christopher vasey naturopathe
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Les douleurs fantômes



Les personnes amputées ressentent parfois des douleurs, là où se situait le membre avant l'amputation.
Comment comprendre ce phénomène ? À quel niveau sont ressenties les douleurs ?
Où se produisent-elles ?


Là où le membre n'est plus

Lorsque quelqu'un subit une amputation, personne n'imaginerait qu'il soit possible qu'il puisse ressentir des douleurs là où se situait le bras ou la jambe qui manque. Or, c'est précisément ce qui se passe dans la grande majorité des cas. Non seulement le sujet ressent la présence de son membre manquant, mais il souffre de douleurs dans celui-ci. Les douleurs sont soit occasionnelles et fortes, soit constantes mais de faible intensité. Dans certains cas, elles diminuent avec les années, dans d'autres, elles subsistent toute la vie.

Témoignages

Le plus ancien témoignage sur le phénomène des membres fantômes et des douleurs qui y sont liées provient du célèbre chirurgien militaire français, Ambroise Paré (1510–1590). Autodidacte, il avait appris l'art de la chirurgie sur les champs de bataille de l'époque où l'emploi d'épées, de lances, de flèches et d'arquebuses causait d'affreuses blessures conduisant souvent à la nécessité d'amputer. Il écrit à ce sujet : «Les patients disent, longtemps après que l'amputation ait été faite, qu'ils ressentent encore des douleurs dans la partie amputée. Ils s'en plaignent fortement, ce qui est étonnant et presque incroyable pour les gens qui n'ont pas vécu cela.»

Au milieu du 19e siècle, une courte nouvelle ayant pour titre «Le cas de George Dedlow» fut publiée dans un magazine américain. Elle relatait l'histoire d'un jeune homme qui fut sévèrement blessé aux deux jambes, au cours de la bataille de Chickamauga pendant la guerre civile américaine. Il est opéré dans un hôpital de campagne, et à son réveil, il ne sait pas que ses deux jambes ont été amputées. Il demande à un aide soignant de lui masser le mollet gauche, dans lequel il ressent une crampe. Quand l'aide soignant soulève la couverture, tous deux se rendent alors compte qu'il n'a plus de jambes. Cette nouvelle, publiée anonymement, s'avéra avoir été écrite par Silas Weir Mitchell (1829–1914), neurologue et écrivain américain qui fut le premier à faire des descriptions cliniques objectives et approfondies sur les membres fantômes et les douleurs qui y sont associées.

Parmi les victimes actuelles de ce phénomène, il faut compter les personnes ayant perdu un pied ou une jambe en marchant sur une mine anti-personnel, comme en témoigne Rasha, une jeune libanaise : «Quand je me couche, le soir, j'ai mal à la jambe, celle qui manque. Je la sens comme si elle était là».

L'existence de douleurs fantômes est aussi un fait mentionné en littérature. Il en est question dans le célèbre roman «Moby Dick» de l'auteur américain Hermann Melville. Le capitaine Ahab, le héros du roman, qui a perdu une jambe, s'adresse au charpentier du bord pour lui demander de lui faire une jambe de remplacement en bois. Au cours de la conversation, il lui explique qu'il sent une autre jambe là où était l'ancienne. Il s'ensuit alors un échange avec le charpentier au cours duquel ce dernier lui dit : «Oui, j'ai entendu dire des choses curieuses à ce sujet, sir… et comment un homme démâté ne perd jamais entièrement le sentiment de son vieil espar, mais qu'il y sentira parfois des picotements. Puis-je humblement vous demander s'il en est ainsi, sir ?

– Il en est bien ainsi, homme. Tiens, mets ta jambe vivante là où autrefois se trouvait la mienne. Maintenant l'œil n'y voit qu'une jambe, toutefois l'âme en voit deux. Là où tu sens vibrer la vie, là exactement là, à un cheveu près, je la sens. N'est-ce pas une énigme ?»

L'explication de la science

Pour la science, les douleurs fantômes s'expliquent par le fait que le cerveau possède en lui une représentation mentale de chaque membre. Cette représentation subsiste même après l'amputation. Comme il reçoit constamment des informations sensorielles de tous le corps, le cerveau en attribuerait parfois à tort au membre qui n'existe plus. Le sujet croit ainsi ressentir des douleurs dans le membre manquant, mais ce ne serait pas le cas. Il s'agirait d'une sorte de projection due à la stimulation de la représentation du membre en question dans le cerveau.

Une étude menée sur des enfants nés avec un membre en moins contredit cependant cette explication. Ces enfants ayant été dépourvus de ce membre dès le début de leur vie, leur cerveau ne pouvait par conséquent pas l'avoir en mémoire. Eux aussi, cependant, ressentaient des sensations là où le membre qu'ils n'avaient jamais possédé aurait dû se trouver.

L'être humain est plus que son corps

La science a une approche matérialiste. Elle considère que seule la matière existe et, par conséquent, que l'être humain est uniquement un corps physique. Il existe cependant une autre manière de considérer les choses, qui est l'approche spiritualiste. D'après cette dernière, l'être humain est plus qu'un corps de chair et de sang, il est un esprit immatériel incarné dans un corps physique. Cet esprit est d'ailleurs entouré de différentes enveloppes ou corps subtils. La constitution de l'être humain comprend donc également des composantes invisibles.

Pour les matérialistes, les cellules s'assemblent elles-mêmes, grâce au code génétique, pour former le corps physique. Les spiritualistes considèrent cependant que les cellules ne peuvent pas s'assembler toutes seules pour construire l'édifice corporel. Elles ont besoin d'un modèle, qui plus est, en trois dimensions, auquel se conformer et dans lequel s'insérer. Ce modèle qui agit comme un moule est un double éthéré du corps physique, appelé le corps astral. À cause de sa constitution plus fine, il est invisible à l'œil terrestre.

Lors de la formation de l'organisme, le corps astral, qui préexiste au corps physique et qui a la forme que doit prendre ce dernier, contrôle que les cellules qui se multiplient se différencient en cellules musculaires, cardiaques, rénales, etc. De plus, en tant que moule, il interrompt l'expansion de ces différents genres de cellules aux limites de l'espace réservé à chaque organe. Son rôle ne se limite pas à la seule construction du corps. Il contribue également à animer les organes, ainsi qu'à orchestrer et harmoniser les différentes fonctions corporelles.

Le corps astral est un corps vivant à part entière. Il est par conséquent sensible et c'est à son niveau que sont ressenties les sensations et les douleurs en général. C'est également à son niveau que les douleurs fantômes sont ressenties par les personnes amputées. En effet, en tant que modèle distinct et indépendant du corps physique et d'un autre genre que lui, il subsiste malgré l'ablation d'un membre. Le corps astral d'une jambe ne disparaît donc pas lors de l'amputation de celle-ci, il subsiste à l'endroit où il a toujours été. C'est donc au niveau du membre astral que les douleurs sont ressenties et non dans sa représentation cérébrale. La personne amputée les ressent, car le membre astral est toujours là, au bon endroit.

De l'existence de l'âme

L'existence des douleurs fantômes montre que l'être humain n'est pas seulement un corps de chair, mais qu'il est aussi constitué d'une partie plus subtile. Celle-ci est composée de l'esprit dont l'origine est le plan spirituel. En font également partie les différents corps subtils qu'il a revêtus lors de sa descente d'un plan de l'au-delà à l'autre pour se rendre sur la Terre. La dernière de ces enveloppes éthérées qu'il revêt avant de s'incarner dans le corps physique est le corps astral. Ensemble, l'esprit et toutes ces enveloppes subtiles forment ce qui est couramment appelé l'âme. Elle n'est pas informe, mais possède la forme humaine. C'est elle qui s'incarne dans le corps physique et qui, à la mort, s'en détache lorsque le mourant «rend l'âme».

Une telle manière de considérer les choses ne serait pas contredite par un amputé célèbre, Lord Nelson (1758–1805), l'amiral anglais qui perdit son bras droit lors de la bataille navale de Santa Cruz de Tenerife. Les sensations qu'il ressentait dans les doigts du bras amputé lui firent dire qu'il voyait là, la preuve directe de l'existence de l'âme.

Christopher Vasey

Les explications données dans cet article sont basées sur les connaissances de l'œuvre « Dans la Lumière de la Vérité, Message du Graal »