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L’âge des seniors, un âge précieux de la vie



Un processus naturel

Pour certains scientifiques, l’être humain atteint l’apogée de ses capacités physiques vers 25 ans environ. Après cela, on assisterait à un long déclin. Cela est cependant exagéré. L’être humain peut encore vivre en pleine forme physique pendant plusieurs dizaines d’années. Il n’en reste pas moins qu’à partir d’un certain moment, des signes de vieillissement commencent à se manifester, que ce soit dans l’aspect physique (blanchissement des cheveux, apparition de rides…) et au niveau du fonctionnement organique.

Le processus est lent. Il varie en intensité d’une personne à l’autre. Bien que permettant de vivre parfaitement bien, quoiqu’à un autre rythme, ce vieillissement naturel est souvent mal accepté. La raison en est qu’il est faussement associé avec le vieillissement dit artificiel ou pathologique. Ce dernier est dû à la maladie et à une mauvaise hygiène de vie. Les personnes qui en sont atteintes sont souffrantes. Elles ont de la difficulté à se mouvoir ou sont immobilisées au lit. Elles perdent leur clarté de pensée et sont souvent déprimées.

Si l’on concentre trop son attention sur ces cas, on peut finir par les considérer comme la norme. On confond alors vieillissement pathologique et vieillissement naturel. L’idée qui alors s’impose de plus en plus est que la fin de vie est une lente et inévitable dégradation des fonctions organiques, entraînant derrière elle le déclin psychique. L’usure et la sclérose du corps seraient ainsi à l’origine de ceux de la pensée.

Que vieillir soit vraiment un long déclin ne serait vrai que si nous n’étions qu’un corps de chair. Or, est-ce le cas ? Nous ne le pensons pas. Le corps physique n’est pas tout l’être humain. En plus de lui, il y a encore quelque chose d’autre : notre « être intérieur ». Celui-ci est quelque chose de distinct et d’indépendant du corps. Il est d’un autre genre. Nous et notre corps sommes deux choses différentes. L’âge des seniors est d’ailleurs une période de la vie où il est spécialement aisé de s’en rendre compte.


Notre corps et nous


Au cours de la progression des années, chacun peut observer que son « moi » ne vieillit pas parallèlement au corps, seul le corps vieillit. Certaines personnes âgées peuvent physiquement beaucoup s’affaiblir, décliner, voire devenir fortement limitées corporellement, alors qu’intérieurement, au niveau de leur « moi », elles restent éveillées, curieuses, chaleureuses et vives. Seul le fait que le « moi » et le corps soient distincts permet une telle chose.

De plus, lorsque nous regardons en arrière dans notre vie et que nous nous voyons en tant qu’enfant, adolescent, jeune adulte, adulte... nous pouvons constater que nous n’avons pas changé d’identité avec l’âge. Nous sommes toujours restés fondamentalement le même « moi ». Nous nous sommes constamment ressentis comme étant nous-mêmes malgré toutes les modifications de notre corps. Il y a donc bien une différence entre nous et lui.

Cette dualité peut être observée dans d’autres circonstances de la vie.

Lorsque nous tombons malades, le corps prend une direction que nous, en tant que « moi », ne souhaitons pas qu’il prenne. Les douleurs et les souffrances de la maladie, le moi ne les veut pas mais elles s’imposent à lui, contre sa volonté. Une telle chose n’est possible que parce que nous et notre corps sommes deux choses distinctes.

Certains jours, nous nous sentons un peu absents, pas vraiment là. Nous « flottons » à quelque distance des réalités terrestres et n’arrivons pas à faire correctement face aux situations auxquelles nous sommes confrontés. Notre « moi » n’est pas bien relié au corps.

Lorsqu’une bonne nouvelle nous est annoncée ou que la tournure des événements nous réjouit tout particulièrement, nous nous sentons tout à coup très légers. Notre corps n’a pas changé de poids en si peu de temps, mais notre moi et son rayonnement plus fort, nous font ressentir notre corps comme moins lourd à porter.

L’expérience vécue de chacun confirme donc que le corps et le moi sont deux choses distinctes. Mais, si nous ne sommes pas notre corps, quel est ce moi distinct qui l’habite et l’anime ?


Quel est le noyau intérieur de l’être humain ?


Le fait de considérer l’être humain comme un corps de chair seulement est une manière de voir les choses qui relève d’une approche matérialiste. Pour les tenants de cette approche, seul ce qui est matériel existe. L’être humain ne serait par conséquent qu’un assemblage d’organes physiques d’où émaneraient mystérieusement une conscience, une volonté ainsi que toutes les autres facultés psychiques.

Cette approche n’est cependant pas la seule qui existe. Il en est une autre, l’approche spiritualiste, qui est celle de toutes les grandes religions. Pour elle, beaucoup de choses font partie de la réalité, sans être matérielles pour autant. Par exemple, les pensées, la volonté et l’amour. Elles ne peuvent être mesurées ou analysées physiquement, mais elles existent néanmoins. Parmi ces choses figure aussi… la vie.

Le caractère non matériel de la vie n’est pas si difficile à déceler. Bien qu’invisible en tant que telle dans la matière, il est aisé de constater son existence par ses effets dans celle-ci. Si, par exemple, l’on prend deux pépins de pomme, l’un cru, l’autre cuit, le matérialiste les considérera comme exactement semblables. Et pourtant, une grande différence existe entre les deux : le pépin cru mis en terre peut germer et « donner vie » à une plante, ce que le pépin cuit est incapable de faire.

Dans l’optique spiritualiste, la vie en l’homme, ce qui fait que l’être humain est animé et vivant, c’est son esprit ; esprit étant pris ici dans le sens d’âme. L’esprit, notre moi profond, est donc le noyau animateur de notre corps. Il est d’ailleurs la seule chose réellement vivante en l’être humain.

L’esprit est le centre de la personnalité. Il est le « je » qui dit : j’ai un corps ; et non, je suis un corps. Il est le siège de la conscience que nous avons de nous-mêmes et la conscience d’être une personnalité distincte de toutes les autres. Dans l’esprit, résident aussi nos aspirations profondes, notre capacité à décider et notre volonté de réaliser. Les caractéristiques de l’esprit sont nos traits de caractère et résultent des efforts que nous avons faits pour développer telle faculté ou telle vertu en nous.

La vivification du corps par l’esprit se produit par la seule présence de l’esprit dans le corps.
Il suffit en effet qu’il soit incarné pour que l’organisme soit vivant et puisse rester en vie.

L’esprit n’a d’ailleurs pas d’efforts particuliers à faire. Il n’a non plus pas besoin d’être conscient, puisque son action vivifiante a lieu aussi bien à l’état de veille que pendant le sommeil, et même pendant une longue période d’inconscience, comme c’est le cas pendant le coma.


L’esprit et le corps


Si l’esprit existe et n’émane pas du corps, d’où vient-il ?

Toutes les grandes religions s’accordent pour dire que l’esprit provient du plan spirituel, ou paradis, qui est le plan le plus élevé de la création. C’est la raison pour laquelle, il est d’un genre différent du corps. C’est aussi la raison pour laquelle, pour séjourner sur terre, l’esprit doit s’équiper d’un outil qui lui permette de percevoir ce qui s’y passe et d’y agir. Ce dernier est le corps physique que la future mère prépare au cours de la grossesse. Pendant l’enfance, cet outil grandit et se développe, pour arriver à son plein épanouissement au début de l’âge adulte. Au cours de ce temps, l’esprit apprend à le maîtriser et à l’utiliser.

Avec le temps, le corps se fatigue et s’use. Arrive finalement un moment où il ne peut plus retenir l’esprit en lui. Il « rend l’âme ». L’esprit se sépare alors du corps : c’est la mort terrestre. En quittant le corps, l’esprit ne cesse pas pour autant d’exister. Il survit à l’existence de son outil, car il est d’une autre nature que lui.

L’esprit n’a donc pas son origine sur terre, il ne fait qu’y passer. L’histoire de ce passage peut être divisée en quatre grandes étapes, appelées « âges de la vie ».


Les âges de la vie


La vie d’un être humain peut être divisée en quatre grandes périodes : l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et l’âge des seniors. Au cours de ces différents âges, les possibilités physiques et psychiques sont chaque fois autres, tout comme le sont la manière d’être et celle d’agir. Ces quatre âges ont les caractéristiques des quatre tempéraments : sanguin, mélancolique, colérique et lymphatique.

L’enfance

Au cours de l’enfance, l’esprit qui vient de s’incarner doit apprendre à utiliser le nouvel outil qui lui a été fourni, le corps physique. Il doit également découvrir l’environnement dans lequel il se trouve désormais. Au cours de cette période, le naturel enjoué et la soif de découverte que confère le tempérament sanguin favorisent le bon déroulement de cette phase d’apprentissage pour l’esprit, parce qu’il lui donne la curiosité et le désir d’agir.

Et de fait, les enfants sont toujours en mouvement, ils touchent à tout, s’intéressent à tout et veulent tout essayer. Le tempérament sanguin donne aussi le côté insouciant et irresponsable qui leur permet d’aller de l’avant sans appréhension.

Au cours de l’enfance, l’esprit est incarné dans le corps, mais la liaison entre ces deux éléments n’est pas aussi étroite qu’elle le sera ultérieurement. C’est ce qui lui permet de prendre les choses avec plus de distance et de légèreté.

L’adolescence

Lorsque l’apprentissage propre à l’enfance arrive à son terme, l’esprit se lie étroitement avec le corps, afin de pouvoir l’utiliser pleinement et ressentir plus intensément les influences extérieures.

Cette prise de possession est progressive et amenée par les changements hormonaux qui ont lieu à cette période de la vie qui est aussi celle du tempérament mélancolique.

Le jeune adulte en devenir ne peut plus se contenter de vivre le présent, sans se soucier de rien. Il doit se préparer à l’action constructive et aux responsabilités qui l’attendent. L’adolescence est le temps des prises de conscience qui sont nécessaires à l’action, et celles-ci ont lieu grâce aux profondes réflexions et aux rêveries nostalgiques qui envahissent l’adolescent.

L’adolescent observe donc sa famille, la société et la situation mondiale d’après des critères élevés, d’où ses révoltes contre les injustices et ses « croisades » pour plus de paix et de respect dans le monde. L’état mélancolique qui engendre ses rêveries l’amène à « refaire le monde » d’après des valeurs plus élevées que celles de son entourage. En faisant cela, il ancre en lui les valeurs et principes moraux d’après lesquels l’être humain en général doit se comporter. Être conscient de ces valeurs est évidemment primordial pour lui, qui va bientôt atteindre l’âge de la maturité et des responsabilités.

L’âge adulte

Le tempérament colérique qui s’installe avec l’âge adulte pousse à l’action, rend impatient d’agir et de réaliser quelque chose. L’esprit n’a plus le temps, ni l’envie de mener une vie passive. Il cherche à construire tant qu’il est sur terre. Il veut concrétiser sa volonté dans la vie terrestre, transformer son environnement et produire des oeuvres.

À l’âge adulte, travailler et créer n’est nullement une corvée, mais un besoin et une joie. Dans l’intense période d’activité de cet âge, l’esprit fait de multiples expériences, heureuses et malheureuses, qui l’aident à développer ses propres facultés.

L’esprit, confronté aux désirs et aux activités des autres adultes, apprend aussi par la force des choses à prendre autrui en considération et à le respecter. Cette tâche lui est facilitée si les idéaux élevés qui s’étaient réveillés lors de son adolescence sont encore bien présents en lui.

L’âge des seniors

Lors des trois premiers âges de la vie, tous les efforts visaient à établir puis à resserrer et maintenir fermement la liaison entre l’esprit et le corps. Dorénavant, c’est un effort contraire qui prend peu à peu place. Un relâchement progressif doit s’instaurer pour faciliter la séparation ultime. À la mort terrestre, l’esprit se séparera en effet du corps pour poursuivre son existence sur les plans de l’au-delà et finalement au paradis.

Le tempérament lymphatique qui s’installe avec l’âge des seniors contribue à ce détachement progressif. Le besoin de s’affirmer et d’agir dans la matière s’atténue et il est de plus en plus remplacé par un désir profond de comprendre le sens de toute chose. L’action fait graduellement place à des méditations sereines sur les expériences et les accomplissements passés.

Lâcher prise, se détacher de la matière… telle est progressivement la nouvelle orientation de l’esprit. Cela ressemble à un examen de conscience et à un bilan avant la nouvelle étape, examen qui nécessite un retour sur soi et ses expériences vécues. N’est-ce d’ailleurs pas une caractéristique de toutes les personnes âgées que de se replonger dans les souvenirs de leur enfance et le début de leur vie, tout comme de parler du « bon vieux temps où… ».

Lorsque l’âge du tempérament lymphatique est pleinement vécu, la mort sera envisagée sans appréhension et l’esprit se détachera facilement du corps le moment venu.


Respecter les âges de la vie

Vivre pleinement d’après le tempérament qui correspond à l’âge de la vie dans lequel on se trouve est fondamental pour avancer avec sûreté et confiance dans la vie. Or, ce n’est souvent pas le cas. Soit que l’on introduit prématurément des comportements de l’âge qui suit, soit que l’on essaie de maintenir des éléments de la période précédente.

Certains parents, par exemple, cherchent à confronter leurs enfants à des situations qui dépassent leur âge, sous prétexte de fortifier et de développer leurs capacités de réaction et d’adaptation. Les enfants en perdent leur insouciance et leur spontanéité et, par là, leur capacité d’apprendre et de s’adapter. Les longues rêveries nostalgiques des adolescents agacent parfois les parents, parce qu’ils ont l’impression qu’il s’agit d’une perte de temps. Mais, en privant les adolescents de leurs rêveries, on leur ôte également l’intériorisation des hautes valeurs dont l’être humain se préoccupe tant à cette époque de la vie.

À l’âge adulte, l’être humain devrait normalement être heureux de travailler et d’être actif pour subvenir à ses besoins et avancer dans la vie. Le souhait de nombreuses personnes est pourtant de ne pas travailler et de disposer de beaucoup de temps et d’argent pour ne « rien faire ». Cette aspiration n’est pas naturelle. Il suffit de penser à la détresse des chômeurs de longue durée pour s’en rendre compte. Sans activité dans laquelle il puisse déployer ses forces et son savoir-faire, l’adulte se sent vite inutile. Il perd confiance en lui et peut même déprimer, car il vit à contre-courant de son tempérament.

Le refus de l’âge des seniors et de son caractère progressivement plus méditatif et lymphatique est chose courante de nos jours.

L’image du vieillard plein de sagesse et de sérénité n’est plus prisée. Il y a une tendance très nette à vouloir rester jeune au-delà du raisonnable et du possible. Cela se traduit par un comportement « jeune » aussi bien au niveau de l’habillement, de la coiffure et du langage que des loisirs. Chez certains, il y a comme une fuite en avant : activités sportives, sorties, voyages... se succèdent rapidement pour prouver que tout va bien et que la vieillesse n’est pas encore arrivée.

Les forces que gaspillent de telles personnes pour suivre un rythme qui n’est plus le leur ne sont plus disponibles pour faire le point et se préparer à quitter la terre. Cela ne signifie pas qu’il faille ne plus être actif, ne plus entreprendre et ne plus avoir de projets lorsqu’on avance en âge, mais ceux-ci cependant doivent peu à peu être adaptés aux capacités du moment. Ils doivent également laisser davantage de temps et d’énergie pour cette préparation intérieure.

Avec la maturation du corps, puis son vieillissement, la nature nous fait automatiquement passer, en temps voulu, d’une phase de tempérament à l’autre. S’y adapter chaque fois, en les acceptant et en les vivant pleinement, c’est faire preuve de sagesse, car chaque âge a un sens et un but.


Faire le point – tirer les leçons

Ainsi, avec les années qui passent, se réveille tout naturellement le besoin de faire le point et tirer les leçons de ce que l’on a vécu.

Certaines personnes se demanderont cependant si cela en vaut vraiment la peine. Pourquoi faire des efforts ? Pourquoi s’efforcer de comprendre et d’apprendre encore ? N’arrivent-elles pas au bout de la vie ?

Ici, il faut établir une distinction entre deux genres de connaissances. D’une part les connaissances intellectuelles qui, à la mort, restent sur terre avec le cerveau dans lequel elles sont stockées ; d’autre part les connaissances spirituelles qui résident dans l’esprit et que celui-ci emporte avec lui.

Les connaissances intellectuelles proviennent de l’activité du cerveau. Il s’agit d’un savoir qui ne concerne que les choses matérielles et terrestres comme lui. Aussi nombreuses et élaborées soient-elles, elles ne sont utiles que sur le plan terrestre. Ce sont, par exemple, le code de la route, la géographie, l’histoire, la mécanique, les langues, pour n’en citer que quelques-unes. Elles sont liées à la terre et l’esprit les laisse derrière lui lorsqu’il quitte le plan terrestre. Elles se décomposent en même temps que le cerveau.

Est-ce que ce fut une perte de temps et d’énergie que d’avoir acquis parfois si péniblement ces connaissances ? Pas du tout, elles sont nécessaires, mais il faut être conscient que leur utilité est éphémère, puisqu’elle n’est valable que pour la durée de la vie terrestre du moment. À l’opposé, le savoir spirituel fait partie intégrante de l’esprit et l’accompagne partout où il va. On ne doit donc pas tout miser sur les connaissances intellectuelles.

De tout ce qu’il a appris sur terre, l’être humain ne tire véritablement profit que de ce qui l’a touché et marqué intérieurement, c’est-à-dire au niveau de son esprit. Si en apprenant le droit et en l’exerçant comme une profession, le sens de la justice se développe dans l’esprit du juriste, ce sens du juste, qui est une faculté spirituelle, reste en lui après la mort, mais pas les articles de loi qui ont pu susciter ce réveil. De la même façon, un enseignant en histoire de l’art n’emporte pas avec lui les noms des peintres et des courants artistiques, mais seulement le sens du beau qui se sera développé en lui, puisque ce sens est également une faculté spirituelle.

Ainsi, n’est d’un réel profit pour l’être humain que ce qu’il vit avec son coeur (l’esprit) et non avec sa tête. C’est le vécu qui compte, car il s’ancre en nous, façonne notre personnalité, et, par la suite, guide notre manière de penser et d’agir, sans que nous ayons besoin d’y réfléchir. C’est le « bon fond » qui nous anime et qui nous fait agir bien, d’une manière qui parfois nous surprend nous-mêmes. Il ne s’agit en effet pas de connaissances extérieures stockées dans le cerveau, mais d’un savoir intérieur, résultant de l’expérience vécue et des leçons que nous en avons tirées. Elles font partie du moi réel : l’esprit. Ce savoir nous l’avons en nous, il fait partie de nous, est nous.

À la mort, l’esprit, en se séparant du corps, emporte avec lui tout le savoir spirituel qu’il a acquis. Il n’est donc pas inutile d’apprendre, même en fin de vie. Faire le point et tirer les enseignements de son vécu est toujours profitable. Ce savoir spirituel qui subsiste correspond aux oeuvres qui nous suivent dont parle la Bible. L’esprit peut en profiter en tout temps et où qu’il soit.


Se préparer, mais à quoi ?

Il a été dit plus haut que la vieillesse donnait l’occasion de faire le point sur la vie afin de se préparer à la suite. Mais à quelle suite l’esprit doit-il se préparer ? Où va-t-il après son séjour terrestre ? Comment cela continue-t-il pour lui ? Qu’est-ce qui vient ensuite ?

L’esprit ne s’était lié au corps que provisoirement, dans le but de pouvoir séjourner sur terre. À la mort, en se séparant du corps, l’esprit quitte le plan terrestre et se rend ailleurs. Qu’il se rende effectivement ailleurs, plutôt que nulle part, est quelque chose qui est ressenti inconsciemment comme vrai, comme en témoignent différentes expressions du langage. Lorsque nous disons que le décédé a « quitté » ses proches, ne dit-on pas qu’il s’est éloigné d’eux, donc qu’il existe encore et s’est rendu ailleurs. Si l’on parle de son « départ », cela n’implique-t-il pas qu’il quitte un lieu pour se rendre dans un autre ? Dans lequel ? Aux enfants qui posent la question, la réponse spontanément donnée est qu’il monte « au ciel ».

Comme le confirment toutes les grandes religions, il en est effectivement ainsi, à ceci près : l’esprit ne remonte pas tout de suite en haut du ciel, c’est-à-dire dans le plan spirituel ou paradis. Il séjourne d’abord dans une région plus proche de la terre, appelée l’au-delà, car elle est au-delà de la capacité de percevoir de nos cinq sens. Bien qu’invisible à nos yeux terrestres, elle n’en existe pas moins. Là, l’esprit ne tombe pas dans un profond sommeil, mais mène une vie active au milieu d’autres esprits. Il continue donc à faire des expériences vécues comme il l’a fait sur terre. Celles-ci ont d’ailleurs le même but : lui permettre de développer le bien en lui. En effet, lorsqu’il aura amené à leur plein épanouissement les facultés spirituelles qui reposent en lui, il pourra réintégrer le paradis, sa véritable patrie, en tant qu’esprit accompli.

L’âge des seniors n’est donc pas une période désespérante parce qu’elle mettrait un point final à notre existence. Ce n’est qu’une période de transition dont les caractéristiques nous aident à mieux aborder la prochaine étape.

Celui qui est conscient que les choses se déroulent ainsi devient serein face à la mort. C’est ce qui lui permet de dire « qu’il est prêt à mourir » et que « plus rien ne le retient ». Il salue même avec joie la fin prochaine, parce qu’il sent très bien que son temps sur terre est arrivé à son terme et que la faiblesse de son corps ne lui laisse plus la liberté d’action d’antan. Il aspire alors tout naturellement à un nouveau départ et à un nouveau champ d’action.


L’âge des seniors, un âge à part entière

L’âge des seniors s’étend souvent de nos jours sur plus de vingt années. Cela représente environ un quart de la durée de la vie terrestre. Un tel laps de temps est trop long et précieux pour être gaspillé.

Chaque jour de cet âge est une occasion renouvelée, comme lors de chaque âge de la vie, de jouir de l’existence, d’apprendre et d’être utile. La sagesse s’acquiert avec les ans qui passent. Tout ce qui est acquis peut enrichir le présent, mais aussi être emporté avec soi.

Une personne âgée ne cesse pas d’être utile. Elle peut toujours beaucoup donner. Elle a l’expérience de la vie. Elle a acquis un savoir qu’elle peut transmettre. Son point de vue a plus de recul. De plus, libérés de toutes les contraintes inhérentes à celles d’élever des enfants ou relevant de l’activité professionnelle, les seniors ont du temps et une disponibilité bien plus grande pour les autres. Ils sont plus à même d’agir et de donner « avec coeur », d’où, entre autres, les si puissants souvenirs que l’on peut avoir de ses grands-parents. Investies de toute la maturité de l’âge, les personnes plus âgées peuvent être des exemples pour ceux qui les suivent. Ils sont les témoins vivants des valeurs qu’ils incarnent. Ils peuvent montrer que respecter ces valeurs a un sens. Chez de nombreux peuples, vieillesse n’est-elle pas synonyme de sagesse ?

L’âge des seniors peut devenir le couronnement des autres âges de la vie, si l’on s’efforce de regarder au-delà des apparences physiques et de chercher le sens profond des choses. Cela revient à considérer la vie avec une approche spirituelle.

Christopher Vasey


Article basé sur les connaissances du Message du Graal