christopher vasey naturopathe
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La marche de la fièvre



La fièvre passe par trois étapes principales qui se distinguent nettement les unes des autres par les phénomènes qui s’y déroulent. Il s’agit de la période de début ou montée de la fièvre, la période d’état dans laquelle la fièvre atteint son pic, la période de terminaison qui est caractérisée par la chute de la température.

1. La période de début

Les microbes responsables d’une infection pénètrent généralement en petit nombre dans le corps. Les méfaits qu’ils peuvent causer à ce stade sont minimes. Ce n’est qu’en se multipliant qu’ils deviennent dangereux par les dégâts qu’ils occasionnent. Or, la multiplication des microbes est un processus qui s’étend dans la durée : d’abord lent, il devient de plus en plus rapide au fur et à mesure que le nombre de microbes pouvant donner des descendants augmente. La fièvre peut ainsi prendre plusieurs heures ou jours pour monter.

L’agression des tissus par les microbes et l’empoisonnement du terrain par les déchets qu’ils rejettent ne se fait que progressivement. C’est pourquoi un travail de neutralisation de destruction et d’élimination ne se met en place que peu à peu.

Au début, les réactions de défenses ne sont ni spécifiques ni localisées, mais générales. Les différents systèmes de défense ne sont sollicités que par degré. Les défenses ont un caractère général, car le corps a certes repéré une infection, mais les globules blancs n’ont pas encore déterminé la nature exacte de l’agresseur ni les moyens particuliers d’y réagir.

A ce stade de la maladie, les symptômes sont par conséquent également généraux. Le malade est envahi par une sensation de malaise ou de mal-être global. Il ressent des douleurs diffuses dans tous ses membres. Selon les cas, un sentiment d’agitation ou d’abattement le prend. Une sensation de froid, de « mal à la peau », accompagnée de frissons le parcourt également.

2. Période d’état

Après s’être mises en marche et s’être progressivement intensifiées, les défenses de l’organisme atteignent leur maximum. Elles fonctionnent à haut régime. Elles ont identifiée l’agresseur et produits les défenseurs nécessaires à sa destruction. L’intensification générale de la circulation sanguine, de la respiration, de la combustion de déchets, de leur élimination produit une augmentation très nette de la température corporelle. La fièvre atteint le malade avec force. Elle s’élève vivement pour atteindre ses plus hauts pics. Entrecoupée de moment de remissions, pendant lesquels la température descendra momentanément pour remonter ensuite, elle durera jusqu’à ce que le but de la fièvre soit atteint.

Ce but consiste à détruire ce qui met en danger l’intégrité corporelle. Ce sont les microbes qui doivent être tués et leur cadavre éliminés. Ce sont les toxines microbiennes à neutraliser et évacuer. Ce sont également les déchets et résidus de l’organisme lui-même, qui, parce qu’ils dégradent l’état du terrain et le rend réceptif à l’infection, devront également être rejetés hors du corps. Lorsque la fièvre est causée par un empoisonnement par des produits chimiques, du venin, etc. , ce sont les poisons qui doivent être neutralisés et éliminés.

L’élimination de toutes les substances indésirables doit cependant être précédée d’une préparation. Elles sont encore trop « crues » pour être évacuées, pour reprendre les termes d’Hippocrate, et doivent encore subir la « coction » de la fièvre. En les « cuisant », celle-ci leur ôte leur « crudité » et facilite leur élimination.

Cette deuxième phase de la fièvre est donc caractérisée par un intense travail de neutralisation et de dégradation des poisons, mais sans qu’une élimination de ceux-ci ne prenne encore vraiment place.

A cause de la toxicité des poisons, l’organisme retient le maximum d’eau. Il cherche à déconcentrer les liquides organiques dans lesquels ils se trouvent, afin d’en diminuer l’agressivité pour les tissus et les organes. Le malade élimine par conséquent peu. Ses urines sont rares et il ne transpire pas encore ou que très peu.

3. Période de terminaison

Cette période est caractérisée par de fortes éliminations et la baisse de la fièvre. La neutralisation des microbes et la « coction » des poisons et toxines s’étant achevées dans l’étape précédente, les éliminations peuvent débuter. L’évacuation des cadavres microbiens et des substances nuisibles se fait par les émonctoires. Ce sont donc les voies de sortie habituelles qui sont utilisées. Ce qui change par rapport aux éliminations usuelles, ce sont l’intensité de celles-ci. C’est quelque chose de très visible et spectaculaire. Cela peut même être assez inquiétant car le corps se débarrasse violemment et en un court laps de temps de grandes quantités de poisons.

Les fonctions émonctorielles qui jusque là avaient été mises en veilleuse se réveillent soudain et fonctionnent avec force. Tous les émonctoires sont sollicités, certains plus que d’autres selon les besoins ou la maladie en question.

L’élimination la plus typique sont les sueurs abondantes qui s’échappent d’un malade. Leur volume peut tripler ou quadrupler par rapport à la normale. Elles passent de un peu moins de 1 litre par jour à 3 ou 4 litres, voire plus. Le malade se retrouve trempé dans son lit. L’eau qui avait été retenue jusqu’à présent dans les tissus pour diluer les toxines quitte l’organisme chargée de déchets.

La peau est souvent le siège d’éruptions cutanées touchant l’ensemble de sa surface. Les exemples les plus spectaculaires de ces éliminations nous sont donnés par les maladies d’enfance. Lors d’une rougeole, de varicelle, etc. les enfants se couvrent d’éruptions ou de boutons. Les glandes sudoripares ou sébacées se sont congestionnées sous l’afflux des déchets et il se forme des boutons et des rougeurs.

Les liquides retenus dans les tissus remontent également chargés de déchets en direction du système urinaire. Les reins épurent activement le sang. Le besoin d’uriner se manifeste plus souvent et les urines sont abondantes et très chargées.

Dans cette période de grande exubérance émonctorielle, le tube digestif est également sollicité. D’une part, une désassimilation des toxines a lieu à travers ses muqueuses. Les déchets présents dans le corps sont rejetés dans le tube digestif. Cette désassimilation ne peut s’observer qu’au niveau de la bouche. La langue se couvre d’un enduit blanc. D’autre part, les secrétions des glandes salivaires, de l’estomac, du foie, etc. transportent avec eux, non seulement des sucs digestif mais de nombreuses toxines. On peut le constater au niveau de la salive dont le goût est modifié. Ces déchets sont ensuite évacués hors du corps par les selles.

Des évacuations rapides et abondantes de toxines ont parfois également lieu vers le haut du tube digestif (vomissement) ou vers le bas (diarrhée).

Les voies respiratoires participent aussi au grand nettoyage. L’haleine prend une mauvaise odeur à cause des gaz exhalés. Les glaires formés par les déchets sont toussés ou expectorés hors de l’organisme, parfois en quantités impressionnantes.

En remontant des profondeurs pour être transportés vers les émonctoires, les poisons et les toxines pénètrent nécessairement dans le sang, dont il modifie fortement la composition. Ce n’est plus un sang pur et bien oxygéné qui circule, mais un sang surchargé de produits toxiques. Cela n’est pas sans effet sur le malade. Celui-ci peut ressentir des malaises, une forte agitation, de l’anxiété. Le cœur se met à battre de manière erratique et la respiration peut devenir difficile.

Les malaises et l’inconfort de cette période de crise ne durent cependant pas. Ils sont assez vite remplacés par un état de détente et de bien-être. L’avalanche de toxines qui a quitté le corps est maintenant passée. Le terrain étant à nouveau plus propre et les microbes tués, le malade se sent brusquement mieux. Les réactions de défense s’apaisent, ce dont témoigne la chute de la fièvre.
Dans certains cas, la phase intense des éliminations termine réellement la maladie. Le malade n’a plus qu’à faire quelques jours de convalescence pour retrouver toutes ses forces. Dans d’autres cas, une ou plusieurs phase de coction puis d’élimination s’enchaînent jusqu’à ce que le terrain soit suffisamment nettoyé.

Christopher Vasey