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Le miracle de la naissance



À chaque naissance, c'est l'émerveillement. Un petit être est là, qui a déjà son caractère et sa volonté. Quel est donc cet être ? D'où vient-il ? Est-il vraiment issu de ses parents?

Qui est cet être qui vient?

Au début, tout se passe de manière imperceptible. La mère ne sent pas le petit corps en formation, celui-ci est trop petit, de plus il est encore immobile. Mais soudain, il bouge et réagit à différents stimuli. Ce qui jusqu'alors n'était qu'«organique» est désormais ressenti comme un petit être doté d'une volonté et d'une personnalité.

Certes, les parents ont donné quelque chose pour que cet enfant soit là, et indéniablement il s'agit de quelque chose de matériel : un ovule pour la mère, un spermatozoïde pour le père, et pour la mère encore, une certaine quantité de substances pendant la grossesse. Tout cet apport n'est cependant que matériel et n'a servi qu'à construire le corps du nouveau-né. Mais l'enfant possède une volonté qui est distincte de celle de ses parents et qui s'oppose en partie à la leur. Il a aussi un caractère qui lui est propre. Les parents donneraient-ils également à l'enfant sa personnalité?

Dans l'affirmative, comment cette transmission s'est-elle effectuée ? Comment de l'immatériel, de l'insaisissable physiquement, a-t-il été transmis des parents à l'enfant ? Et qui plus est, comment quelque chose qu'ils ont cédé, qui leur est donc soustrait, peut-il ne pas leur manquer une fois donné ? En effet, les parents ne voient pas une partie de leur personnalité disparaître ou leurs facultés décroître parce qu'ils ont conçu un enfant.

Toutes ces questions reviennent à se demander si le nouveau-né est fait uniquement de chair, d'une chair d'où s'épanouiraient une conscience, un caractère et une volonté, ou s'il existe quelque chose de plus que le corps physique, quelque chose d'immatériel comme l'esprit, c'est-à-dire une âme dans laquelle se trouveraient les différentes facultés psychiques et qui viendrait habiter le corps pendant la durée de la vie terrestre.

La constitution de l'être humain

Les différentes grandes religions confirment toutes l'existence de deux éléments distincts dans l'homme, l'un matériel, l'autre immatériel. Le récit imagé de la création de l'homme donné dans la Bible est parfaitement explicite : «L'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre…» fait allusion au processus matériel de la formation du corps physique. «Il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant» (Genèse 2,7) parle de l'adjonction d'une chose immatérielle : l'esprit humain, qui anime et dirige le corps physique.

En dehors de l'explication religieuse, l'expérience nous amène également à reconnaître que la constitution de l'être humain est bien double.

Quand on observe les premières tentatives des bébés pour se mouvoir, par exemple bouger les mains, on a beaucoup plus l'impression d'assister aux tentatives d'un esprit distinct du corps qui cherche à maîtriser son nouvel instrument, que de voir un corps prendre progressivement conscience de lui-même.

On peut d'ailleurs facilement observer que les jeunes enfants ne s'identifient pas à leur corps, mais qu'ils l'utilisent comme un objet distinct d'eux, comme une chose qui n'est pas eux-mêmes, par exemple, lorsque furieux, ils utilisent leur propre tête comme un instrument pour frapper leurs petits camarades.

Lorsque le nouveau-né accepte, refuse ou montre son déplaisir si les choses ne se déroulent pas comme il le souhaite, cela ne témoigne-t-il pas également de l'existence d'une personnalité déjà formée et, par là, d'un «ayant déjà été», plutôt que d'un moi en train de se constituer progressivement sous la pression d'influences internes et externes ?

Différentes expressions de notre langage traduisent la connaissance intuitive que nous avons de la préexistence de l'esprit par rapport au corps. Lorsque nous disons «La mère met son enfant au monde», cela ne signifie-t-il pas que l'enfant, en tant qu'esprit, n'était pas dans ce monde, c'est-à-dire dans la matière, mais ailleurs, et qu'il a accédé au monde grâce à sa mère?

Les expressions «il est né poète» ou, à propos d'autres dons : «c'est inné» ne montrent-elles pas également que les facultés de l'esprit étaient présentes avant la naissance ; par conséquent que l'esprit préexistait à cette vie terrestre ?

La science affirme que le développement de l'être humain est entièrement matériel. Mais que pouvons-nous répondre à un enfant qui demande à sa mère : «Dis, maman, où était mon petit frère avant qu'il soit avec nous ?»

Si l'enfant demande où était auparavant son petit frère, c'est que pour lui, celui-ci ne pouvait pas ne pas être ailleurs. Et s'il était ailleurs, c'est qu'il existait déjà, qu'il était déjà en vie. Pour l'enfant qui questionne, il est certain et évident que son frère n'est pas brusquement sorti du néant.

Bien sûr, il ne s'agit que d'une question d'enfant. Mais si nous voulons être honnêtes avec nous-mêmes, quels arguments irréfutables pouvons-nous fournir à cet enfant pour justifier l'affirmation courante que la vie débute avec la conception ?

Quelles preuves avons-nous pour lui affirmer que son frère n'existait pas auparavant ?

La cigogne et l'abeille

En général, on fait deux genres de réponses aux enfants qui cherchent à savoir d'où viennent les bébés. Bien que données sous forme d'images – ce qui est la forme la plus adéquate pour leur faire comprendre un processus – ces images, comme on va le voir, n'en recèlent pas moins un sens profond.

La première réponse ou image est celle de la cigogne qui tient dans son bec les deux extrémités d'un châle dans lequel repose un bébé. Volant à travers les airs, elle apporte aux parents leur enfant. L'image du bébé que l'on trouve dans un chou est du même genre : l'enfant existe déjà et il est amené à la famille. La deuxième image est l'histoire non moins classique de l'abeille qui en butinant dépose un grain de pollen dans une fleur, permettant ainsi la formation et le développement d'un fruit.

Parce que nous possédons des connaissances scientifiques sur la fécondation, nous considérons l'image de l'abeille butinant comme la plus correcte et rejetons les premières, celles de la cigogne et du chou, dans le domaine des contes.

Pour la science, la jonction du spermatozoïde et de l'ovule est effectivement le point de départ du nouvel être, l'origine de cette vie qui apparaît. Toujours pour la science, la fonction des organes est dirigée et orchestrée par les informations conservées dans les gènes, tout comme le sont la formation des traits de caractère et les prédispositions du nouveau-né. D'après l'approche scientifique, les enfants sont bien issus de leurs parents ou, à l'inverse, les parents sont bien ceux qui donnent la vie à leurs enfants, et ceux qui sont donc également responsables de leurs dons et de leurs tares.

L'inégalité des naissances

Si elle fait l'objet de nombreuses discussions, il n'existe pourtant que deux réponses possibles à cette question :

1. Ou bien, les parents sont à l'origine de leurs enfants (comme le prétend la science), auquel cas, le Créateur est sans amour et injuste puisque des enfants – innocents – doivent subir ou récolter quelque chose qu'ils n'ont pas semé.

2. Ou bien, le Créateur est juste et plein d'amour et alors, logiquement, si l'enfant doit subir quelque chose de déplaisant, c'est qu'il l'a semé lui-même auparavant ; auquel cas, il existait avant sa naissance.

Cette deuxième réponse est la réponse correcte, parce qu'en niant la responsabilité de l'enfant, cela conduirait tout droit à la rejeter sur Dieu. Autrement dit, à affirmer que Dieu est sans amour parce qu'Il permettrait la souffrance, et qu'Il est injuste parce que ceux qui la subiraient n'y seraient pour rien.

Or, un Dieu sans amour et injuste est une chose qui choque le bon sens de tout être réfléchi, et va à l'encontre de tout ce qui est considéré comme faisant partie de la divinité.

Les enfants ne débutent par conséquent pas leur existence à partir de la conception, leur moi véritable existe déjà avant leur vie terrestre actuelle.

L'argument principal avancé pour nier cette affirmation est que si un être humain a réellement vécu une autre vie avant cette vie terrestre, il devrait être capable de s'en souvenir et d'en parler. On pense généralement que cela n'est jamais le cas, mais c'est une erreur. Il existe au contraire de très nombreux enfants qui sont en mesure de raconter des événements qu'ils ont vécus dans une vie antérieure, prouvant ainsi que l'esprit humain préexiste à sa vie actuelle.

Souvenirs de vies antérieures

Ces enfants ont généralement entre 2 et 4 ans, lorsque spontanément ils se mettent à parler à leurs parents ou à leurs frères et sœurs d'une vie qu'ils auraient vécue à une autre époque et dans un autre lieu. Ils peuvent dire le prénom qu'ils portaient jadis et insistent parfois pour qu'on continue à les appeler ainsi. Différents épisodes importants de leur vie passée (mariage, accident, maladie…) font l'objet de récits répétés qui semblent beaucoup les émouvoir.

Ces témoignages pourraient être considérés comme étant issus de leur imagination si le nombre de faits relatés et surtout la précision des détails donnés (nom de personnes, description de bâtiments et d'événements) ne pouvaient pas être vérifiés sur place. C'est à cette tâche que s'est attelé le chercheur Ian Stevenson («Vingt cas suggérant le phénomène de la réincarnation», Éditions Sand, 1985). Il a procédé à une vérification draconienne et systématique, quasi «policière», de plusieurs centaines de cas. Il en a conclu que ces récits n'ont pas été inventés mais se révèlent authentiques, et qu'ils ne peuvent être expliqués autrement que par le fait que ces enfants ont dû effectivement vivre avant leur existence actuelle.

Un point frappant, commun à tous ces cas, est l'identification que fait l'enfant avec sa personnalité antérieure. Ces enfants parlent avec nostalgie de l'époque passée, manifestent le désir de retourner sur le lieu de leur vie de jadis et d'y revoir leurs parents. Lorsque pour procéder à la vérification de leurs dires, le contact a été établi avec leur ancienne famille, ces enfants peuvent se montrer extrêmement sensibles aux épreuves (mort, maladie) qui ont atteint entre temps ses membres. De plus, ils manifesteront une grande familiarité avec leurs proches d'alors, mais de la distance avec le reste de l'entourage, conformément aux relations sociales de leur personnalité antérieure.

Amenés sur les lieux de leur précédente vie, ils se montrent capables de retrouver le chemin de leur domicile antérieur à travers un dédale de rues. Confrontés à leur ancienne famille et à des voisins (dans le cas où ceux-ci sont encore en vie), ils sont en mesure d'identifier correctement la plupart de ceux-ci. Malgré les changements dans l'agencement des pièces ou les modifications architecturales apportées à la maison, ils peuvent désigner les pièces dans lesquelles ils vivaient, quelle était leur affectation, et quelle était la place de certains meubles ou objets importants. Ici il faut souligner que dans tous ces cas, il s'agit d'esprits qui sont revenus très rapidement sur Terre, généralement quelques années seulement après leur décès, ce qui explique aussi pourquoi ils peuvent se souvenir de leur précédente incarnation. La durée des séjours dans l'au-delà est différente pour chacun, et le plus souvent beaucoup plus longue que dans ces cas particuliers.

L'esprit, le moi réel de l'être humain

Quelle est donc la nature de ce moi personnel qui peut se souvenir de ce qu'il a vécu dans une existence précédente, qui peut récolter sous forme de santé ou de maladie, de destin heureux ou malheureux ce qu'il a semé dans une vie antérieure, et que ses parents ne créent pas mais accueillent seulement dans le corps qu'ils lui ont préparé ?

Ce moi personnel préexistant est l'esprit immatériel de l'être humain, également désigné couramment par le terme âme. Esprit et âme ne sont pas deux choses distinctes, deux centres de conscience par exemple, mais une seule et même chose : le moi réel de l'être humain. L'esprit provient d'un autre plan de la Création que le plan terrestre sur lequel nous nous trouvons actuellement. C'est le plan spirituel ou paradis qui forme la partie la plus élevée et par conséquent la plus fine et la plus éthérée de la Création. La constitution de l'esprit humain n'a rien de commun avec celle du corps physique qui est construit avec les matériaux denses du plan terrestre. L'esprit ne peut donc être identifié au corps, ou à une partie de celui-ci, comme le cerveau, ce dernier n'étant qu'un outil à la disposition de l'esprit.

L'esprit est le centre de notre conscience, et c'est en lui que reposent les facultés spirituelles que sont la volonté humaine, le libre arbitre, le sens du bien, du juste et du beau. Nous et l'esprit ne faisons qu'un. S'il est juste de dire : «j'ai un corps», il serait par contre erroné de dire «j'ai un esprit». Nous n'avons pas un esprit, nous sommes un esprit, et celui-ci s'incarne dans un corps pour la durée de son séjour terrestre. Le terme incarnation – in : dans ; carne : chair – traduit très justement ce qui se passe : l'esprit, qui n'est pas de chair, entre dans un corps préparé à son intention par la future mère. Il entre dans le corps, mais il n'est pas le corps.

Vue sous cet angle, la fécondation de l'ovule par le spermatozoïde prend un tout autre sens. Elle est le point de départ, non pas de l'esprit (ni d'ailleurs de la vie) mais du petit corps en développement dans lequel s'incarnera l'esprit de l'enfant à venir. Le fœtus est l'enveloppe matérielle, l'outil ou le corps, que revêtira l'esprit pour son séjour sur Terre, et qu'il abandonnera d'ailleurs à la mort. La reproduction ne produit pas la vie, mais uniquement des enveloppes physiques qui peuvent abriter la vie. L'esprit est en effet la seule chose vivante en l'être humain, tout le reste n'étant animé que grâce à sa présence.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal