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Le Jugement dernier, un événement naturel



Le Jugement dernier est un événement qui doit prendre place à la fin des temps, époque où Dieu prononcera son jugement sur le sort de tous les esprits humains. Pour reprendre une expression biblique, ce sera la séparation entre les brebis et les boucs, autrement dit entre les bons et les méchants. L'homme d'aujourd'hui a de la peine à croire qu'une telle chose soit possible, pourtant il s'agit d'un événement logique et naturel.

Y aura-t-il une fin des temps ?

Une première question à aborder est celle de la longévité de l'univers, car si ce dernier devait durer éternellement, il ne saurait y avoir de fin des temps au cours de laquelle pourrait avoir lieu un jugement. Or, l'observation de la nature nous montre qu'une fin est inévitable, car inscrite dans les lois naturelles.

Tout ce qui est matériel passe en effet par un cycle de formation, de croissance puis de décomposition. La matière n'est donc pas éternelle. Elle est redivisée en ses éléments de constitution, afin que ceux-ci puissent parcourir un nouveau cycle. Ce cycle est facile à observer dans notre entourage le plus proche. Les minéraux se groupent pour former des roches qui sous l'effet de l'érosion se décomposent en minéraux isolés. Différentes substances s'assemblent pour former des végétaux ou des corps animaux. Ceux-ci croissent puis se décomposent.

Ce qui se passe en petit dans notre entourage immédiat a aussi lieu en grand au niveau de la Terre, des planètes et des corps célestes, qui eux aussi disparaîtront un jour. Mais cela va plus loin encore, car la matière ne comprend pas seulement la matière dense visible à nos yeux, mais également les plans invisibles de la matière subtile, c'est-à-dire de l'au-delà. Ce sont les plans sur lesquels les esprits se rendent après la mort de leur corps terrestre, afin d'y poursuivre leur apprentissage spirituel.

Parce que l'au-delà appartient aussi à la matière, il est également soumis au processus de décomposition et arrivera un jour à sa fin. Un jugement dernier peut donc avoir lieu à la fin des temps. Il n'arrive cependant pas arbitrairement, mais découle de la logique des événements.

Pourquoi un jugement ?

Avec la décomposition de la matière, l'esprit humain se trouve privé d'un lieu de séjour où évoluer, puisque aussi bien le plan terrestre que les plans de l'au-delà sont concernés par la décomposition. L'esprit est donc dans l'obligation de quitter la matière. Mais, pour aller où ? La seule possibilité qui s'offre à lui est de se rendre dans sa patrie d'origine, le plan spirituel. Se trouvant au-dessus de la matière, ce plan n'est en effet pas soumis à la décomposition. Or, l'entrée au paradis n'est ouverte qu'aux esprits qui ont développé leurs facultés spirituelles et qui se sont libérés de tout karma. Tant que ce stade n'a pas été atteint, l'esprit est contraint de demeurer dans la matière. Toutefois, si celle-ci est en train de se décomposer, il est emporté avec elle dans la décomposition. Avec la décomposition de la matière, un tri s'effectue ainsi tout naturellement entre les esprits qui peuvent remonter au paradis et ceux qui ne le peuvent pas. Les premiers sont ceux dont l'évolution spirituelle est suffisamment avancée et qui par là ne sont pas liés à la matière. Lorsque celle-ci entre en décomposition, ils s'en séparent aisément pour accéder au plan spirituel avec lequel ils sont en affinité.

Les seconds sont ceux dont l'évolution est restée trop en arrière et, par conséquent, que trop de fils retiennent attachés à la matière, à cause de leur attitude intérieure et des fausses directions qu'ils ont prises. Ne pouvant s'extraire et s'éloigner à temps de celle-ci lorsqu'elle entrera en décomposition, ils restent liés à elle et se désagrègent en même temps qu'elle. C'est la mort spirituelle.

Le tri qui intervient lors de la décomposition de la matière est semblable à celui qui a lieu en fin d'études dans les écoles. Le programme qu'offrent ces dernières ne peut pas non plus être suivi indéfiniment. Un jour, le temps imparti pour acquérir les connaissances dispensées arrive à son terme. L'examen final permet alors de déterminer les aptitudes de l'élève. Pour l'esprit humain dans la Création, cet examen final est ce que l'on appelle le Jugement dernier.

Le processus du jugement

Comment le processus du jugement a-t-il lieu ? Un juge fait-il comparaître chaque esprit humain devant son trône, comme le suggère l'image souvent utilisée à propos du jugement ? Non, le processus se déroule de manière beaucoup plus simple et naturelle. Il consiste en un retour accéléré du karma de chaque individu.

En effet, apprendre en vivant sur lui-même ce qu'il a semé, c'est-à-dire grâce à la récolte de son karma, fait partie intégrante du processus d'apprentissage de l'esprit humain. Or, ce que cet esprit est avant ces retours n'est pas la même chose que ce qu'il sera après eux. L'esprit peut encore beaucoup se transformer lors de sa confrontation avec les récoltes, que ce soit en bien ou en mal. Ce n'est donc qu'après ces retours que sa valeur réelle sera révélée. Le jugement dernier porte donc sur le résultat ultime de l'activité de l'esprit après le retour de tout son karma.

Étant donné que l'esprit doit pouvoir quitter la matière avant que le processus de décomposition ne soit trop avancé, il faut par conséquent que l'ensemble du karma de chaque individu lui ait été retourné avant que ce moment ne soit atteint.

Quelque chose doit donc radicalement changer dans le déroulement des événements. Ce changement porte sur la vitesse avec laquelle les récoltes sont retournées à leur auteur. Il consiste en une accélération de cette vitesse, ce qui raccourcit fortement le temps nécessaire au retour du karma. Les récoltes n'ont plus le temps de revenir progressivement, réparties dans le temps, elles le font sous forme concentrée et rapide. Il en résulte la fermeture accélérée de tous les cycles karmiques. L'être humain vit beaucoup de choses en un temps très court. Il est confronté à une succession rapide de situations et d'événements, heureux ou malheureux, conformément à ce qu'il a semé. Et c'est sur le résultat de cette confrontation que l'esprit est jugé.

Les formes que prennent les retours concentrés d'un karma individuel ne peuvent être que fortes et incisives. Or, quand à ces retours se rajoutent tous ceux des autres êtres humains qui, comme lui, à cause du jugement dernier, reçoivent simultanément leur propre karma en retour, il en résulte de grands bouleversements et désastres, comme ceux annoncés par les prophètes. Ils prennent la forme de grandes et terrifiantes catastrophes sociales, politiques, économiques, mais aussi naturelles, puisque ces dernières permettent également des retours karmiques groupés. .

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Un événement naturel

Le Jugement dernier peut paraître une chose contre nature, car sortant trop de la logique du déroulement habituel des événements. En réalité ce n'est pas le cas. Le jugement dernier est un événement parfaitement naturel. Les processus d'accélération et de tri qui le caractérisent ont lieu couramment sous diverses formes dans la nature. Ces formes sont des représentations en petit de ce qui se passe en grand lors du jugement.

Que l'on pense par exemple à la fièvre. Au cours de celle-ci, il y a accélération de tous les métabolismes. La circulation sanguine, l'oxygénation, les échanges cellulaires, les combustions, les défenses organiques et l'élimination des toxines s'intensifient. Les cellules corporelles et les microbes responsables de la fièvre sont brusquement mis dans une situation toute nouvelle. Ils doivent fonctionner à un rythme beaucoup plus exigeant, faire face à une température plus élevée, etc. Beaucoup de choses leur arrivent en peu de temps. Les possibilités de survie deviennent beaucoup plus difficiles. Elles représentent un défi à surmonter. Seul en sortira vainqueur ce qui est fort en lui-même, est à sa place et vit en harmonie avec le reste de l'organisme. Si ces conditions sont remplies par les cellules corporelles, ce n'est cependant pas le cas pour les microbes. Ceux-ci sont peut-être forts en eux-mêmes, mais ils ne sont ni à leur place, ni ne contribuent à l'harmonie du tout. Ils seront donc détruits au cours de la fièvre.

Pendant une fièvre, il s'opère donc un véritable tri qui élimine ce qui est mauvais : les microbes, et qui garde ce qui est bon : les cellules.

Un autre phénomène naturel qui illustre en petit ce qui se passe en grand lors du Jugement dernier est le processus de la sélection naturelle. Elle est définie comme étant la séparation ou le tri qui s'opère entre les individus (végétaux ou animaux) qui ont suffisamment développé leurs potentialités pour survivre aux caractéristiques de leur environnement et ceux qui ne l'ont pas fait.

La sélection naturelle a lieu constamment, à un rythme lent, par exemple dans la lutte des végétaux contre le manque d'eau ou des animaux pour échapper à leurs prédateurs. Parfois cependant elle peut s'accélérer et s'intensifier. C'est le cas lorsque l'environnement subit tout à coup une importante modification. Que celle-ci porte sur la température du milieu, le régime des précipitations, la teneur de l'air en oxygène, etc., ces changements mettent sous pression ce qui se trouve dans cet environnement, d'où le terme de «pression de sélection» utilisé pour désigner ce phénomène. Ici à nouveau, seul ce qui a développé suffisamment ses facultés pour s'adapter aux nouvelles conditions du milieu, autrement dit qui utilise ses potentialités en harmonie avec ce que la nature exige désormais de lui, peut survivre. D'après la paléontologie, les conditions sur Terre se sont déjà très fortement modifiées une douzaine de fois, faisant ainsi à chaque fois entrer la Terre dans une nouvelle ère géologique. Chaque passage a représenté une période où la pression de sélection s'est fortement accrue et a entraîné l'élimination de nombreux végétaux et animaux. Par exemple, lors du passage du crétacé au tertiaire, il y a 65 millions d'années, diverses plantes ainsi que 50% des espèces animales marines disparurent.

Jugement dernier et sélection naturelle

Que telle plante ou tel animal disparaisse ou soit fortement décimé par la sélection naturelle est ressenti comme normal et logique par l'être humain. Il en va de même si une plante ou un animal doit lutter pour survivre, sous peine d'être éliminé, tant que cela a lieu dans l'ordre naturel des choses et non à cause des comportements de l'être humain. La sélection naturelle est quelque chose que l'être humain admet parfaitement. Or, cette sélection naturelle ne s'opère pas seulement sur les végétaux et les animaux, mais aussi sur l'être humain lui-même. Elle se manifeste sur son corps en tant que sélection naturelle telle qu'on en parle en science, et sur son esprit en tant que jugement dernier. En effet, à la faveur du jugement, l'esprit subit une pression de sélection très forte à cause de l'accélération des retours karmiques, et il peut être éliminé s'il n'est pas vigilant.

Des jugements intermédiaires ont déjà eu lieu

L'adjectif dernier, dans l'expression «jugement dernier», montre qu'il s'agit d'un jugement ultime et définitif d'une série de jugements. Ce sera le dernier en date. Par conséquent, il y en a eu d'autres avant lui.

Quels sont donc ces autres jugements qui l'ont précédé et que l'on pourrait appeler jugements intermédiaires ? Il y en a eu plusieurs au cours de l'histoire de l'humanité. Leur existence confirme par conséquent qu'un jugement ultime est du domaine du possible. Le plus connu de ces jugements intermédiaires, qui effectua un tri provisoire parmi les êtres humains, est sans conteste le déluge auquel Noé et sa famille échappèrent.

La Bible relate l'événement de la manière suivante : «La pluie tomba sur la Terre pendant quarante jours et quarante nuits… Les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes… Tout ce qui se mouvait sur terre périt…» (Genèse 7-12,19,21)

Quelles étaient les raisons de ce jugement ? Il fut déclenché parce que «Le Seigneur vit que la méchanceté des hommes était grande sur la Terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal». (Genèse 6,5)

Le but du déluge n'était donc pas d'anéantir définitivement les êtres humains, mais, par leur mort terrestre, de mettre un terme à une évolution en commun se dirigeant dans une fausse direction. De cette manière, les esprits purent se réincarner ultérieurement et prendre un nouveau départ. En effet, après avoir reconnu leurs erreurs dans l'au-delà, ils revinrent grâce à la présence sur Terre des descendants des êtres humains ayant survécu au déluge, symbolisés dans le récit par Noé et sa famille.

Un autre de ces jugements intermédiaires nous fut relaté par Platon. Il concerne l'île de l'Atlantide, qui fut engloutie en un jour par un gigantesque cataclysme. «… il y eut des tremblements de terre et des inondations extraordinaires, et, dans l'espace d'un seul jour et d'une seule nuit néfaste… l'île de l'Atlantide, s'étant abîmée dans la mer, disparut…» (Timée 25,26)

D'après Platon, l'Atlantide était une île immense qui regorgeait de richesses et qui connut un essor et une prospérité inouïs. Aussi longtemps que les Atlantes obéirent aux lois et restèrent attachés aux principes divins, tout alla bien. Mais quand ils devinrent «incapables de supporter la prospérité… et furent infectés d'injustes convoitises et d'orgueil», les choses changèrent pour eux. «Alors, le dieu des dieux, Zeus, qui règne suivant les lois et qui peut discerner ces sortes de choses, s'apercevant du malheureux état d'une race qui avait été vertueuse, résolut de les châtier pour les rendre plus modérés et plus sages.» (Critias 120 a)

Ici aussi, une évolution vers la décadence est interrompue afin d'aider les esprits à prendre une autre direction. Citons encore l'exemple de Sodome et Gomorrhe, deux villes situées au bord de la Mer Morte et qui étaient connues pour la perversion de leurs habitants. Elles furent également détruites, mais cette fois pas par de l'eau ou des tremblements de terre. Au contraire, «L'Éternel fit pleuvoir du ciel sur Sodome et Gomorrhe du soufre et du feu… Il détruisit ces villes, toute la plaine et tous les habitants des villes, et les plantes de la terre». Abraham qui regardait depuis le lointain «… vit s'élever de la terre une fumée, comme la fumée d'une fournaise.» (Genèse 19, 24-27)

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal