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Le culte des idoles, stars et vedettes



Régulièrement des politiciens, des chanteurs ou des acteurs sortent de l’anonymat et sont élevés au rang de vedettes, stars ou idoles. L’admiration qui leur est portée est telle, qu’ils acquièrent un ascendant énorme sur la foule. Comment cet ascendant s’obtient-il ? Quels sont les phénomènes, en partie invisibles, qui entrent en jeu ?

La puissance de la foule

Au cours d’une manifestation politique, un orateur monte sur un podium, empoigne un microphone et s’adresse à la foule. Celle-ci, d’abord dans l’expectative, se met à opiner de la tête, applaudit, puis s’enflamme et finalement se lève pour crier avec enthousiasme son approbation. Le courant passe parfois si bien entre le public et l’orateur, que celui-ci, ayant mis tout le monde «dans sa poche», devient capable de diriger la foule à sa guise... pour le meilleur ou le pire, ainsi que l’histoire nous l’apprend. De la multitude des caractères et des opinions des auditeurs, il ne reste rien. Comme par enchantement, la foule s’est levée comme un seul homme !

Comment une telle chose est-elle possible ? Habituellement, on pense que l’orateur possède des qualités qui surpassent celles de la foule. En réalité, sa puissance propre n’est pas égale ou supérieure à celle de ses auditeurs réunis. S’il domine la foule, c’est qu’il utilise - le plus souvent inconsciemment - la force même de ses auditeurs pour arriver à ses fins. Le procédé s’explique facilement si l’on tient compte de la notion de formes-pensées.

Les pensées sont généralement considérées comme étant matériellement inexistantes, puisqu’elles ne peuvent être ni vues, ni touchées, ici sur terre. Or, au niveau de la matière subtile de l’au-delà, chaque pensée prend une forme sitôt qu’elle a été émise. Cette forme correspond au contenu de la pensée et acquiert une force d’autant plus grande que la pensée est ressentie avec intensité, mais qu’elle est également entretenue.

La forme d’une pensée émise superficiellement disparaît donc rapidement faute d’être alimentée. A l’inverse, une pensée qui revient souvent et qui est nourrie d’émotion et de sentiments deviendra une forme-pensée puissante. Celle-ci influencera inconsciemment l’entourage, mais aussi la personne qui l’a émise puisque cette dernière reste liée à sa production.

Les formes-pensées ne restent cependant pas isolées. A cause de la loi de l’attraction des affinités, elles se regroupent par affinité de genre en une centrale de pensées. La puissance d’une centrale de pensées est souvent énorme, puisqu’elle regroupe l’ensemble des formes-pensées individuelles similaires. Elle le sera d’ailleurs d’autant plus que le nombre de personnes qui l’entretiennent est élevé et que les sentiments qu’ils y mettent sont forts.

Au cours d’une harangue, le tribun ne crée par conséquent pas tout seul une centrale de pensées aux forces gigantesques, mais c’est en parlant avec conviction et force, en lançant un mot d’ordre, en le martelant dans la tête de ses auditeurs et en renforçant leur enthousiasme que la puissante centrale de pensées se forme. Dans certains cas, l’influence de celle-ci devient alors tellement importante qu’elle poussera à accomplir des actes, que ses exécutants pris individuellement ne commettraient jamais.

C’est donc la puissance du nombre qui, judicieusement exploitée, permet à l’individu d’augmenter son propre ascendant sur la foule.

Les mêmes mécanismes sont mis en œuvre pour «créer» des vedettes.

Comment devient-on une vedette ?

Dans le cas des vedettes de la chanson, du cinéma, du sport ou de la mode, la focalisation des pensées n’est pas dirigée sur un idéal politique, mais sur une personne. Cette focalisation est la conséquence naturelle du succès d’une vedette ou au contraire émane d’une démarche consciente dont le but est la promotion artificielle d'une vedette. En simplifiant, on distingue ainsi deux sortes de vedettes.

Les premières sont des vedettes qui par le talent qu’elles déploient dans leur activités professionnelles se sont peu à peu acquises une grande notoriété. Elles sont en conséquence devenues célèbres parce qu’elles ont montré tout au long de leur carrière les qualités pour lesquelles elles sont respectées et admirées. La centrale de pensées autour de leur célébrité s’est ainsi progressivement formée par l’addition de leurs succès et par les vagues d’enthousiasme qu’elles ont régulièrement réveillées dans le public au fur et à mesure du déroulement de leur carrière.

Il en va différemment avec le deuxième genre de vedettes. Dans ce cas, la centrale de pensées n’accompagne ou ne suit pas le développement de la carrière, mais en quelque sorte la précède. L’artiste devient une vedette moins à cause de sa valeur intrinsèque que de l’image qui est intentionnellement donnée de lui. Il s’agit de vedettes projetées artificiellement sur scène à des fins commerciales ou, pour le moins, dont l’image de star est consciemment entretenue par des campagnes de marketing très intenses.

Ces méthodes sont relativement courantes de nos jours. Elles sont d’ailleurs beaucoup plus faciles à réaliser aujourd’hui que dans le passé. En effet, les moyens permettant de toucher le public et de lui rappeler l’existence et l’image de la vedette, sont nombreux ; émissions de télévision, journaux, magazines, affiches publicitaires, films, vidéos, etc. offrent des occasions répétées d’entretenir ou de ranimer l’engouement du public.

Bien sûr, l’image qui est donnée doit toucher le public, sinon celui-ci ne s’y intéresserait pas et la centrale de pensées ne serait pas entretenue par un apport de force. Souvent, l’image répond à un besoin, correspond à un idéal ou à un rêve, comble une aspiration.

Elle ne sera pas nécessairement séduisante. Elle l’est le plus souvent - les vedettes sont des personnes généralement attrayantes et à qui tout réussit - mais pas obligatoirement. Certaines vedettes ou idoles des jeunes incarnent le révolté et le déviant, et deviennent les vedettes de toutes les personnes révoltées comme elles, ou qui aspirent à l’être.

Quel que soit le cheminement suivi, les vedettes qui réussissent à s’entourer de cette «aura» que leur confère une puissante centrale de pensées sont élevées au-dessus de leurs semblables. Les mots que l’on utilise pour les désigner traduisent bien la réalité des faits : la star brille au-dessus d'une certaine masse de fans comme une étoile et l'idole est vénérée comme l'étaient dans le temps les idoles religieuses.

Le deux faces de la médaille

Si tant est qu'une centrale de pensées puisse aider une personne à devenir une grande vedette et lui apporter le succès, elle est aussi à même de lui procurer bien des problèmes. En effet, l’image que véhicule une centrale de pensées régulièrement entretenue par des milliers ou des millions d’admirateurs est très forte. Elle exerce une pression importante sur la vedette et l’influence de manière constructive ou non, selon le cas.

Si l’image d’une centrale de pensées s’est formée au fur et à mesure de la carrière d’une vedette, l’image correspondra en grande partie aux caractéristiques profondes de cette dernière. Le plus souvent, celle-ci ressentira cette pression et cet apport de force de manière bénéfique car ils la soutiendront dans ses efforts et renforceront ses potentialités. A l'inverse, si l’image a été artificiellement créée, elle sera en partie ressentie comme étrangère par la vedette qui ne pourra s’identifier complètement avec elle. Celle-ci se sentira alors limitée par cette image, comme bloquée dans une sorte de moule qui l’oppressera et dont elle aura toutes les peines à se libérer. En effet, l’apport constant de nouvelles forces générées par les admirateurs, la maintient sous la pression de la forme et la pousse à agir en fonction de cette image.

Beaucoup d'exemples montrent que des vedettes ont souffert toute leur vie de ne pas pouvoir sortir du rôle d’un personnage à succès qu’elles incarnèrent au début de leur carrière. D’autres eurent toutes les peines à rester elles-mêmes et ne pas être écrasées par l’image que l’on souhaitait qu’elles donnent.

Prisonnières de l’image qu’elles avaient voulu donner d’elles-mêmes, ces vedettes passent de la personne qui dirige la foule, à celle que la foule dirige !

Cependant, l’influence négative que déploie une centrale de pensées ne s’exerce pas seulement sur la vedette, elle peut aussi toucher ses admirateurs. Ceux-ci sont en effet branchés sur la centrale de leur idole. Mais «être branché », comme le dit très justement l’expression populaire, c’est être relié à la centrale. Celle-ci peut ainsi non seulement être alimentée par les admirateurs, mais également déverser sur eux ce qu’elle a à leur offrir.

C’est ainsi que les admirateurs les plus sensibles subissent une forte influence de la part de cette centrale et perdent une partie de leur indépendance et de leur liberté de décision. Chez certains l’influence est si grande qu’ils finissent par entrer dans le moule de la vedette : ils s’habillent et se coiffent comme elle, se tiennent avec les mêmes postures, utilisent les mêmes expressions, manifestent les mêmes tics, etc. Cette identification leur fait malheureusement perdre une partie de leur personnalité, car au lieu d’utiliser leur libre arbitre pour développer la leur, ils ne font que copier celle de quelqu’un d’autre.

Pourquoi le besoin d’idoles ?

Le but de l’existence est pour chaque être humain de développer les facultés qui reposent dans son esprit et, en devenant ainsi de plus en plus conscient, de retourner dans son plan d’origine, le paradis. Cette progression de l’inconscience vers le plus de conscience implique inévitablement que, pour progresser, celui qui est moins conscient a besoin de l'exemple de celui qui est plus conscient. Ce dernier sert de modèle et aide à réveiller les facultés encore endormies.

L’imitation n’est cependant légitime qu’au début de l’évolution des esprits humains, jusqu'à ce que ceux-ci deviennent conscients d’eux-mêmes. A partir de ce moment là, pouvant exercer pleinement leur libre arbitre, non seulement ils peuvent, mais aussi ils doivent décider par eux-mêmes des formes qu’ils veulent donner à leur évolution.

En développant ses potentialités d’une manière qui lui est propre, chaque individu enrichit l’humanité. La richesse de celle-ci ne résulte en effet pas de l’uniformité, mais des apports variés que chaque membre peut amener à la communauté.

Ce qui vient d’être dit, et qui a lieu constamment et à différents échelons dans l’évolution de l’humanité, se retrouve en petit au cours de la vie humaine. L’enfant - qui n’a pas encore la capacité d'exercer son libre arbitre - est pourvu du don d’imitation pour évoluer. C’est en prenant comme modèles ses parents ou son entourage qu’il apprend et progresse. A la fin de l’adolescence par contre, l’imitation devrait nécessairement cesser. Pourvu du libre arbitre qui apparaît à l’âge de la maturité, le jeune adulte peut et doit décider ce qu’il veut faire de lui-même et faire les efforts nécessaires pour le réaliser. Certes il s’inspirera des exemples qui l’entourent, mais ne pourra pas se contenter de les imiter.

Or, en faisant d’un artiste une idole, les admirateurs les plus fervents : les fans (du mot fanatique), se dispensent aussi bien de décider pour eux-mêmes que de faire les efforts nécessaires à leur évolution. Le plus souvent, ils vont en effet vivre par procuration. S’identifiant plus ou moins étroitement avec leur idole, ils projettent sur elle leurs aspirations et acquièrent l’impression d’évoluer à travers ses progrès à elle. Pour certains, les hauts et les bas de l’existence de leur idole finissent même par revêtir plus d’importance que ceux de leur propre vie.

De nos jours, n'ayant pas de buts spirituels, beaucoup de gens reportent l'aspiration à ce qui est plus élevé et qui repose en eux sur des choses matérielles, comme des idoles ou des dieux qu'ils ont forgés eux-mêmes. Or, s’il est légitime d’apprécier une personnalité ou une autre pour ce qu’elle a à nous offrir dans le cadre de son activité, il est par contre erroné d’en faire un demi-dieu. Non seulement, cela risque de bloquer les admirateurs dans leur évolution, mais cela a aussi tendance à uniformiser les individus plutôt qu'à les rendre différents. De plus, la vénération des dieux de la scène, de l’écran, du sport, etc. est mal placée, car la vénération ne devrait porter que sur ce qui est parfait et qui peut réveiller en nous les intuitions les plus élevées. C’est ce que nous rappelle le Premier Commandement : «Je suis le Seigneur ton Dieu, tu n’aura pas d’autres dieux devant ma face». 

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal