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L'énigme du temps: Vaincre le stress et vivre le présent



Ce texte est extrait du livre " L'énigme du temps "

Qu’est-ce que le temps ?

La notion du temps est omniprésente dans notre vie. A tout moment, nous utilisons des expressions comme : le temps passe, avoir du temps, du temps en reste, du temps libre, du temps en trop , perdre ou gagner du temps, rattraper le temps perdu, ne pas avoir le temps,...

Le temps règle la plus grande partie de notre existence et il apparaît comme évident à chacun d’entre nous qu’il sait parfaitement de quoi il s’agit. Mais, en réfléchissant plus à fond sur ce qu’est réellement le temps : où il se trouve, comment il passe, de quelle nature il est,... nous nous retrouvons le plus souvent dans la situation si bien décrite par St.Augustin : »Qu’est-ce donc que le temps ? » disait-il « Si personne ne me pose la question, je sais. Si quelqu’un pose la question et que je veuille expliquer, je ne sais plus. »

Le temps possède en effet des caractéristiques tout à fait paradoxales :

Il est simultanément long et court, long parce qu’il dure depuis des millions d’années, court, parce que celui que nous avons ne nous suffit pas. Il est aussi lent et rapide, lent pour celui qui attend, court pour celui qui en jouit. Il est grand jusqu'à l’infini et petit comme la fraction de seconde. Il peut immortaliser les hommes, mais il les conduit aussi à l’oubli par la mort. Le temps peut effacer les souvenirs, mais il peut également les faire remonter à la surface. D’une part, il est rare, mais nous le gaspillons ; d’autre part, nous en avons toujours à disposition, mais nous nous plaignons de ne pas en avoir assez. Et s’il disparaît à mesure que nous l’utilisons, il disparaît également lorsque nous ne l’utilisons pas. Il vaut de l’or (time is money) et pourtant, il ne peut ni se vendre ni s’acheter.

Le temps qui passe

La représentation que l’on se fait habituellement du temps est que le temps passe et fuit.

Cette représentation correspond à ce que nous ressentons dans notre vie. Lorsque nous attendons un événement important, qui doit avoir lieu à une date et une heure précise, un examens ou un rendez-vous déterminant par exemple, cet événement est d’abord loin encore d’être une réalité ; il est très éloigné de nous, c’est-à-dire du moment présent. Mais, peu à peu ce moment se rapproche. La distance entre lui et nous diminue progressivement. Il est de plus en plus près, devient imminent et, brusquement, il est là ; il est entré dans le moment présent. En très peu de temps pourtant, l’événement est passé ; il est derrière nous. Il s’éloigne progressivement de plus en plus des réalités que nous vivons et finit parfois par disparaître complètement du champ de notre conscience.

Le temps nous apparaît ainsi comme un fleuve qui s’écoule indépendamment de nous. Son mouvement est inexorable, car on ne peut l’arrêter : il est aussi irréversible, puisqu’on ne peut faire revenir à soi les temps écoulés.

A toutes les époques, l’être humain a observé et chanté la marche inexorable du temps. Dans la Bible, Job se plaint de la rapidité avec laquelle les jours fuient sans jamais soulager ses tourments :

« Mes jours sont plus rapides qu’un courrier ; Il fuient sans avoir vu le bonheur ; Ils passent comme les navires de jonc, Comme l’aigle qui fond sur la proie »
(Job, chap.9 verset 25-26)

Le flot du temps avance dans une direction unique : venant du futur, il amène les événements dans le présent, pour disparaître ensuite dans le passé. Et comme ce processus se répète indéfiniment et que les événements apportés par le temps ne peuvent demeurer dans le présent, nous disons que le temps passe.

Le temps passe-t-il vraiment ?

Si nous réfléchissons à la notion du temps qui passe, nous arrivons vite à des contradictions et des non-sens qui nous montrent qu’en réalité, le temps - le temps réel, pas la marche des aiguilles d’une montre - ne peut absolument pas ... passer.

Par exemple, si le temps passait réellement, comme le ferait un fleuve invisible, il en résulterait que la vitesse d’écoulement du temps serait la même pour tous. Chacun le ressentirait - et même devrait le ressentir - de manière identique, car en tant que réalité extérieure, elle s’imposerait de manière contraignante et uniforme à chacun, comme c’est le cas dans d’autres domaines : avec la pesanteur, les distances, etc. Or, notre expérience quotidienne nous montre que le temps est ressenti de manière très variée. Celui-ci s’écoule plus ou moins vite selon les personnes et selon les circonstances.

Il s’écoule rapidement pour quelqu’un qui est passionné par ce qu’il fait, comme l’artiste ou le savant plongé dans ses travaux, et qui, appelé pour le repas, découvre avec stupéfaction que la matinée est déjà écoulée.

A l’opposé, le temps passe très lentement pour quelqu’un qui n’arrive pas à trouver un intérêt dans ce qu’il fait. Une personne qui accomplit par obligation un travail qui ne lui plaît pas et dans lequel elle ne peut mettre son cœur, ressentira cruellement le passage du temps comme beaucoup trop lent. A la fin de la journée, elle ne s’écrira pas avec regrets « quoi, c’est déjà fini », mais, soulagée, « c’est enfin fini ».

Une autre raison qui donne à penser que le temps ne passe pas, est que, s’il passait réellement, avant d’être ici : dans le présent, il devrait être ailleurs. De même, après avoir quitté le présent, il devrait également être ailleurs. Mais où est cet ailleurs ? Où sont donc les réserves du temps qui s’écoulent et sous quelle forme s’y trouvent-elles stockées ? Mais aussi, où le temps s’accumule-t-il après son passage ? Qu’advient-il de lui ?

Il faut bien l’avouer, voilà des questions qui jusqu'à aujourd’hui sont restées sans réponse. Il en résulte une notion du temps boiteuse dans laquelle le temps qui passe, ne passe en définitive pas vraiment, puisqu’il ne vient de nulle part et ne va nulle part.

Une conséquence de l’existence d’un ailleurs dans lequel se trouverait le temps avant et après son passage dans le présent, serait la possibilité de voyager dans le temps. Ces déplacements dans le temps nous permettraient de déceler ce que le futur tient en réserve pour nous et ce qui a réellement eu lieu dans le passé.

La possibilité de voyager dans le temps, soit en remontant le temps en direction du passé, soit en avançant en lui en direction du futur, est un rêve que plus d’un homme a caressé. Cette idée a été développée de manière romancée par l’auteur anglais H.G. Wells, dans un livre intitulé « La machine à explorer le temps ». Le héros du livre, un savant des plus excentriques, met au point une machine à explorer le temps - d’où le titre du livre - avec laquelle il vivra des aventures merveilleuses, mais d’autres également effrayantes et dangereuses, dont il pourra heureusement s’échapper à l’aide de sa machine.

Le héros de ce roman est ainsi la seule personne qui ait réussi à s’extraire d’un présent inconfortable ou menaçant, pour se rendre dans le passé ou le futur afin d’y attendre tranquillement que la situation s’améliore. Nous sommes en effet irrémédiablement contraints de demeurer dans le présent, que celui-ci nous plaise ou non, et jamais aucun homme n’a pu s’en extraire pour fuir ailleurs dans le temps. Les hypothétiques déplacements dans le temps - s’ils sont pris comme base de raisonnements - nous amènent à des contradictions qui nous contraignent à nouveau à considérer que le temps ne passe pas. Imaginons quelqu’un debout dans son jardin et qui contemple un arbre planté par ses propres soins 20 ans plus tôt. Imaginons encore que cette personne veuille - et puisse - se déplacer dans le temps et qu’elle décide de remonter le temps pour se retrouver 20 ans en arrière dans ce même jardin. Une fois cette époque atteinte, elle se trouvera en face de son arbuste jeune et peu développé.

Si une telle chose était possible, nous serions dans une situation totalement absurde, puisque nous serions en présence non pas d’un, mais de deux exemplaires du même arbre. En effet, le premier serait celui qui est actuellement dans son jardin et que peuvent voir toutes les personnes qui s’y rendraient, le deuxième étant celui que voit le voyageur qui est dans les temps passés. Le temps passerait donc en emportant la réalité spatiale (l’arbre visible pour le voyageur dans le temps), mais en la laissant tout de même sur place, puisque l’arbre est encore visible aujourd’hui !

La possibilité de voyager dans le futur, nous amènerait encore à une autre situation contradictoire qui nous pousserait à nouveau à rejeter la notion du temps qui passe. Effectivement, lors d’un tel voyage, nous serions confrontés à tous les événements que charrient les flots sans cesse changeants du temps. Nous pourrions voir les événements à venir, avant que ceux-ci n’atteignent le présent. Nous parcourrions à l’avance les chemins de notre destin qui, amenés par le temps qui passe, deviendrait réalité en pénétrant dans le présent.

Si tel était vraiment le cas, les formes que prendraient notre destin seraient prédéterminées. Mais qui dit destin prédéterminé, dit aussi absence de libre arbitre pour l’être humain. Or, nier le libre arbitre c’est, philosophiquement parlant, saper les bases sur lesquelles sont bâties la vie individuelle et sociale. En effet, sans libre arbitre, l’homme est le jouet du destin et ne serait pas responsable de ce qu’il fait. La société ne pourrait pas l’exhorter à respecter les lois et ne pourrait le condamner lorsqu’il commet des actes qui vont à l’encontre de ces lois, étant donné que c’est le destin - et non pas lui-même - qui est le moteur de ses décisions.

Si le temps ne passe pas, que fait-il ?

Si le temps ne passe pas, qu’il ne charrie pas avec lui les événements de notre destin, qu’il n’arrange pas les choses tout seul, qu’il n’efface pas non plus les blessures ou n’amène des temps meilleurs, ... que fait-il ?

Il est immobile, peut-on lire dans un ouvrage spirituel intitulé « Dans la Lumière de la Vérité, Message du Graal » de Abd-ru-shin. Cette conception du temps est certes très différente de celle que nous utilisons habituellement, mais elle se montre parfaitement exacte et va nous permettre de mieux comprendre ce qu’il est véritablement.

D’après cette conception, ce n’est pas le temps qui est en mouvement, mais nous. Nous avançons dans le temps, allons à sa rencontre. Celui-ci est immobile et demeure éternellement identique à lui-même. Les seules choses qui changent ce sont les formes. Ainsi, en avançant dans le temps et y découvrant toutes les formes qui s’y trouvent, nous enrichissons notre savoir et progressons intérieurement.
Nous sommes donc en présence de trois notions fondamentales. Premièrement, que le temps ne passe pas, mais est immobile. Deuxièmement, que ce n’est pas lui qui se déplace, mais nous qui nous déplaçons en lui. Et troisièmement, que ce qui change constamment, ce n’est pas le temps, mais ce sont les formes.

Reprenons ces trois notions et voyons d’abord pour la première d’entre elles quels sont les éléments qui nous permettent d’affirmer que le temps passe ? A bien y réfléchir, il n’y en a qu’un seul, c’est le changement des formes : les aiguilles de notre montre se déplacent, le soleil change de position dans le ciel, les plantes croissent, les enfants grandissent, nos états intérieurs se modifient.

Toute la question revient donc à déterminer si le fait de considérer que les changements de forme sont amenés par le temps qui passe, est une notion conforme à la réalité ou non, c’est-à-dire si elle permet d’expliquer et de comprendre les faits et l’expérience que nous avons du temps. Ce n’est pas le cas.

Comme nous l’avons déjà vu, si le temps passait et amenait le changement de forme, il y aurait un ailleurs dans lequel se trouveraient les formes futures et passées. Cet ailleurs n’a cependant non seulement jamais été découvert, mais pas la moindre hypothèse de sa localisation éventuelle n’a pu encore être avancée.

Mais même si cet ailleurs existait, cela nous amènerait à un non-sens qui devrait nous faire également rejeter la notion du temps qui passe. En effet, cette approche du temps implique que les objets puissent se trouver simultanément à des endroits différents.

Certes, les différentes formes par lesquelles l’arbre donné en exemple précédemment a passé au cours de sa croissance existent. Elles ne sont cependant pas ailleurs, dans un inconnu lointain, appelé globalement passé, mais sont encore sur place dans le jardin. Ces formes passées sont d’ailleurs encore en partie visibles lorsque nous coupons perpendiculairement le tronc. Les marques du temps y apparaissent clairement dans les sillons concentriques des nervures. Les nervures centrales nous montrent le diamètre et la forme approximative du tronc initial, les nervures suivantes le diamètre et la forme lors des années ultérieures, et ainsi de suite, jusqu'à à la forme actuelle de l’arbre.

Les formes ne se déplacent donc pas avec le temps. Elles ne viennent pas d’ailleurs pour entrer dans le présent et être ensuite emportées dans le passé, mais elles restent sur place et se modifient là où elles se trouvent. Le temps ne les déplace pas, parce qu’elles n’ont même pas besoin d’être déplacées. Mais, ne les déplaçant pas, le temps ne passe pas non plus. Par conséquent, il ne peut ainsi qu’être ... immobile.

Le temps et le mouvement

Curieusement, à part le temps, rien n’est immobile dans la création, toutes les formes modifient constamment leur apparence.

Les recherches entreprises par l’être humain pour mieux comprendre la création, ont montré que dans quel que domaine que ce soit, absolument tous les corps, substances, matériaux, etc. étaient animés d’un mouvement et par là, changeaient de forme. Si ce mouvement n’est évident que pour les corps animés, comme ceux des animaux et de l’homme, il n’en a pas moins aussi lieu dans les végétaux et même dans le monde minéral qui au premier abord semble totalement privé de mouvement. Comme on le sait maintenant, au niveau de l’atome, les électrons tournent constamment autour des noyaux, si bien que même le corps le plus compact et inerte est le théâtre d’une intense danse des électrons sur leur orbite.

Le mouvement a non seulement lieu dans l’infiniment petit - au niveau atomique - mais aussi dans l’infiniment grand. Les corps célestes tournent sur eux-mêmes, mais aussi autour de l’axe central de leur galaxie, galaxie qui elle-même tourne sur elle-même.

Même dans un domaine « abstrait » comme celui des pensées, un mouvement a lieu. L’être humain ne peut en effet arrêter de penser ou de vouloir quelque chose. Toujours et sans interruption, il désire, réfléchit, pense, aspire à une chose ou à une autre, ce qui l’amène à agir, à façonner des nouveaux objets et de nouvelles pensées.

Tout ce qui existe semble ainsi gouverné par une loi de la nature que l’on pourrait appeler la loi du mouvement, parce qu’elle contraint tout chose à une activité constante. Et ce mouvement perpétuel amène aussi inévitablement avec lui un changement continuel ... des formes. Ce changement continuel fait faussement dire que le temps passe, alors que c’est la force qui anime les objets et les êtres humains qui engendre ces transformations. Le troisième élément de la citation se trouve confirmé : ce qui change constamment, ce n’est pas le temps, mais ce sont les formes.

C’est nous qui avançons dans le temps

A l’aide de son libre arbitre, l’être humain dirige sa vie sur les chemins de son choix et à la vitesse qui lui plaît. Il peut se lancer avec enthousiasme dans la vie, se donner entièrement dans ses activités, ou, au contraire, avancer sans grand élan, en étant distant et désintéressé, laissant faire plutôt que faisant.

La notion du temps qui résultera de ces utilisations différentes du libre arbitre seront aussi fatalement différentes. Pour la personne active, le temps est trop court, il passe rapidement ; pour la personne passive, le temps est peu rempli, il est long et par conséquent il passe lentement. Comment deux notions si différentes du temps peuvent-elles coexister ?

Cela s’explique très logiquement et simplement, mais seulement si l’on fait intervenir la notion du temps immobile. En effet, si le temps est doué d’un mouvement propre, qu’il passe, sa vitesse sera ressentie nécessairement de manière uniforme par tout le monde, ce qui n’est pas le cas. A l’opposé, si le temps est immobile, la vitesse du déroulement du temps ne provient pas de lui - puisqu’il est immobile - mais provient et est fonction de notre propre vitesse. Il varie en fonction de nous. Il est rapide si nous sommes actifs et lent si nous sommes passifs. Tout cela confirme bien le 2è élément de la citation, à savoir que ce n’est pas le temps qui se déplace, mais bien nous qui nous déplaçons dans le temps.

Mais alors, qu’est-ce que le temps indiqué par les aiguilles de notre montre ? Que nous montrent les aiguilles qui défilent sur le cadran ?

Elles nous montrent la vitesse de déroulement d’un phénomène mécanique constant et régulier : la rotation d’aiguilles sur un cadran gradué, qui, à cause de ses caractéristiques peut être utilisé, d’une part comme repère pour mesurer et comparer des durées, et d’autre part, comme cadre de référence pour situer les différents moments de la journée ; ce que nous appelons « savoir l’heure ». Mais savoir l’heure, ne signifie pas connaître le temps. L’heure est une invention de l’homme, le temps, lui, est une création de Dieu.

Qu’est-ce que le temps?

Il existe donc deux « temps » différents : le temps réel qui est immobile et qui nous donne l’impression d’aller plus ou moins vite selon notre propre mouvement, et le temps chronométrique - qui n’est pas vraiment le temps, mais un système de mesure - et qui avance à une vitesse fixe, repérable sur le cadran de notre montre. Ce dernier est objectif, neutre et par là, commun à tous, alors que le temps réel est subjectif, variable et individuel, car ressenti différemment par chacun.

Ces deux temps correspondent aux deux éléments dont est constitué l’être humain, c’est-à-dire à l’esprit et au cerveau (intellect). Le temps réel est le temps de l’esprit, le temps chronométrique celui de l’intellect.

Etant de nature différente, il est normal que l’esprit et le cerveau aient besoin de « temps » différents. L’esprit qui est de nature immatérielle ne peut saisir ce qui n’est pas du même genre que lui, par exemple, ce qui est matériel. Le manque d’affinité rend le lien, le contact, impossible entre les deux. L’esprit dispose donc dans le corps physique où il est incarné durant son séjour terrestre, d’un outil qui lui servira d’intermédiaire. Cet outil, c’est le cerveau.

Le cerveau centralise les informations que lui envoient les cinq sens du corps physique, il les organise et les ordonne, puis les envoie à l’esprit pour que celui-ci soit informé de la situation dans laquelle il se trouve terrestrement. Dans son activité, l’intellect, pour agir efficacement, fait constamment appel et référence à des données quantitatives. Il doit savoir quel est le poids des objets, leur taille, leur température, leur densité, la distance qui les sépare, leur vitesse, etc. Tout naturellement, il doit aussi pouvoir les situer dans le temps et le temps dont il a besoin pour cela est le temps chronométrique, qui étant lui-même basé sur le déroulement d’un phénomène matériel, peut être saisi par lui et permet toutes les comparaisons et mesures nécessaires.

L’esprit, lui, s’intéresse et a besoin avant tout de l’aspect qualitatif des choses, car ce sont les différentes qualités des choses, des gens et des situations, qui le touchent intérieurement et lui permettent de progresser. Effectivement, le but de l’esprit et de développer les facultés qui ont été déposées en lui et de les amener à un plein épanouissement, lui permettant ainsi de retrouver son plan d’origine : le plan spirituel ou paradis. Ce qui compte avant tout pour l’esprit est donc l’expérience vécue et le ressenti intérieur qui en résulte.

Or, la valeur de ce ressenti et l’influence qu’il aura sur le développement de l’esprit ne sont pas subordonnés à la durée. Un court instant intensément vécu est beaucoup plus profitable qu’une longue période de temps traversée machinalement ou passivement. Le temps de l’esprit n’est donc pas le temps régulier, stérile et froid de la montre, mais le temps réel, subjectif et variable, dans lequel un court instant peut être ressenti comme très long et une longue période comme peu de choses.

La distance parcourue par l’esprit lorsqu’il avance dans le temps peut être perçue par lui. C’est une expérience que probablement tout le monde a déjà vécue. Prenons l’exemple d’une personne qui part une semaine en vacances, des vacances qui s’avèrent être très intenses, pleines d’événements marquants s’enchaînant les uns aux autres. Cette personne arrivera à la fin de la semaine en ayant l’impression que cela fait 15 jours ou un mois qu’elles ont débutés. Cette appréciation est bien sûr subjective, car la durée d’une semaine est toujours de 7 jours. Son esprit cependant, parce qu’il a été très sollicité par tous les événements, a beaucoup vécu et a l’impression d’avoir parcouru un beaucoup plus long chemin que la durée de 7 jours que lui indique le temps chronométrique.

Une semaine de temps chronométrique peut donc correspondre à 2 semaines ou plus de temps réel, c’est-à-dire de temps spirituel, puisque c’est celui qu’utilise et vit l’esprit. La Bible ne nous dit pas autre chose. Les paroles du psaume : « Et mille ans sont comme un jour » (90,4) signifient que le vécu de 1000 années terrestres peuvent être vécues en 1 jour dans le ciel. Mais dans le ciel (dans le plan spirituel), c’est vivre en esprit puisque le cerveau, organe matériel, se décompose à la mort du corps terrestre et ne peut remonter dans le paradis. Autrement dit, spirituellement, on peut vivre plus de choses que la mesure du temps ne donnerait comme possible.

Christopher Vasey