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Le foie, un organe clé contre le cancer



Des thérapies très variées sont utilisées pour lutter contre le cancer. En dehors de celles qui visent à détruire la tumeur, un certain nombre d’entre elles ont pour but de stimuler le travail d’un organe ou d’un autre jugé important. Le plus souvent, il s’agit du système immunitaire. Curieusement, le foie n’est que rarement mentionné, alors que l’étude de son fonctionnement montre que, lorsqu’il est sain et fort, il peut aussi bien prévenir le cancer qu’aider à le guérir. En quoi le foie est-il un organe clé dans la lutte contre cette maladie de plus en plus répandue ?

Le cancer et ses causes

Le cancer est unanimement reconnu comme étant dû à des modifications des gènes responsables de la croissance et de la division des cellules. Suite à une mutation de leurs gènes, les cellules atteintes se multiplient de manière anarchique. En proliférant, elles forment des tumeurs dans les organes (les poumons, la prostate ...) ou envahissent le sang (leucémie). Il en résulte de graves troubles fonctionnels et lésionnels.

Les recherches ont montré que les principaux responsables de ces mutations génétiques étaient des substances toxiques. A cause de leur rôle dans la genèse du cancer, on les nomme des carcinogènes.

Les principaux carcinogènes sont:

  • Certains additifs alimentaires
  • Certains herbicides et autres produits de traitement des cultures
  • Les mycotoxines des moisissures se développant sur les graines
    de légumineuses et de céréales conservées de manière inadéquate
  • Les benzo-3-4-pyrène des aliments fumés (poisson, viande …)
  • Le goudron des aliments carbonisés lors de la cuisson
  • Les métaux lourds de la pollution
  • L’arsenic et le cyanure du tabac
  • etc.

Normalement, le système immunitaire d’un corps humain sain est capable de détruire de telles substances. Il ne peut cependant le faire que si celles-ci ne sont pas trop nombreuses. Sinon, il est débordé et ne peut pas accomplir sa tâche. Une partie des substances cancérigènes n’est alors pas neutralisée et gagne les cellules où elles agressent les gènes.

Une limitation importante du nombre de toxiques cancérigènes pénétrant dans les tissus peut toutefois être obtenue grâce au foie. En effet, la voie d’entrée principale des substances cancérigènes est le tube digestif, comme cela ressort de la liste des cancérigènes donnée ci-dessus. Ces substances sont absorbées au niveau des parois intestinales en même temps que les nutriments provenant des aliments. Elles pénètrent dans les capillaires sanguins qui tapissent les muqueuses intestinales. En se rejoignant, ces capillaires forment la veine porte qui se jette dans … le foie.

Le foie est donc le premier organe que rencontre le courant sanguin chargé de toxiques cancérigènes en provenance des intestins. Avant de gagner le reste du corps, ces substances doivent traverser le foie. Or, les capacités d’épuration et de détoxication du foie sont extrêmement puissantes.

Les fonctions d’épuration du foie

Le foie est avant tout connu pour son rôle au niveau digestif. En produisant la bile, il participe à la digestion des graisses. Il joue cependant aussi un rôle fondamental au niveau de la purification du sang. Il extrait les déchets et les poisons hors du sang, les neutralise et les rejette vers l’extérieur dilués dans la bile. Cette dernière est donc en même temps un suc digestif et un support pour l’élimination des déchets.

La détoxication par le foie se fait de deux manières différentes qui correspondent aux deux genres de cellules dont il est constitué : les hépatocytes (60% de la masse du foie) et les cellules de Kupffer (40%).

a) La détoxication par les hépatocytes

En entrant dans le foie, la veine porte se divise en une multitude de capillaires, les capillaires sinusoïdes. Chacun de ceux-ci est entouré sur toute sa longueur d’une couche d’hépatocytes.

L’épuration du sang par les hépatocytes est un travail actif. Contrairement aux reins, où le filtrage du sang a avant tout lieu grâce à la pression avec laquelle le sang traverse le filtre rénal, le foie travaille activement à capter les toxines et les toxiques. Ceux-ci entrent alors en contact avec les hépatocytes qui vont modifier leurs caractéristiques grâce à des processus de neutralisation et de désactivation. Les toxines et toxiques perdent alors leur nocivité et peuvent être éliminés sans danger.

Le travail de transformation et de neutralisation s’opère en deux phases. La première phase consiste avant tout à modifier les substances nocives.

Différents processus sont utilisés:

  • l’oxydation : combinaison de la substance avec de l’oxygène
  • la réduction : soustraction d’oxygène de la substance
  • l’hydrolyse : décomposition de la substance par fixation d’eau

Ces transformations ont lieu grâce à des enzymes que les hépatocytes contiennent en grand nombre. Un des enzymes le plus important est le cytochrome oxydase P 450.

Dans la deuxième phase, les substances nuisibles sont neutralisées et désactivées. Le processus utilisé est celui de la conjugaison, c’est-à-dire l’union de la toxine ou du toxique avec une autre molécule. Cette dernières possédant les caractéristiques nécessaires pour neutraliser les effets nocifs.

Différentes molécules peuvent être utilisées, la plus courante étant l’acide glucuronique. Les toxines et poisons ainsi neutralisés par les hépatocytes seront associés à d’autres substances pour constituer ensemble la bile.

Ainsi, en plus de leur travail d’élimination des toxines en général, les hépatocytes luttent contre le cancer en débarrassant le sang des substances cancérigènes qui s’y trouvent, puis en les neutralisant et les désactivant pour les rendre inoffensives.

b) La détoxication par les cellules de Kupffer

Les cellules de Kupffer ne sont pas fixes comme les hépatocytes, mais mobiles. Elles se trouvent dans le sang contenu dans les capillaires sinusoïdes. Elles sont donc en contact direct avec le sang qui arrive dans le foie, puisqu’elles baignent en lui.

Les cellules de Kupffer sont des macrophages, c’est-à-dire des cellules de grande dimension qui ont la capacité d’avaler et de digérer, et par là détruire, tout ce qui est nocif pour le corps. L’action des cellules de Kupffer porte sur

  • les substances chimiques indésirables : herbicides, polluants et substances cancérigènes
  • les cellules mortes ou malades, donc également les cellules cancéreuses
  • les microbes divers : virus, bactéries, parasites et levures

La « digestion » opérée par les cellules de Kupffer est un processus au cours duquel l’agresseur est détruit ou dissout à l’aide d’enzymes. Il est tué s’il s’agit de quelque chose de vivant (un microbe ou une cellule) ou dissout s’il s’agit de molécules ou de substances toxiques. Dans les deux cas, réduit en particules plus petites et inoffensives, l’agresseur a disparu. Le corps en est débarrassé.

Les cellules de Kupffer agissent donc aussi bien sur les substances cancérigènes susceptibles de déclencher un cancer que sur des cellules déjà cancéreuses transportées par le sang. Que celles-ci soient de toute façon présentes à ce niveau (leucémie) ou qu’elles ne font que passer à la faveur de leur migration d’une partie du corps à l’autre (métastases). A ces deux facteurs de lutte contre le cancer s’en ajoute un troisième : la destruction de virus, dont certains sont considérés comme capables d’engendrer des mutations génétiques génératrices de cancer. C’est donc une triple action contre le cancer. Mais cela, bien entendu, si le foie est sain et fort.

Il faut signaler ici que le foie n’est pas le seul organe éliminateur. Les reins, la peau, les intestins et les poumons sont les autres organes chargés de purifier le sang. Cette purification se fait cependant principalement sur les toxines, et très peu ou pas sur les toxiques. Les toxiques cancérigènes échappent donc à ces organes et ne seront ni éliminés ni neutralisés par eux. Contrairement à ces organes, le foie possède une capacité exceptionnelle de neutraliser des substances toxiques et cancérigènes, et cela principalement pas ses cellules de Kupffer.

Il existe dans l’organisme humain d’autres sortes de macrophages que les cellules de Kupffer. On en trouve dans la moelle osseuse, le cerveau, la rate, etc. Où qu’ils soient, ils appartiennent au système immunitaire qui protège le soi (le corps) du non soi (microbes, cellules cancéreuses, poisons …). Les cellules de Kupffer ne travaillent donc pas différemment des autres macrophages localisés dans les différents organes du corps. Il se trouve seulement qu’elles sont très nombreuses dans le foie, puisqu’elles constituent 40 % de sa masse et que le foie pèse 1,5 kg !

Cancer et terrain

Jusqu’ici, nous avons avant tout parlé des toxiques et des substances cancérigènes que le foie neutralise et élimine. Son action porte cependant aussi sur les simples déchets et résidus métaboliques, c’est-à-dire les toxines comme l’acide urique, l’urée, etc.

Le fonctionnement normal du corps génère des toxines. Cinq organes sont prévus pour les éliminer : le foie, les intestins, les reins, la peau et les poumons. Tant que ces organes fonctionnent correctement, les toxines sont évacuées au fur et à mesure qu’elles sont produites. En cas d’insuffisance fonctionnelle des émonctoires ou lorsqu’ils sont débordés par la quantité de toxines qui se présentent à eux, ils n’arrivent pas à toutes les éliminer. Celles-ci restent alors à l’intérieur de l’organisme, plus précisément dans le terrain. Ce dernier est l’environnement liquide dans lequel vivent les cellules. Il est composé du sang, de la lymphe et des sérums cellulaires, qui entourent et irriguent les cellules.

Une accumulation de toxines dans le terrain est considérée en médecine naturelle comme la nature profonde des maladies. Les toxines en effet gênent le fonctionnement des cellules, les agressent, les blessent et les enflamment. Il en résulte les maladies aiguës et chroniques que nous connaissons. Dans les cas les plus graves, les toxines de par leur masse et leur agressivité engendrent la mutation cancéreuse de certaines cellules. Une forte accumulation de toxines peut donc aboutir au même résultat que le contact des toxiques cancérigènes avec les cellules, à savoir le développement d’une tumeur.

En travaillant activement à débarrasser l’organisme des toxines en général, le foie contribue aussi à lutter contre le cancer. Il évite une dégradation du terrain favorisant le développement de tumeurs

L’effet curatif

Au début de cet article, il a été dit que le bon fonctionnement du foie avait non seulement une action préventive, mais également curative contre le cancer. En quoi consiste cette action curative ? S’il est logique qu’en neutralisant les substances cancérigènes et les toxines avant qu’elles atteignent les tissus, le foie empêche des mutations génétiques génératrices de cancer, comment peut-il agir une fois que la tumeur est déjà présente ? Comment le foie, qui est à distance de la tumeur, pourrait-il amener la régression et la disparition de celle-ci ?

Son action curative est double.

Le développement d’une tumeur n’est pas un processus régulier et continu. Il ralentit ou s’accélère selon l’état général du malade, autrement dit selon l’état de son terrain. C’est un fait d’observation courant que des abus alimentaires, des mauvaises nouvelles et la fatigue conduisent à une dégradation du terrain et par là, favorisent le développement de la tumeur. A l’inverse, le respect d’une hygiène de vie saine et des bonnes nouvelles qui réjouissent le malade sont des facteurs qui bonifient le terrain et freinent ou interrompent le développement de la tumeur. Ainsi, plus il y a des toxines et des toxiques dans le corps, plus la tumeur grandit. Or, en rétablissant le bon fonctionnement du foie d’un cancéreux, on diminue le taux de toxines et toxiques, ce qui a une action freinatrice sur le développement de la tumeur. Cette action n’est pas directe. Le foie ne sécrète pas quelque chose qui agit sur les cellules cancéreuses, mais il agit indirectement, par le biais du terrain.

La situation est la même que celle qui a cours pour la multiplication des microbes dans notre organisme. Plus le terrain se dégrade, plus les microbes se multiplient. A l’inverse, moins il y a des toxines dans le corps, moins l’infection peut se développer, car un terrain sain et propre est un environnement défavorable aux microbes. Ainsi, en paraphrasant l’adage « le microbe n’est rien, le terrain est tout », on peut dire que « le tumeur n’est rien, le terrain est tout ». Or, le foie est un organe essentiel à la conservation d’un terrain sain, c’est-à-dire réfractaire à l’apparition d’une tumeur.

Le deuxième bienfait d’un assainissement du foie en cas de cancer est que les substances toxiques et cancérigènes, déjà présentes ou qui arrivent encore, sont neutralisées par lui. Cela dispense le système immunitaire de devoir les neutraliser lui-même ce qui lui permet de concentrer toutes ses forces sur la destruction des cellules cancéreuses. L’action du foie est indirecte ici aussi, mais effective.

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Par ses facultés, le foie est véritablement un organe-clé dans la lutte contre le cancer. Cela ne signifie pas que le travail thérapeutique sur le foie soit le seul à effectuer. Ce travail devrait cependant être introduit dans tous les cas de cancer et y occuper une place importante. Il est d’autant plus recommandé qu’un traitement du foie (à l’aide de plantes médicinales, de diète et de compléments nutritionnels naturels) est sans effet secondaire et est facile à appliquer.

Christopher Vasey

Pour en savoir plus sur le foie: Christopher Vasey Je détoxique mon foie, c’est parti !, éditions Jouvence