christopher vasey naturopathe
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Les anti-inflammatoires naturels





Les anti-inflammatoires sont des remèdes capables de réduire, voire de supprimer les réactions inflammatoires. Ils en diminuent les manifestations excessives et, par là, soulagent le malade de ses douleurs. Pour comprendre leur mode d'action, il est nécessaire d'entrer un peu dans la biochimie des inflammations et de parler en particulier d'un médiateur fondamental de ce processus de défense: les prostaglandines.

Un médiateur est une substance qui possède la faculté de déclencher une réaction bien précise dans le corps.


Les prostaglandines (PGE)

Sitôt qu'une cellule est agressée, elle libère (entre autres substances dont, pour rester simple, nous ne parlerons pas) deux sortes de prostaglandines.

Les premières sont appelées prostaglandines de guerre. Comme leur nom l'indique, elles déclenchent et préparent la réaction défensive du corps. Il ne s'agit cependant pas d'une défense passive, mais au contraire d'une défense active et agressive, puisque des globules blancs attaqueront et se battront contre l'envahisseur. Les prostaglandines de guerre réveillent, excitent, mettent en état d'ébullition les systèmes d'attaque avec lesquels le corps agresse l'ennemi pour le détruire.

Tout combat entraîne cependant de nombreux dégâts. Cela est autant le cas lors d'une guerre entre êtres humains (nombreuses victimes et blessés, destruction des habitations, des routes…) qu'à l'intérieur du corps (destruction de cellules, de globules blancs, lésions de tissus…). La durée d'un conflit ne peut par conséquent pas être illimitée. S'il dure trop longtemps, d'importants dégâts en résultent. Un frein doit donc être apporté aux processus d'attaque et de destruction mis en place par l'organisme.

La responsabilité en incombe à une deuxième sorte de prostaglandines, nommées prostaglandines de paix. Leur action a pour but d'atténuer, de calmer, voire d'interrompre la réaction inflammatoire. Les processus typiques des temps de paix – construction et réparation – peuvent prendre place. Ils correspondent à la convalescence et au retour à la santé.

L'action des prostaglandines de paix est donc opposée à celle des prostaglandines de guerre. Alors que les prostaglandines de guerre ont une action pro-inflammatoire, celles de paix en ont une action anti-inflammatoire. Leurs modes d'action opposés sont utiles à l'organisme. Cela lui permet de contrôler et doser la réaction inflammatoire, autrement dit, de veiller à ce que les processus de défense ne se prolongent pas trop et qu'ils soient suivis, en temps utile, par les processus de réparation.

Inflammation aiguë et chronique

Normalement, la production des prostaglandines de guerre est suivie quelque temps après par celles de prostaglandines de paix. L'effervescence défensive a atteint son but, le système de défense peut à nouveau être mis au repos. On parle d'inflammation aiguë dans une telle situation. Elle est caractérisée par le temps limité pendant lequel elle dure, limite qui est imposée par une présence suffisante de prostaglandines de paix pour contrecarrer les effets défensifs devenus inutiles.

Parfois cependant, un déséquilibre s'installe entre ces deux forces opposées, et cela au profit des forces de défense. Celles-ci se manifestent trop longtemps. Le corps, par l'intermédiaire des prostaglandines de paix, n'arrive pas à les freiner et elles dépassent les limites. Les cellules des tissus enflammés sont blessées, voire tuées. Les tissus subissent des lésions et se sclérosent. Les douleurs liées au processus inflammatoire perdurent et font souffrir le malade plus longtemps que nécessaire. Nous sommes ici en présence d'une inflammation chronique.

Lors d'inflammations aiguës, l'usage d'anti-inflammatoires est avant tout nécessaire pour calmer les douleurs ressenties par le malade. Dans les inflammations chroniques, elles permettent de protéger les tissus de la destruction et soulagent le malade de ses douleurs.

Les causes des inflammations chroniques sont multiples. Le plus souvent, la cause en est que les forces protectrices du corps, celles qui dépendent des prostaglandines de paix, sont trop faibles par rapport à celles d'attaque qui dépendent des prostaglandines de guerre. Il se peut aussi que la cause de l'inflammation n'ait pas été supprimée: l'infection, le poison ou l'allergène n'a pas encore été neutralisé. Sa présence entretient la réaction de défenses. Une autre raison est que le terrain est très surchargé en toxines et c'est contre celles-ci et les dégâts qu'elles occasionnent dans la région atteinte, que les forces de défense se mobilisent.

Modes d'action généraux des anti-inflammatoires

Étant donné le rôle des prostaglandines lors des inflammations, il y a deux manières dont la thérapie anti-inflammatoire peut procéder:

• soit elle vise à bloquer la production des prostaglandines de guerre (qui est en excès)
• soit elle cherche à augmenter celle des prostaglandines de paix (qui est insuffisante).

La première de ces deux mesures s'effectue à l'aide de remèdes anti-inflammatoires. En médecine naturelle, il s'agira de plantes, en allopathie d'aspirine et de cortisone. L'emploi de ces remèdes bloque la production des prostaglandines de guerre grâce à certaines substances qu'elles contiennent. La conséquence en est que les réactions de défense sont contrecarrées. La production de globules blancs est nettement freinée, voire interrompue. La vasoconstriction des capillaires et la réduction de l'œdème entravent leur passage vers les cellules. Faute de combattants, la réaction inflammatoire s'interrompt. Le conflit est désamorcé, les douleurs et les destructions cessent. Il est à noter cependant qu'au lieu que ce but soit atteint normalement, c'est-à-dire – grâce à l'action des prostaglandines de paix produites par le corps – il l'est par un apport extérieur de substances bloquantes.

La deuxième de ces mesures, celle qui vise à augmenter le nombre des prostaglandines de paix, se fait par la prise d'huile riche en omégas 3.

Les plantes médicinales anti-inflammatoires

De nombreuses plantes médicinales ont une action anti-inflammatoire. Celles qui vont être présentées ici sont connues pour être très efficaces et d'utilisation aisée. Elles seront divisées en trois grands groupes. Pour chacun de ceux-ci, il sera donné un exemple de plante d'une grande efficacité, pour faciliter les premiers pas dans l'apprentissage de l'utilisation des anti-inflammatoires naturels.

Le premier groupe comprend les plantes qui sont des anti-inflammatoires hormonaux, c'est-à-dire qui stimulent le corps à produire des hormones aux effets anti-inflammatoires. Ces hormones appartiennent à la famille de la cortisone, c'est pourquoi on dit de ces plantes qu'elles ont une action «cortison-like». Ce terme vient de l'anglais: like signifie «comme, de la même manière que», autrement dit, la plante a une action «comme la cortisone».
Exemple : Ribes Nigrum bourgeons (cassis) en macérat glycériné ou en teinture-mère. 3 fois par jour 30 à 50 gouttes dans de l'eau (allergies, douleurs).

Le deuxième groupe comprend les anti-inflammatoires non hormonaux, ou plus précisément non stéroïdiens (AINS) puisque la cortisone est un stéroïde. Ils agissent en fournissant directement au corps des substances qui bloquent le processus anti-inflammatoire. Exemple : Gaulthérie odorante en huile essentielle. 2 à 3 gouttes mélangées avec de l'huile de tournesol ou autre, à appliquer sur les articulations, muscles ou nerfs douloureux.

Le troisième groupe est constitué de plantes qui ont un effet antihistaminique. Les médiateurs de l'inflammation – autrement dit les substances qui déclenchent l'inflammation – ne comprennent pas seulement des prostaglandines de guerre, mais encore beaucoup d'autres. Parmi ceux-ci, l'histamine figure en bonne place. Elle est impliquée dans les troubles inflammatoires de type allergique, comme le rhume des foins par exemple. Comme leur nom l'indique, ces plantes antihistaminiques ont la propriété spécifique de faire descendre le taux d'histamine sanguin et, par là, l'inflammation, ce que les autres plantes anti-inflammatoires en général ne font pas. Ces dernières agissent sur les effets de l'histamine, mais pas sur son taux. Exemple : Nielle cultivée en teinture-mère. 3 fois par jour 10 à 30 gouttes dans de l'eau.

Christopher Vasey