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L'étoile de Bethléem a-t-elle vraiment existé ?



Au-dessus de l'étable où naquit Jésus, le Fils de Dieu, les hommes purent observer un phénomène céleste sortant de l'ordinaire : une étoile, qui se distinguait nettement des autres astres et brillait d'un éclat tout particulier. Cette étoile fut également vue par des rois d'Orient et les incita à entreprendre le long voyage jusqu'à Bethléem. Cette étoile a-t-elle vraiment existé ? Avait-elle une signification en relation avec la naissance de Jésus ?

Les événements concernant la vie de Jésus nous sont connus grâce aux quatre évangiles. Ceux qui ont trait à l'apparition de l'étoile ne figurent cependant que dans l'évangile de Matthieu. Dans les traditions qui en sont résultées, bien des légendes sont venues se tisser avec le temps sur les faits et gestes des rois, sur l'étoile et la crèche. Ainsi, ce qui est transmis aujourd'hui s'écarte du récit originel de Matthieu. Il n'est donc pas inutile de se pencher à nouveau sur les quelques paragraphes qui le constituent, pour restituer la source sur laquelle tout s'appuie.


L'observation des astres

Il y a 2 000 ans, on observait beaucoup plus la voûte étoilée que de nos jours. Dans tout l'Orient, des mages, c'est-à-dire des prêtres-astrologues scrutaient chaque nuit le ciel pour y observer la marche des astres. La raison de cet intérêt résidait dans la croyance que la progression des corps célestes était révélatrice du déroulement des événements sur Terre. D'où tous les efforts déployés pour interpréter ces mouvements, prédire le cours des choses et choisir des moments propices pour entreprendre de grands projets.

La marche régulière des astres était parfois interrompue par un phénomène rare, une éclipse par exemple, qui semblait alors défier l'ordre naturel des choses et annoncer un événement sortant de l'ordinaire. Plus exceptionnelle et plus bouleversante était l'apparition d'une étoile nouvelle, comme ce fut le cas à la naissance de Jésus.

Du jour au lendemain, cette étoile était apparue dans le ciel. Un jour elle n'était pas là, le lendemain elle était présente. Cela tenait du miraculeux. Une telle chose n'était possible qu'à Dieu. Il créait spécialement cette étoile pour annoncer quelque chose aux hommes et tout naturellement, cette chose sortait complètement de l'ordinaire.

C'est en tout cas ce que les trois rois pensaient, eux qui sitôt arrivés à Jérusalem déclarèrent : «Où est le rois des juifs qui vient de naître, car nous avons vu son étoile» (Matthieu 2,2). Cela ressort aussi d'un témoignage de l'époque, cité par Chalcidius, un philosophe grec du début du 4e siècle : «On avait vu une étoile apparaître non pour menacer les hommes de maladie et de mort, mais pour leur annoncer qu'une divinité digne du plus grand respect était descendue du ciel pour le salut et le bonheur de l'humanité.»

Que l'apparition d'une nouvelle étoile puisse avoir une signification particulière est encore relativement facile à admettre. Par contre, comment les gens de l'époque ont-ils pu savoir si précisément ce que cette étoile annonçait ?

Le message de l'étoile

La raison d'être de l'étoile a pu être découverte de différentes manières.

L'une d'entre elles est que des prophéties, connues à l'époque, mentionnaient expressément l'apparition d'une nouvelle étoile comme étant le signe que Celui qui avait été envoyé par Dieu pour sauver Israël était né. L'étoile nouvelle et si brillante, vue dans le ciel par les rois, aurait alors été tout de suite reliée à la prophétie et interprétée dans ce sens. Il est également possible que des astrologues inspirés en aient révélé le sens. Le travail qu'accomplissent quotidiennement les astrologues, dont les trois rois aussi appelés mages faisaient peut-être partie, consiste à interpréter les événements terrestres présents et à venir, en fonction de la position des planètes et des astres dans le ciel. En sachant où se situait l'étoile dans le ciel, ils ont pu trouver la signification de l'événement en cours.

Le plus probable cependant est que les trois rois aient été inspirés, autrement dit qu'ils aient reçu l'information sous forme d'intuition, de prémonition ou encore lors d'un rêve. Cette manière de recevoir des informations peut paraître étrange et peu crédible à l'homme du 21e siècle, mais elle est une faculté qui découle de l'origine spirituelle de l'être humain. Son moi véritable est esprit, pris dans le sens d'âme (et non de cerveau). Étant originaire du plan spirituel, l'esprit est capable de recevoir des informations provenant des plans supérieurs de la Création. Ces informations sont d'un genre beaucoup plus fin et éthéré que celles qui sont transmises au niveau terrestre par la parole, l'écriture et les actes, mais elles n'en existent pas moins. La finesse de réception des facultés intuitives rend l'esprit capable de les capter.

L'envoi d'informations depuis les hauteurs jusque sur Terre n'est pas quelque chose qui a lieu en permanence, mais la grandeur de l'événement à venir, la naissance de Jésus, le justifiait. D'autant plus que les trois rois avaient une mission à accomplir en relation avec la venue de Jésus sur Terre. La possibilité de recevoir des messages de la manière décrite à l'instant ne doit pas être rejetée comme peu sérieuse. C'est expressément un tel moyen de communication qui est décrit dans la Bible comme étant celui utilisé pour mettre en garde les trois rois de ne pas retourner chez Hérode après avoir trouvé l'enfant : «Puis, divinement avertis en songe…» (Matthieu 2,12)

Quel qu'ait été le moyen, ou la conjugaison de moyens, qui permit aux trois rois, chacun pour soi, de découvrir la signification de l'étoile, ils se rendirent depuis leur royaume respectif jusqu'à Jérusalem.

L'étoile a-t-elle vraiment existé ?

Un certain nombre d'invraisemblances dans le récit biblique ont fait douter de l'existence de l'étoile. La première est qu'elle ne semble pas visible pour tout le monde. Les trois rois ont été témoins de son apparition, mais à Jérusalem, personne ne l'a vue. Le roi Hérode est très étonné d'apprendre son existence et tout Jérusalem avec lui. Il s'enquiert d'ailleurs soigneusement auprès des rois pour savoir depuis combien de temps l'étoile brille. Quelle est donc cette étoile qui est visible aux uns mais pas aux autres ? De plus, les trois rois ne semblent pas la voir en permanence. S'ils l'ont vue chez eux, ce n'est plus le cas par la suite. En effet, après être sortis de chez Hérode, les rois la virent soudain à nouveau devant eux, ce qui les remplit d'une grande joie. Cette grande joie ne se justifierait pas s'ils n'avaient jamais cessé de la voir. C'est bien parce qu'ils ne l'ont plus aperçue depuis quelque temps et que soudain elle réapparaît, qu'ils s'en réjouissent tant.

Les rois quittent donc Jérusalem et suivent l'étoile qui «marchait devant eux jusqu'à ce qu'étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s'arrête» (Matthieu 2,9). D'après le texte biblique, les rois suivent l'avance de l'étoile et sont ainsi conduits à Bethléem. Or, si suivre une étoile qui se déplace dans le ciel peut encore être envisagé sur une longue distance, ce n'est plus le cas sur la courte distance qui sépare Jérusalem de Bethléem : environ 10 km. Comment en effet cette étoile pouvait-elle montrer le chemin, elle qui est en haut dans le ciel ? Invraisemblance supplémentaire, elle s'immobilise, et qui plus est, par sa position, indique une étable précise au sol. D'autres arguments que ceux qui sont fondés sur le texte biblique sont également avancés pour mettre en doute l'existence de l'étoile de Bethléem.

À part les témoignages locaux cités plus haut, il n'existe, semble-t-il, aucun compte rendu provenant des pays avoisinants faisant mention de l'étoile. Or, si vraiment une nouvelle étoile, plus grande et plus lumineuse que les autres, était apparue dans le ciel, n'aurait-elle pas dû être vue dans tous les pays environnants ? Certains sont même allés jusqu'à penser qu'il ne s'agissait pas d'une étoile mais de la conjonction des planètes Jupiter et Saturne. Toutefois, une telle conjonction se reproduit régulièrement mais ne donne pas un éclat comme celui décrit dans les témoignages. De plus, les astrologues de l'époque, très versés dans l'art d'observer les astres, n'auraient certainement pas confondu cette conjonction avec l'apparition d'une étoile.

Certes, l'année de naissance de Jésus n'est connue qu'à quelques années près. Elle pourrait avoir eu lieu jusqu'à 7 à 8 ans avant l'an zéro actuel. Or, même en incluant ce laps de temps, rien de significatif ne ressort des comptes rendus de l'époque. Le plus explicite se trouve curieusement en Chine, en effet les annales astronomiques de ce royaume parlent d'une nouvelle étoile qui fut visible pendant 70 jours, en l'an 5 avant notre ère.

Pour une approche spirituelle

Les doutes émis quant à l'existence de l'étoile proviennent d'une interprétation trop terre à terre, autrement dit matérialistes des faits relatés. Une approche spirituelle, par contre, permet de rendre ces faits plus compréhensibles et d'indiquer la vraie nature de l'étoile. Celle-ci, comme on peut le découvrir dans le Message du Graal, n'est pas une étoile qui appartient à notre système solaire ou à une autre galaxie, donc issue de la matière, mais provient d'un des plans supérieurs de la Création : le plan spirituel.

« L'étoile va son chemin en droite ligne depuis le Royaume éternel jusqu'à cette partie cosmique. Son noyau est chargé d'une éminente force spirituelle ; il s'enveloppe de matière et deviendra de ce fait également visible aux hommes de la Terre.» (Dans la Lumière de la Vérité, Message du Graal, tome 1, conférence 30) Lors de sa descente du plan spirituel jusque sur Terre, l'étoile traverse les différents plans de matière subtile qui forment ce que l'on appelle l'au-delà. Sur chacun de ces plans, elle revêt une enveloppe faite de matériaux du plan en question. Son noyau s'entoure par conséquent d'une enveloppe subtile après l'autre et les unes sur les autres, jusqu'à ce que finalement elle en revête une de matière dense. Or, c'est seulement lorsque cette dernière enveloppe est revêtue qu'elle devient visible aux hommes de la Terre, à cause de l'affinité de genre entre elle et leurs yeux. Jusque-là, l'étoile demeure invisible. Pendant toute sa descente, elle ne peut être observée que par des personnes qui ont les yeux d'une de leurs enveloppes subtiles ouverts. De telles personnes sont ce que l'on appelle des voyants. Les trois rois appartenaient certainement à cette catégorie de gens. Soit qu'ils l'aient toujours été, soit que leurs yeux leur aient été ouverts spécialement pour cette occasion. L'étoile peut donc déjà être une réalité dans les plans subtils, mais ne pas être visible sur Terre. Cela explique pourquoi les trois rois pouvaient l'avoir vue sans que d'autres la perçoivent.

L'étoile ne devint visible à tous qu'à la naissance de Jésus. À cette époque, les trois rois étaient arrivés à Jérusalem et c'est là qu'ils virent à nouveau l'étoile. Cette fois-ci, elle leur apparut matériellement et non par voyance, comme ce fut certainement le cas au début chez eux. Ils n'eurent ensuite qu'à faire le court trajet qui les séparait de Bethléem pour aller se prosterner devant le nouveau-né.

Le fait que l'étoile ne devint matériellement observable qu'à partir du jour de naissance de Jésus est aussi confirmé dans un récit de la vie de Marie (dans l'ouvrage Résonances des millénaires enfuis, éditions du Graal). Il y est dit que Joseph ne vit l'étoile au-dessus de lui qu'au moment où il sortit de l'étable dans laquelle il avait installé sa femme, et qu'il s'en allait chercher de l'aide pour l'accouchement : «… il sortit précipitamment dans la nuit. Dehors, il s'arrêta, comme fasciné. Oubliant tout, il leva le regard vers le ciel – ses yeux s'agrandirent subitement, car une implacable clarté rayonnait à la verticale au-dessus de lui, l'obligeant à pencher fortement la tête en arrière pour voir l'étoile qui brillait là-haut.

Joseph regarda l'étoile à la queue étincelante et en frémit. Il lui sembla que l'air tremblait autour de lui, chargé de tension. Voilà ce que Joseph éprouvait : cette étoile – elle annonce le Messie, le Sauveur !»

Joseph ne fut pas le seul à l'apercevoir, tout le monde alentour la voyait, comme le montre le même récit : «Un brouhaha se fit entendre. Des formes sombres arrivaient au loin. Comme poussés par quelque force supérieure, des bergers, des femmes, des enfants approchaient. Le calme de la nuit en était troublé.

Et l'étoile, qui était toujours là, leur montrait le chemin. Comme signe visible, elle dardait ses rayons sur la toiture basse de l'étable. Tous la voyaient.

"Le Messie – le Sauveur !" Ces exclamations montaient vers le haut, couvrant le bruit confus des voix, forçant inexorablement les hommes à lever les yeux…

Bethléem voyait dans son enfant le Sauveur. On exultait, on s'émerveillait et on priait devant la crèche. Trois jours durant, l'étoile resta au-dessus de la maison, tel un gardien fidèle. Son éclat appelait les hommes. L'étoile avait rassemblé riches et pauvres et guidé vers Bethléem trois princes venus de pays lointains.»

Le passage cité à l'instant révèle aussi la manière dont l'étoile, qui est haut dans le ciel, indique l'étable où se trouve Jésus : des rayons lumineux émanant d'elle se dirigent vers l'étable, montrant ainsi clairement où se trouve le nouveau-né.

Pourquoi une étoile ?

La signification de l'étoile, en relation avec la venue du Fils de Dieu, n'est compréhensible que si l'on se replace dans le contexte de l'époque.

Des prophéties annonçaient une naissance toute particulière. Ce¬pendant, l'envoyé des hauteurs, dont la venue faisait l'objet de la prophétie, ne pouvait venir sur Terre que par la voie normale, celle de l'incarnation dans un corps physique. En accord avec les lois naturelles, il revêtirait un corps charnel comme tout un chacun et serait mis au monde par une mère terrestre. Tout naturellement, il se présenterait par conséquent au départ sous l'aspect d'un nouveau-né. Le corps physique de celui-ci ne se distinguerait cependant en rien de ceux des autres nouveaux-nés. En effet, ce qui différencie l'envoyé des hauteurs des êtres humains, ce n'est pas son corps physique, mais son noyau animateur, qui ne peut donner sa pleine mesure que plus tard. Or, bien que les prophéties annoncent la venue de l'envoyé, comment les êtres humains pouvaient-ils le reconnaître ?

Comment pouvaient-ils savoir qu'ils ne se trompaient pas, et que c'était bien cet enfant et non un autre ?

Un signe objectif et par là incontournable était nécessaire. C'est pourquoi, parfois, les prophéties évoquent des signes clairement identifiables pour éviter toute erreur. Dans le cas de la naissance du fils de Dieu sur Terre, l'étoile constituait le signe. Elle permettait de lever tous les doutes qui auraient pu surgir.

La présence de l'étoile avait cependant encore une autre raison d'être. Celle-ci est indiquée dans la citation du Message du Graal donnée plus haut. Il y est dit que le noyau de l'étoile était «chargé d'une éminente force spirituelle». À quoi cette force devait-elle servir ?

Contrairement à ce qui est couramment enseigné, la mission du Christ ne consistait pas à mourir sur la croix pour racheter les péchés des hommes. Elle consistait à apporter aux hommes les connaissances spirituelles nécessaires pour sortir de leurs erreurs, car ce n'est que par leurs propres efforts vers le bien qu'ils peuvent s'en libérer. S'étant empêtrés dans de néfastes manières de penser et d'agir, les êtres humains ne voyaient plus quelle voie il fallait suivre. La mission du Christ consistait à leur montrer cette voie par son enseignement.

Une profonde transformation intérieure de l'esprit humain devait donc s'accomplir. Un changement de conception et d'attitude, d'aspirations et d'idéaux était indispensable. Une telle révolution intérieure cependant demande des efforts, et donc de la force. Pas de n'importe quelle sorte de force, mais de la force spirituelle pour l'esprit humain. Or, c'est justement ce que l'étoile portait en elle et mettait ainsi à disposition de ceux qui avaient le désir d'effectuer ce changement intérieur.

Grâce au séjour du fils de Dieu sur Terre, les esprits humains purent vivre des années d'illumination spirituelle. L'étoile de Bethléem n'était pas seulement un signe pour annoncer cette possibilité, mais aussi une aide pour la réaliser.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal