Le plus souvent, ces propriétés n’ont pas été découvertes par les recherches modernes mais font partie d’un savoir ancien, accumulé pendant plusieurs millénaires. Comment nos lointains ancêtres faisaient-ils pour découvrir les vertus des plantes médicinales ? La connaissance qu’ils en avaient est-elle uniquement due soit au hasard soit à des découvertes empiriques, ou d’autres moyens entraient-ils en jeu ?

Les Anciens avaient raison

«Si, depuis quelques années, la phyto- et l’aromathérapie connaissent auprès des médecins et de l’opinion un regain de faveur, elles le doivent aux nombreux travaux savants publiés à leur sujet : études phytochimiques précises, chromatographies, spectrographies, examens radiologiques, tracés divers. Ainsi les chiffres viennent-ils confirmer chaque jour un peu plus le bien-fondé des notions traditionnelles découlant d’un simple empirisme. Comment ne serions-nous pas saisis d’admiration et frappés d’humilité lorsque nous découvrons aujourd’hui par des recherches et des expérimentations souvent complexes et délicates nécessitant parfois des appareillages d’une valeur technique indiscutable, combien nos anciens avaient raison dans leurs multiples indications et le mode d’emploi des plantes et des essences ? Généralement, nous n’avons rien à ajouter à ce qu’ils nous ont transmis dans cet ordre d’idée. Nous nous bornons à confirmer, à reconnaître qu’ils avaient raison.»

Ce constat du Dr. Jean Valnet (1920–1995), surnommé Dr. Nature, est révélateur de l’état actuel des choses. D’une part, nos lointains ancêtres, qui ne disposaient pas de tout le savoir scientifique et technique que nous possédons aujourd’hui, avaient une connaissance très vaste et approfondie des propriétés des plantes médicinales ; d’autre part, nous qui détenons ce savoir, nous avons découvert tout aussi peu de nouvelles plantes médicinales que de propriétés nouvelles dans les plantes déjà connues.

Une question se pose donc inévitablement : comment les premiers hommes faisaient-ils pour découvrir les vertus des plantes ? Le plus souvent, la réponse à cette question est que leurs propriétés furent découvertes empiriquement.

Certes, certaines vertus purent être découvertes par expérience ou grâce à de heureux hasards, par exemple en mangeant précisément la plante qu’il fallait au moment où la maladie qu’elle pouvait soigner s’était déclarée. Mais cette explication a des limites. Il n’est pas possible de découvrir les multiples vertus de centaines de plantes médicinales par ce seul moyen. Non seulement parce que les plantes médicinales ne sont pas nécessairement consommées avec des aliments, ne serait-ce qu’à cause de leur goût, mais également parce que leurs substances actives se trouvent souvent dans une partie précise de la plante : dans les racines plutôt que les feuilles, dans la deuxième écorce et non dans la première, etc. De plus, la période pendant laquelle les principes actifs sont présents est souvent limitée : les quelques jours où la plante est en fleur, ou bien à l’arrière-saison, lorsque la sève est redescendue dans les racines...

Des méthodes autres qu’empiriques ont donc dû intervenir. Comme le relèvent de nombreuses sources historiques et religieuses la connaissance des vertus des plantes médicinales fut reçue en partie grâce à des facultés suprasensibles, comme la voyance et l’inspiration.

Voyance et plantes médicinales

La matière que nous percevons autour de nous à l’aide de nos cinq sens n’est pas la seule réalité existante. Les matériaux physiques dont les corps minéraux, végétaux et animaux sont constitués, sont vivifiés, organisés et dirigés par des corps subtils : le corps astral par exemple, dont l’existence a été mise en évidence par les photos Kirlian. Ces corps subtils ont une forme, un aspect et des couleurs qui correspondent à leurs caractéristiques et à leur rôle dans l’organisation de la matière.

Or, certaines personnes sont capables de voir ces corps subtils, ce sont les voyants. Normalement, l’être humain ne peut saisir la réalité que par les organes des sens de son corps physique. Dans le cas des voyants, les yeux de leur corps astral sont ouverts par moments, ce qui leur permet de voir le corps astral des êtres et des objets qui les entourent.

Ils verront par exemple que chez tel malade du foie, le corps astral de cet organe n’a plus la forme, l’aspect et la couleur normales. Ils pourront aussi voir parmi toutes les plantes qu’ils rencontrent sur leur chemin que l’une ou l’autre d’entre elles possède un corps astral présentant des caractéristiques proches de celles d’un foie sain. En recommandant cette plante au malade, le voyant fournit au foie affaibli les forces dont il a besoin pour recouvrer la santé.

Grâce à la guérison qu’elle a permise, cette plante sera réutilisée sur d’autres personnes souffrant des mêmes maux, sans qu’un voyant soit à nouveau sollicité. Avec le temps, l’usage de cette plante entrera dans les mœurs. La connaissance de ses vertus hépatiques se transmettra de génération en génération et remontera peu à peu jusqu’à nous, sans que l’on se rappelle comment celles-ci furent découvertes.

Très proche de la voyance, le ressenti intuitif a également permis de découvrir les vertus de plantes médicinales. Ici, la personne ne voit pas mais ressent les forces subtiles. En présence d’un malade, elle ressent dans son propre corps la nature des radiations négatives des troubles qui sévissent chez lui. Son extrême sensibilité lui permet également d’éprouver quelle plante est en mesure de corriger les déficiences du corps malade. Elle pourra donc conseiller les plantes médicinales à prendre pour guérir.

De telles facultés ne sont pas seulement l’apanage de sorciers, de chamanes ou de guérisseurs vivant dans un lointain passé ou dans des régions éloignées de toute civilisation comme on se l’imagine souvent. Il s’agit d’une faculté naturelle et, comme telle, elle peut être le propre d’êtres humains vivant à toutes les époques et dans n’importe quel milieu.

Un cas très connu est celui d’un médecin qui vivait en Angleterre au siècle passé. Bien qu’il soit devenu une sommité du monde médical de l’époque en tant que pathologiste et bactériologiste, il abandonna sa pratique pour chercher un système de guérison qui s’attaque vraiment aux causes premières de la maladie, ayant pour point de départ l’esprit, étant donné que les états d’âme négatifs qu’il engendrait, après des décisions erronées de sa part, avaient une influence néfaste sur le corps. Il se tourna d’abord vers l’homéopathie et, en ce domaine, il devint également un praticien fort admiré de ses pairs, avant d’abandonner à nouveau sa situation très en vue, faute d’avoir trouvé ce qu’il cherchait.

Sa quête le conduisit alors à élaborer des remèdes à base de plantes qui allaient soigner non pas les symptômes et troubles physiques, mais leurs causes psychiques. Ce médecin se nommait Edward Bach (1886 – 1936) et sa méthode de soins à l’aide d’élixirs floraux est aujourd’hui utilisée avec succès dans le monde entier.

Les 38 plantes qui composent sa panoplie de remèdes – et qui n’étaient pas utilisées jusque-là en phytothérapie – furent toutes découvertes grâce à son exceptionnelle capacité à ressentir. A propos de son don, on peut lire dans sa biographie : «Pendant les dernières semaines passées à Londres, et en particulier durant les quelques semaines passées au Pays de Galles, Bach avait pris conscience de ce que tous ses sens s’aiguisaient et s’affinaient de plus en plus. Il s’était alors aperçu qu’il pouvait sentir, voir et entendre des choses dont il n’avait pas eu conscience jusqu’alors. Par son sens du toucher finement développé, il pouvait capter les vibrations et l’énergie émises par n’importe quelle plante qu’il souhaitait expérimenter ; et son corps était si sensible à ces vibrations qu’il réagissait instantanément. S’il tenait le pétale d’une fleur ou la fleur d’une plante dans la paume de sa main ou les plaçait sur sa langue, son corps percevait les effets des propriétés que renfermait cette fleur ou ce pétale. Certaines avaient un effet fortifiant ou revitalisant sur l’esprit et le corps ; d’autres provoquaient vomissements, fièvre, éruptions et autres troubles analogues. Il disait que dans son laboratoire il avait eu des appareils de recherche pour effectuer un travail qu’il pouvait accomplir maintenant lui-même ; qu’il était mieux équipé que n’importe quel laboratoire, car aucun appareillage scientifique ne pouvait fonctionner aussi bien ou réagir aussi finement que les instruments donnés à l’homme dans son corps par le Créateur, ses sens et son intuition».(1)

Les forces personnifiées des plantes

«Le Seigneur fait pousser les remèdes dans le sol, et quelqu’un de raisonnable ne les dédaigne pas», peut-on lire dans la Bible (L’Ecclésiastique 38,4)

De tout temps, bien des croyants ont certainement été tout à fait prêts à suivre ce conseil, mais comment pouvaient-ils savoir quelles plantes utiliser ?

Si de nombreux chrétiens admettaient facilement que des anges aient pu transmettre la connaissance des vertus des plantes médicinales aux hommes, bien que les témoignages dans ce sens n’abondent pas, très peu accepteraient l’idée qu’elle ait pu être transmise par d’autres serviteurs de Dieu, par les forces personnifiées de la nature tels que les gnomes, les elfes et les dieux de l’Antiquité, comme l’attestent de nombreux textes. En effet, dans les écrits mythologiques de peuples vivant un peu partout dans le monde – textes qu’ils considèrent comme sacrés, au même titre que nous la Bible – de tels récits sont consignés. Que l’on pense aux Athéniens qui apprirent d’Athéna l’utilisation de l’olivier, d’Aphrodite celle de l’achillée millefeuille, d’Hermès celle de l’ail, etc. Pour des êtres élémentaux, transmettre un savoir sur les plantes est une chose toute naturelle et logique : étant responsables de la croissance des plantes, ils savent si elles ont des propriétés médicinales et ils peuvent en informer les humains.

Ils le firent aussi bien dans le passé qu’à notre époque. Commençons par un témoignage ancien (tiré de la collection «Réveil des temps passés» aux Editions du Graal, Paris). Le récit se déroule à Troie. De nombreux guerriers troyens, blessés par des flèches empoisonnées qui empêchent la cicatrisation des plaies, sont malades. Cassandre, la fille du roi Priam, qui est douée de facultés de voyance, est approchée par Asklépios, dieu de la médecine. Il lui indique comment soigner ces plaies qu’aucun remède connu jusqu’alors n’est à même de guérir. Elle tombe en transe et révèle à son entourage ce qui lui est transmis : «Asklepios me montre une plante. Vous devez la broyer et l’appliquer sur les plaies avec la sève ; alors elles guériront. La plante absorbe le poison, c’est pourquoi il faut renouveler les applications plusieurs fois par jour, et brûler le tout ensuite. Ceux qui n’ont pas de plaie, mais qui dépérissent, doivent boire la tisane faite avec cette plante.» Peu après, Cassandre accompagnée de deux autres femmes se rend dans la forêt pour chercher cette plante. «Toutes trois virent alors une forme lumineuse. Elle était frêle et transparente, et malgré tout on la voyait très distinctement. «Asklépios !» s’exclama inconsciemment Cassandre, «M’apportes-tu la plante ?» La forme lumineuse désigna une petite plante vert foncé, au feuillage frisé. Cassandre s’empressa de la cueillir, et l’apparition s’évanouit. La jeune fille se tourna vers les autres : «Regardez cette curieuse plante !» Elles la considérèrent avec étonnement, sans souffler mot de ce qu’elles venaient de vivre. Elles n’avaient encore jamais vu une plante pareille, et à présent il leur semblait qu’il en poussait partout. Toutes joyeuses, elles se les montraient mutuellement. Elles en cueillirent sans interruption, et leurs paniers furent bientôt remplis…»

Des communications entre un être élémentaire et l’homme ont aussi lieu de nos jours, comme il ressort de l’interview d’une femme médecin française Bernadette Poisson (cf. MDG No 256), qui étudia les médecines traditionnelles de divers pays du Tiers Monde. Parlant de l’activité des chamans en Amazonie, elle dit : «Le chamane a des plantes amies et reste relié, dit-il, avec l’esprit de la plante. Il boit des tisanes, ensuite la plante lui enseigne comment l’utiliser et à quelle dose. Le chamane dit que c’est la plante qui lui enseigne.»

L’esprit de la plante qui enseigne au chaman est l’être élémentaire qui s’occupe d’elle.

Transmission par révélation

Le Seigneur fait pousser des remèdes dans le sol mais Il indique aussi quelles sont les plantes en question et comment les utiliser. Nous en avons une illustration par ce qui vient d’être dit sur les êtres élémentaux, mais également par l’histoire de Hildegarde de Bingen (1098–1179). Cette abbesse bénédictine qui vécut en Allemagne au 12e siècle est régulièrement mentionnée dans les ouvrages de phytothérapie à côté d’Hippocrate, Galien et Paracelse. Les indications qu’elle donna faisaient et font encore autorité.

Dans ses deux livres consacrés aux plantes, «Physica» et «Causae et Curae», ouvrages considérés comme «deux importants travaux sur les plantes médicinales» dans le monde de la phytothérapie, elle mentionne une centaine de plantes nouvelles, inconnues jusqu’alors pour leurs vertus curatives, et donne plus de 1000 recettes précises sur la manière de les utiliser. Il y a une quarantaine d’années, deux médecins allemands, les Drs Hertzka et Strehlow, vérifièrent le bien-fondé de ces recettes. Leurs recherches les amenèrent à constater qu’elles étaient effectivement très efficaces pour autant que l’on suive exactement – «au gramme près» - les indications données.

Or, l’immense savoir phytothérapeutique livré par Hildegarde de Bingen, et qui a déjà permis de guérir de si nombreux malades, ne fut pas le résultat de longs et pénibles travaux de recherche de sa part, mais lui fut révélé par inspiration.

«Ce que je ne vois pas, je ne le sais pas, car je ne suis par érudite» écrit Hildegarde de Bingen. «On ne m’a pas appris à lire. Ce que j’écris, je le vois et l’entends dans la vision. D’autres mots que ceux que j’entends, je n’utilise pas». Et, de fait, le peu d’instruction scolaire dispensée à l’époque, et qui plus est aux femmes, ne lui aurait jamais permis d’entreprendre des recherches phytothérapiques. Elle était peu instruite, mais recevait par inspiration et vision tout un savoir qu’elle dictait à un secrétaire au fur et à mesure qu’elle le recevait. Les connaissances qu’elle transmit de cette manière dépassent d’ailleurs de loin le domaine des plantes, puisqu’à travers elle fut également reçu tout un savoir spirituel et musical. Mais là encore on voit une des manières dont les propriétés des plantes médicinales ont pu être acquises.

L’aide d’en-haut

Les quelques exemples précédents nous montrent que l’être humain n’a donc pas été obligé d’attendre que la science se soit suffisamment développée au cours du 19e et du 20e siècle pour pouvoir se soigner correctement. L’homme n’est pas abandonné à lui-même sur terre, le ciel l’aide. Il l’aide non seulement pour les choses spirituelles, mais également pour des questions terrestres comme les soins à apporter aux malades grâce aux plantes médicinales.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal



(1) Nora Weeks, «Les découvertes médicinales d’Edward Bach médecin », Edition l’Or du temps, 1993)