christopher vasey naturopathe
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L'impression de déjà-vu,
souvenirs d'incarnations précédentes ?



Bien qu'elles soient confrontées pour la première fois à un lieu, une maison ou un paysage, certaines personnes sont sûres de déjà les connaître. Cette sensation peut aussi survenir entre deux personnes. Elles ont l'impression de se connaître depuis toujours alors qu'elles viennent de se rencontrer pour la première fois.

Comment expliquer cette grande familiarité, si ce n'est par la réincarnation ? Ce que l'esprit a vécu dans ses vies antérieures est profondément enfoui en lui. Il ne le perd pas en s'incarnant dans un nouveau corps. Ce vécu transparaît alors parfois lorsqu'il est confronté à des lieux et des gens connus dans des vies précédentes.


De quoi s'agit-il ?

L'impression de déjà-vu surgit parfois chez quelqu'un qui visite une ville ou une région qui lui est inconnue. Bien qu'il s'y promène pour la première fois, il en reconnaît différents éléments, si bien qu'elle lui paraît très familière. Il lui semble l'avoir déjà vue, quand bien même il ne l'a jamais visitée auparavant, dans cette vie tout au moins.

En déambulant dans les rues, il ne sera pas surpris de voir tel ou tel monument ancien, car il le connaît. Il l'a déjà vu, il sait qu'il se trouve là. Il connaît son aspect, il ne fait que le redécouvrir. La plongée dans ce déjà-vu, dans ce savoir ancien brusquement remonté à la surface, permet même parfois à la personne de pressentir à l'avance ce qu'elle va trouver plus loin sur le trajet de sa promenade. Par exemple, elle sait qu'une grande place se trouve à l'arrière du bâtiment devant lequel elle se tient et qui par conséquent lui en cache la vue ; que le hall d'entrée du bâtiment dans lequel elle n'a pas encore pénétré a telle ou telle disposition.

Cette impression de déjà-vu se distingue d'un autre phénomène que l'on peut appeler sentiment de déjà-vu et déjà-fait qui relève d'un dysfonctionnement du cerveau. Cette perception faussée de la réalité est décrite de la manière suivante par le philosophe Bergson : «Brusquement, tandis qu'on assiste à un spectacle ou qu'on prend part à un entretien, la conviction surgit qu'on a déjà vu ce qu'on voit, déjà entendu ce qu'on entend, déjà prononcé les phrases qu'on prononce – qu'on était là, à la même place, dans les mêmes dispositions, sentant, percevant, pensant et voulant les mêmes choses – enfin qu'on revit jusque dans les moindres détails quelques instants de sa vie passée.» (L'énergie spirituelle, éditions PUF, 1993) Cette sensation d'évidence et d'inévitabilité de tout ce qui se passe résulte d'une superposition au niveau cérébral du souvenir du vécu et du vécu lui-même.

Normalement, le souvenir vient toujours après le vécu, ici il est présent en même temps. Cet état survient chez des personnes atteintes de maladies psychiques ou chez des drogués. Le phénomène peut également survenir lors d'une période d'épuisement ou à la suite d'un grand ébranlement intérieur. Il s'agit cependant d'autre chose que l'impression du déjà-vu dont il était question plus haut. D'une part, parce que l'événement qui fait l'objet des «souvenirs» appartient à la même vie, et d'autre part parce que c'est le vécu dans sa totalité, c'est-à-dire les pensées, paroles et actes, qui est ressenti comme déjà vécu, et pas seulement ce qui est «vu».

Lamartine en Orient

Le poète Alphonse de Lamartine (1790-1869) a donné un témoignage impressionnant de sensation de déjà-vu dans son livre «Voyage en Orient» : «Je n'avais, en Judée ni Bible ni voyage (guide) à la main ; personne pour me donner le nom des lieux et le nom antique des vallées et des montagnes ; pourtant je reconnus tout de suite la vallée de Térébinthe et le champ de bataille de Saül. Quand nous fûmes au couvent, les Pères me confirmèrent l'exactitude de mes prévisions ; mes compagnons ne pouvaient le croire… Le lendemain, au pied d'une montagne aride, je reconnus le tombeau des Macchabées et je disais vrai sans le savoir. Excepté les vallées du Liban… je n'ai presque jamais rencontré en Judée un lieu ou une chose qui ne fût pour moi comme un souvenir. Avons-nous donc vécu deux fois ou mille fois ?» L'impression de déjà-vu de Lamartine a ceci de particulier qu'elle est doublée d'un souvenir précis des noms de lieux, ce qui est rare. Ce qui a été dit à propos de la sensation de déjà-vu fera peut-être penser pour certains lecteurs à l'histoire de la madeleine de Proust. Le célèbre écrivain français (1871-1922) raconte comment le goût que lui procura un petit gâteau trempé dans son thé lorsqu'il était un jeune adulte, le replongea dans son enfance et fit surgir en lui mille souvenirs de ce temps heureux où enfant, il recevait pour ses quatre-heures une madeleine qu'il savourait après l'avoir plongée dans son thé. Le processus est très similaire à la sensation du déjà-vu, mais il s'en distingue par le fait que ce dont on se souvient a eu lieu dans la même vie.

Biographie et «déjà-vu»

Toujours en relation avec l'impression de déjà-vu, il faut signaler que lors de la rédaction d'une biographie, certains écrivains se plongent si complètement et si intensément dans l'époque où vivait le personnage qui fait l'objet de la biographie, qu'ils finissent par croire qu'ils la voient réellement, qu'ils peuvent visiter les lieux qu'ils décrivent et participer aux événements qui s'y sont déroulés. Ils se retrouvent dans un autre siècle et s'y sentent parfaitement à l'aise. Ils s'y déplacent avec facilité et sûreté. La connaissance profonde qu'ils acquièrent de l'époque donne une vie et une authenticité à leur récit, même dans les petits détails, qui dépassent tout ce qu'une étude livresque aurait pu fournir. Il se pourrait ainsi que certaines biographies qui se distinguent nettement des autres par leur authenticité et leur puissance aient été écrites par des gens qui ont vécu à l'époque en question, qui étaient dans le proche entourage du héros, ou ce héros lui-même, et ne font que transcrire des souvenirs enfouis en eux.

Connaissances anciennes

L'impression de déjà connaître quelqu'un est très proche de la sensation de déjà-vu.

Il est probablement arrivé à tout le monde de rencontrer quelqu'un pour la première fois et d'avoir très vite l'impression de le connaître depuis longtemps. Une entente profonde s'établit sans effort. Tout de suite le courant passe, on est en terrain familier. Chacun comprend parfaitement l'autre : on semble être entre vieilles connaissances.

Comment expliquer un tel fait si ce n'est que les deux personnes se connaissaient déjà dans une autre vie et se retrouvent, mais sans se reconnaître.

Cette sensation toute particulière d'être en présence d'une ancienne connaissance, le poète allemand Johann Wolfgang von Goethe l'a vécue avec Charlotte von Stein qui devint sa confidente. Il l'exprima dans les vers suivants : «Dis, qu'est-ce que le destin nous a réservé / Dis, pourquoi nous a-t-il liés si étroitement ?

Ah ! tu as dû être dans les temps anciens / Ou ma sœur ou ma femme.»

Théophile Gauthier (1811 – 1872) en a aussi parlé dans un poème au titre des plus évocateurs : «Affinités secrètes». C'est parce que l'on s'est connu dans une vie antérieure, écrit-il, «Que naissent ces sympathies… par qui les âmes… se reconnaissent…»

Les faits de la vie quotidienne sont des aides, comme ceux concernant l'impression de déjà-vu.

S'il ne les rejette pas, sous prétexte que ce ne sont que fantaisies, mais qu'il cherche à les comprendre, l'homme en arrive à la conviction qu'il n'est pas qu'un corps, mais un esprit incarné dans un corps, et que cet esprit a déjà vécu sur Terre. De nouveaux horizons s'ouvrent alors à lui.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal