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Les formes-pensées



Les pensées sont généralement considérées comme de simples abstractions, sans réalité ni consistance. En conséquence, bien des gens ne font pas attention à ce qu'ils pensent. Mais d'après l'approche spirituelle, les pensées sont des réalités tangibles dans l'au-delà, où elles prennent une forme de matière subtile. D'où le terme de forme-pensée. Que sont donc les formes-pensées et quelle influence ont-elles sur notre vie ?

Qu'est-ce qu'une pensée ?

Penser est certainement l'activité que nous pratiquons le plus. Sans cesse nous émettons des pensées. Elles se suivent sans interruption. À peine l'une s'achève que la suivante surgit, cette dernière étant, peu de temps après, remplacée par une autre. Le flux de nos pensées est si constant qu'il est très difficile de l'interrompre. Si nous réussissons parfois à faire le vide de nos pensées, cela ne dure jamais plus de quelques secondes.

Les pensées font tellement partie intégrante de notre vie, que ce qu'elles sont devrait être très clair pour nous. Et pourtant, sitôt que nous cherchons à les définir, elles deviennent insaisissables. On ne peut se contenter d'affirmer que ce sont des choses qui émanent du cerveau. Cela n'est pas suffisant. Il faudrait encore pouvoir dire quel est leur aspect et de quoi elles sont faites.

La science et les pensées

La science s'est penchée sur les pensées pour essayer de découvrir ce qu'elles sont. Différentes définitions en ont résulté sans que, de l'avis même des scientifiques, aucune ne soit satisfaisante. Dans une première approche, le cerveau a été comparé à une glande, comme le sont le foie et les reins par exemple. Mais alors que celles-ci sécrètent respectivement de la bile et de l'urine, le cerveau, lui, sécréterait des pensées. Ces dernières, comme toute sécrétion, seraient fabriquées à partir de substances chimiques. En d'autres termes, les pensées seraient encodées dans des structures chimiques et ces dernières constitueraient donc nos pensées. Une telle manière de voir a dû être rejetée. En effet, comment une combinaison de protéines, de minéraux et de vitamines pourrait, par exemple, exprimer la pensée «amour» ? L'amour ne peut être réduit à un assemblage de molécules. La science a également cherché à assimiler les différentes pensées aux diverses ondes émises par le cerveau, ou encore à la combinaison des neurones actifs lors d'une pensée (les architectures neuronales), mais sans plus de succès.

L'erreur fondamentale de ces approches est de considérer que le cerveau, organe de chair et de sang, est capable d'émettre de lui-même des pensées. En réalité, ce n'est que parce que l'esprit immatériel de l'être humain (l'âme) est incarné dans le corps physique et utilise le cerveau que des pensées sont émises. Sans l'esprit, le cerveau ne peut pas penser.

Les pensées ont une forme

Les pensées sont le résultat d'un vouloir de l'esprit. C'est parce qu'il veut, désire, s'interroge… que des pensées sont produites. D'après l'approche spiritualiste, les pensées ne sont pas des abstractions, du «vent» ou du «rien du tout», comme on les considère habituellement. Elles sont des réalités tangibles. Elles ne sont cependant pas construites avec les mêmes matériaux que les choses que nous pouvons observer dans notre environnement immédiat, mais avec ceux plus subtils de l'au-delà. Ces matériaux ne sont pas visibles à nos yeux terrestres, mais ils n'en existent pas moins et ils possèdent une certaine consistance et épaisseur. Les pensées qui sont façonnées avec ces matériaux ont donc également une consistance et épaisseur… et ainsi une forme. Celles-ci sont appelées «formes-pensées», car elles ont une forme qui représente exactement le contenu de la pensée.

Les pensées se concrétisent donc dans le plan de la matière subtile, sous l'aspect d'une forme-pensée qui correspond à la pensée émise. Une telle chose est possible parce que, grâce à son origine plus élevée, l'esprit possède la force et la capacité de façonner les matériaux de ce plan pour produire une forme. Il n'y a rien d'illogique ou de contre nature à considérer les pensées comme ayant une forme. Le mot «idée», très proche de pensée, vient du grec et signifie «forme visible». Son étymologie est également instructive à cet égard. D'après le dictionnaire, les pensées sont les «représentations» ou les «images» des objets ou des actes qu'elles désignent. Il y a donc quelque chose à voir, une forme, et pas seulement une abstraction.

La Bible confirme que les pensées ont une forme. On peut en effet lire, par exemple, que «Le Seigneur regarde jusqu'au fond des cœurs et discerne toutes les pensées des hommes» (1 Ch 28,9). Si, en regardant, on peut discerner les pensées de quelqu'un, c'est qu'il y a quelque chose à voir, une forme visible. C'est bien le terme regarder et non ressentir, deviner… qui est utilisé.

Voyance et formes-pensées

La réalité de la voyance confirme l'existence des formes-pensées. Comment se fait-il que les voyants puissent donner des informations précises sur la vie d'une personne qu'ils ne connaissent pas ? Comment s'y prennent-ils ? Que voient-ils ? Ce que le voyant voit, ce ne sont pas les événements matériels et terrestres en tant que tels. Ceux-ci ont eu lieu dans le passé. Le cadre dans lequel ils se sont déroulés s'est modifié entre temps et n'existe peut-être même plus. Les protagonistes ne s'y trouvent plus non plus. Il n'y a donc plus rien de terrestre à voir. Le voyant ne voit pas ce qui se passe au niveau de la matière dense du plan terrestre, mais ce qui se trouve dans l'au-delà. Il voit quelque chose de plus subtil : les formes-pensées émises par le consultant.

En effet, étant donné que nos actes et nos paroles sont toujours précédés par une pensée, tout ce que nous avons fait au cours de notre vie a résulté des formes-pensées. Il existe donc une forme-pensée pour chaque événement. Elle est le résultat des pensées qui ont conduit à l'événement et de celles qui ont été engendrées au cours de celui-ci. Et ce sont ces formes-pensées que le voyant regarde pour nous parler de notre vie. À bien y réfléchir, étant donné que la voyance existe et si un voyant peut décrire ce qu'une personne a fait dans le passé, c'est qu'il a quelque chose devant lui : des formes qu'il peut observer. Si ce n'était pas le cas, il n'y aurait rien à voir et la faculté de voyance ne pourrait exister.

Formes-pensées éphémères et durables

Ce qui a été dit jusqu'à présent pourrait donner l'impression que chacune de nos pensées, même les plus superficielles et éphémères, conduit à la formation d'une forme-pensée. Ce n'est cependant pas le cas.

Lorsque l'esprit ressent intuitivement quelque chose, c'est-à-dire qu'il désire, aspire, craint… il en résulte une forme-pensée qui prend exactement la forme du contenu de la pensée. La forme-pensée est d'autant plus précise que la pensée l'est aussi. Elle est également d'autant plus forte que la pensée est importante pour celui qui l'a émise et qu'il est émotionnellement pris par elle. Elle est, de plus, d'autant plus ferme, qu'il l'entretient et la nourrit de ses aspirations. Une pensée superficielle ne produit qu'une forme-pensée flasque et faible. N'étant pas nourrie et entretenue, elle disparaît rapidement. Les pensées sont des productions du vouloir de l'esprit. Ce vouloir étant plus ou moins fort, il en résulte que les formes-pensées seront également plus ou moins fermes et durables.

Envoyer et recevoir des pensées

Lorsque nous pensons à quelque chose qui nous tient à cœur, la pensée nous remplit complètement et nous sommes tout pénétrés d'elle. Elle nous enthousiasme ou nous attriste selon son contenu. Mais qu'une autre pensée vienne la remplacer, la première est alors poussée de côté. Après avoir été en nous, cette forme-pensée se tient à nos côtés. Bien que reliée à nous, elle peut s'éloigner. Elle le fait spontanément ou est volontairement envoyée au loin par nous-mêmes vers une personne précise. Cette dernière peut la capter et l'entretenir elle-même, c'est alors elle qui en est pénétrée.

Si les formes-pensées n'existaient pas en tant que telles et ne pouvaient se déplacer, quelle valeur aurait le fait d'envoyer nos bonnes et affectueuses pensées à quelqu'un ? Nos vœux seraient hypocrites. Mais si nous les envoyons quand-même, c'est que nous ressentons intuitivement que la personne concernée reçoit effectivement nos bonnes pensées et que celles-ci peuvent la soutenir.

Télépathie et formes-pensées

Que les personnes à qui sont destinées nos pensées les reçoivent effectivement est mis en évidence par le phénomène de transmission de pensées, appelé télépathie.

Par télépathie, on entend la communication à distance entre deux personnes grâce aux pensées. Elle est plus courante qu'on ne le croît généralement. Beaucoup de gens en ont fait l'expérience.

Au cours de vos activités journalières, vous vous mettez tout à coup à penser à une personne avec qui vous n'avez plus été en contact depuis très longtemps. La sonnerie du téléphone retentit et c'est précisément elle qui vous appelle. Dans cette situation, vous avez capté télépathiquement la forme-pensée qu'elle a émise, d'où votre réponse : « Comme c'est drôle, je pensais justement à toi !»

Beaucoup de gens considèrent que de tels événements ne sont que des coïncidences. Cependant, de nombreuses expériences rigoureusement menées ont montré que le hasard n'était pour rien dans la communication télépathique. La réception correcte des informations envoyées se faisait toujours à un taux plus élevé que celui que le calcul des probabilités ne présentait comme possible.

De plus, lors des transmissions télépathiques, les distances ne jouent aucun rôle. Que les personnes émettrices et réceptrices soient dans la même ville ou dans des pays ou des continents différents n'influencent en rien les résultats. La qualité de la réception ne diminue pas avec l'éloignement. La raison en est que les formes-pensées se déplacent en dehors de la matière dense. Elles ne sont par conséquent pas soumises à l'action freinatrice de la densité terrestre. Pour elles, les distances ne comptent pas.

Le cordon de liaison

Bien que les formes-pensées puissent s'éloigner de leur auteur, ce dernier reste néanmoins lié à elles par un cordon de matière éthérée. Ce cordon lui permet de rappeler ses pensées passées comme nous le faisons souvent au cours de la journée. En effet, l'ensemble de nos connaissances et pensées ne sont pas constamment présentes dans notre conscience, mais nous pouvons les faire réapparaître en allant les chercher là où elles se trouvent. Le cordon permet également à l'auteur de continuer à nourrir la forme-pensée, si celle-ci lui tient à cœur. Cela a cependant pour conséquence que la forme-pensée peut également le nourrir de ce qu'elle contient.

Si quelqu'un entretient en lui la pensée qu'il faut être respectueux et poli avec son prochain en toute circonstance, une forme-pensée correspondante prend naissance. Lors d'une situation conflictuelle, il lui sera beaucoup plus facile de rester calme et respectueux. À sa volonté d'agir de cette manière, s'ajoute ce dont le nourrit la forme-pensée à laquelle il se connecte au cours de ses efforts pour rester calme. En tous les cas, il lui sera beaucoup plus aisé de rester calme que si la forme-pensée en question n'existait pas. Ce fait explique l'étonnement qui nous remplit parfois quant à la manière dont nous avons réagi à une situation qui dépassait de beaucoup ce que nous nous étions crus capables de faire.

La situation inverse est également vraie. Quelqu'un qui est facilement impatient crée une forme-pensée qui sera nourrie par d'autres pensées d'impatience. Dans une situation conflictuelle, la personne perd plus rapidement patience avec son entourage, car elle est nourrie non seulement par les effets de sa propre impatience mais aussi par celle qui s'est accumulée dans la forme-pensée.

L'existence du cordon nourricier permet de comprendre le phénomène des idées fixes. Une personne se branche constamment sur une forme-pensée qu'elle renforce, mais qui, à cause de la puissance qu'elle lui a conférée, lui renvoie en permanence la pensée en question. Une forme-pensée ne se limite pas à agir sur une personne unique. Sous l'action de la loi de l'attraction des affinités, deux formes-pensées similaires bien que provenant d'individus différents, se rejoignent pour n'en former qu'une, plus forte. Deux personnes peuvent ainsi la nourrir et la fortifier, mais également être nourries par elle. Cela est particulièrement évident dans le cas des découvertes simultanées. Deux scientifiques ne se connaissant pas, vivant éloignés l'un de l'autre, mais effectuant la même recherche, peuvent découvrir, à quelques jours d'intervalle, la réponse à la question qu'ils se posaient. Le cas de Charles Darwin et d'Alfred Wallace qui découvrirent la loi de l'évolution par la sélection naturelle à la même époque est bien connu. Dans une telle situation, chacun des deux chercheurs crée une forme-pensée. Étant similaires, elles se rejoignent pour n'en faire qu'une. Les deux chercheurs vont désormais alimenter la même forme-pensée avec ce qu'ils découvrent. Elle s'enrichit ainsi à partir de deux sources. Étant branchés sur cette forme-pensée, les deux scientifiques sont nourris par elle et captent ainsi inconsciemment ce que l'autre y a apporté. Leur compréhension du sujet avance ainsi parallèlement et leur recherche arrive à son terme plus ou moins en même temps.

Les centrales de pensées

Le regroupement de formes-pensées similaires peut se faire à une beaucoup plus grande échelle que dans le cas des découvertes simultanées. Des milliers, voire des centaines de milliers de formes-pensées identiques peuvent se regrouper pour n'en former qu'une. Pour désigner ce genre de rassemblement, on parle de «centrales de pensées». Elles sont d'autant plus grandes et puissantes que le nombre d'individus qui les entretiennent est élevé et que les sentiments qu'ils y mettent sont intenses. Lorsque de nombreuses personnes de par le monde entretiennent des pensées d'entraide, elles créent sans le savoir une gigantesque centrale de pensées d'entraide. La centrale nourrit ceux qui y sont liés et renforce ce sentiment en eux. L'effet renforçateur se manifestera aussi sur toute nouvelle personne qui commence à émettre des pensées dans ce sens et qui, de ce fait, se relie à la centrale. L'inverse est aussi possible. L'être humain, étant doté du libre arbitre, peut émettre des pensées de haine, de violence ou de racisme. Des centrales de formes-pensées correspondantes se forment, abreuvent et renforcent tous ceux qui s'y branchent.

La formation de ces centrales est de nos jours beaucoup plus répandue que dans le passé. Les moyens techniques actuels de diffusion d'idées : la radio, la télévision, Internet, twitter… permettent de toucher facilement un nombre extrêmement élevé de personnes. En adhérant aux idées véhiculées ou en pensant simplement à elles, ces gens émettent des formes-pensées correspondantes. De gigantesques centrales se forment ainsi dans des domaines aussi variés que la politique, la culture, le sport… Lors des championnats mondiaux de football par exemple, plusieurs centaines de millions de personnes regardent en même temps, à la télévision, le déroulement de la manifestation. La centrale de pensées qui en résultera sera d'une force inouïe, car non seulement le nombre d'auditeurs est élevé, mais les émotions qui les animent sont intenses. La puissance de la centrale aura même des effets sur de nombreuses personnes qui ne s'intéressent pas au football mais qui s'ouvrent un peu à ce sujet en cette période. Elles vont, à leur grand étonnement, commencer à y prendre davantage d'intérêt et un certain goût.

Ces conséquences sont somme toute assez anodines. Il n'en va pas de même lorsque quelqu'un se branche sur une centrale de pensées belliqueuses. Sa pensée est alors nourrie par les forces de la centrale et s'affermit par cet apport. En devenant de plus en plus puissante, elle peut finalement le pousser à passer à l'acte, c'est-à-dire faire passer la forme-pensée dans la réalité tangible du plan terrestre.

Cela explique que dans des circonstances particulières, certaines personnes commettent des actes violents sans commune mesure avec leur comportement habituel. S'étant inconsciemment branchées sur une centrale de pensées, elles ont été emportées par la force qui en provenait. La manière dont elles s'expriment après coup à propos de leurs actes est d'ailleurs révélatrice : «Je n'étais plus moi-même» ou «Je ne sais pas ce qui m'a pris, c'était plus fort que moi». Soutenue et affermie par des apports extérieurs, elle devient une réalité grâce à tous ceux aussi qui l'entretiennent.

Surveiller ses pensées

Malgré la force inouïe des centrales de pensées, nous ne sommes pas soumis sans défense à leur influence. Pour ne pas se brancher sur elles, il suffit de ne pas entretenir des pensées similaires, mais d'en émettre de contraires. En faisant cela, la connexion s'établit avec des centrales de formes pensées positives, ennoblissantes et constructives. Tout dépend donc de nous. L'existence des formes-pensées nous permet de prendre conscience de la nécessité de veiller aux pensées que nous émettons et entretenons. Leur influence sur nous et notre entourage est énorme, en positif ou en négatif, selon nos choix.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal