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L'accélération de l'Histoire



La vitesse à laquelle se déroule les événements n'est pas constante dans le temps, comme on le croit habituellement. Il a en effet été constaté que depuis le début du 20e siècle environ, ce rythme s'intensifie dans les domaines les plus variés, d'où l'expression «accélération de l'Histoire» pour désigner le phénomène. Comment se manifeste cette accélération ? De quoi provient-elle et quel est son sens ?

Un changement de rythme

On imagine volontiers que la vitesse des événements est toujours demeurée constante sur Terre. Cela se traduit par le fait que l'on considère généralement que le rythme auquel les phénomènes naturels se déroulent aujourd'hui est le même que celui auquel ils se produisaient dans le passé et se produiront dans le futur.

Or, ce qui jusqu'à ces derniers temps était considéré comme un fait acquis, est maintenant remis en question. Il a en effet été constaté que la vitesse du temps semblait s'être très nettement modifiée dans le sens d'une accélération, et que loin d'être un phénomène passager, cette accélération se poursuit encore actuellement, et va même en s'amplifiant.

Ce phénomène nouveau a été désigné par l'expression «accélération de l'Histoire», pour souligner le fait que, si dans le passé, un certain laps de temps était nécessaire pour que l'histoire se fasse, c'est-à-dire que les événements aient lieu, à partir du début du 20e siècle environ, ce laps de temps était devenu de plus en plus court. Les événements se succèdent donc aujourd'hui à un rythme beaucoup plus intense que par le passé.

L'accélération touche tous les domaines : la nature, l'homme, les maladies, le travail et les relation sociales.

L'accélération dans la nature

Jadis, les catastrophes naturelles de grande ampleur n'avaient lieu qu'épisodiquement. Tremblements de terre, cyclones, inondations, avalanches dévastatrices, glissements de terrain, vagues de froid, sécheresses, se suivaient à un rythme suffisamment lent pour que l'on en parle pendant des années avant que la catastrophe suivante n'arrive. Ce rythme a changé, et actuellement on compte facilement non pas une grande catastrophe naturelle par an, mais plusieurs.

En 2003 par exemple, une vague de froid exceptionnelle sévit en janvier au Bengladesh, au Pakistan, au Tibet et en Inde, faisant de nombreuses victimes. Elle fut suivie en mai-juin, dans ces mêmes pays, par une vague de chaleur (jusqu'à 49°C) et en été, pas des inondations catastrophiques (12 millions de déplacés ou de sans-abris) à cause de moussons particulièrement humides. En mai de la même année, des tornades et des orages de grêle ont fait de grands dégâts aux Etats-Unis, un tremblement de terre a endommagé 100 000 maisons en Algérie et des inondations gigantesques ont détruit plusieurs centaines de milliers de maisons en Chine. En juillet, l'ouragan Claudette souffle aux Etats-Unis semant la destruction sur son passage, alors que le typhon Imbudo, avec des vents atteignant 230 km/h, balaye les Philippines, affectant plus de 100 000 personnes. En été, l'Europe est atteinte par une vague de chaleur et de sécheresse qui fait plus de 27 000 victimes. En octobre, des gigantesques incendies de forêt ravagent le sud de la Californie. La fin de l'année est marquée par le séisme de Bam en Iran, de magnitude 6,5, qui fait 40 000 morts et laisse 100 000 personnes sans abri dans le froid de l'hiver.

Dans le domaine précis des tremblements de terre, des études ont été faites sur la fréquence de leur apparition. Les chiffres sont éloquents : si dans le passé on comptait un important tremblement de terre tous les 10 ans environ, ce rythme est passé depuis 1900 à un tous les 5 ans. De nos jours, à un tous les ans.

Les assureurs sont évidemment très concernés par l'accumulation des catastrophes naturelles, à cause des frais qu'elles entraînent et qu'ils doivent couvrir. Ils voient avec appréhension la fréquence de celles-ci s'accélérer, leur nombre devenir «brusquement massif», et leur rythme «ne plus rien avoir de naturel», pour reprendre leurs termes. Certains assureurs se demandent même si leur apparition n'a pas cessé d'être gouvernée par le «hasard», pour devenir une tendance.

La vitesse de rotation de la voie lactée aurait également augmenté. D'après les dernières mesures, elle est passée de 805 000 km/h à 965 000 km/h, soit une augmentation de 20%.

L'accélération dans la société

Par le passé, la société se transformait et évoluait à un rythme si lent, qu'il était courant de vivre toute sa vie sans être confronté à des changements notables de style de vie. Depuis le 19e siècle cependant, le rythme des changements s'est intensifié de manière radicale. Il est même avéré qu'il y a eu plus de changements entre aujourd'hui et le début du 19e siècle, soit deux siècles, qu'entre le début du 19e siècle et l'époque de Jules César (soit 20 siècles).

Citons quelques-uns de ces changements : L'augmentation de la population mondiale est devenue explosive. En 1850, après plusieurs dizaines de milliers d'années de progression lente, elle atteignit 1 milliard. Il ne lui fallut ensuite que 50 ans (en 1900) pour doubler et 100 ans supplémentaires (en 2000) pour sextupler (6 milliards).

En 1850, le nombre des villes dépassant 1 million d'habitants était de 4, en 1900 de 19, en 1960 de 141, en 2009 de 447. Du premier au 18è siècle, la consommation d'énergie est restée sensiblement la même. Or, si vers 1850, elle doubla, vers l'an 2000 elle était dix fois supérieure. De fait, ces dernières 100 années, l'être humain a dépensé autant d'énergie qu'au cours des 19 siècles qui ont précédé.

Dans le temps, on conservait les quelques rares outils, meubles, jouets d'enfants, ustensiles de cuisine,… dont on disposait, pendant des décennies ou, pour certains de génération en génération. De nos jours, la production d'objets manufacturés, qui double environ toutes les 15 années, nous inonde d'innombrables objets que nous remplaçons rapidement et régulièrement par de nouveaux.

Depuis que l'homme est sur Terre et jusqu'au 19 e siècle, sa vitesse maximale de déplacement a été de 32km/h. Cette vitesse est celle d'un char tiré par des chevaux. En 1880, grâce aux perfectionnements apportés aux locomotives à vapeur, la vitesse de 160km/h fut atteinte. En 1938 déjà, seulement un demi-siècle plus tard, un avion réussit à voler à la vitesse de 640 km/h. Vingt ans après, on construisit des avions qui firent du 1200 km/h et des avions-fusées qui approchaient les 6400 km/h.

Au 19e siècle, 50 à 100 ans séparaient l'invention d'une nouvelle machine de sa commercialisation. Avant 1920, ce temps tomba à 34 ans environ, puis à 8 ans jusque dans les années 50. Aujourd'hui, ce laps de temps est encore plus court.

Vers 1500, en Europe, la publication de nouveaux livres était d'environ 1000 titres par an. Ce nombre augmenta progressivement au cours des siècles. Mais en 1950, il passa rapidement à 120 000 ouvrages par an. Dix ans plus tard, 7 mois et demi suffisaient pour en publier autant. Les best-sellers du passé le demeuraient pendant des années, aujourd'hui beaucoup ne durent qu'une année ou une saison, et sont vite remplacés par d'autres. Il en va de même pour les grandes vedettes de la chanson ou du cinéma qui demeurent des idoles pour un temps de plus en plus court, avant d'être détrônées.

Pour se rendre compte de l'accélération de l'Histoire, il faut aussi penser aux transformations fondamentales de notre mode de vie opéré par des objets apparus, somme toute il y a peu de temps comme le téléphone (1876), la voiture (1890), la télévision (1940), les ordinateurs (1950), Internet (1970), les téléphones mobiles ( dans les années 1980).

Un vécu plus intense pour l'individu

La vie de l'individu est également soumise à l'accélération générale. Celui-ci vit des situations de plus en plus nombreuses et variées qui se succèdent très rapidement. Sa vie est de plus en plus remplie et intense. A peine un événement est-il passé, que déjà le suivant se présente : changement professionnel, haut et bas financier, changement de domicile, de relations, de voisinage, de partenaires dans le couple (taux élevé de divorce), etc.

Par certains de ses aspects, l'accélération de l'Histoire peut paraître quelque chose d'agréable et de bénéfique, puisque l'accroissement des connaissances et du savoir faire permet de faciliter la vie quotidienne dans des domaines aussi variés que les travaux ménagers, les communications à distance, les loisirs, les déplacements, etc. Mais, à côté de ces progrès techniques, l'accélération de l'histoire signifie aussi un accroissement de problèmes et de situations conflictuelles pour l'individu. En effet, les nombreux événements auxquels il est confronté ne surviennent pas au hasard. Ils résultent des actions passées des êtres humains, selon la grande loi de la création qui fait que tout ce que nous semons noue le récoltons par la suite.

Or, ce que l'être humain sème n'est pas toujours juste, bien et en accord avec la logique des lois naturelles. Ce qu'il récolte lors de l'accélération des événements sera alors forcément constitué de choses de même genre : problèmes, injustices, conflits, maladies et souffrance. Au niveau du globe, l'accélération engendre ainsi une augmentation du nombre de guerres, de meurtres, de révolutions, de vols, de conflits sociaux, de catastrophes naturelles et économiques, auxquels l'être humain est inévitablement confronté et dont il souffre.

Chaque catastrophe ou conflit ne faisant qu'en exacerber d'autres, le paroxysme de cette escalade est attendu avec angoisse. On entend d'ailleurs de plus en plus de gens se demander «où allons nous ?» et «comment tout cela va-t-il finir ?».

D'où vient l'accélération ?

Face à cette situation nouvelle, on ne peut s'empêcher de se demander comment une telle chose est possible. D'où vient cette accélération et à quoi correspond-elle ?

Sur Terre, lorsqu'il y a accélération, il y a inévitablement un apport d'énergie supplémentaire. C'est le cas, par exemple, lorsque l'on conduit une voiture. En pressant sur la pédale d'accélération, une quantité plus importante d'essence est fournie au moteur, ce qui lui permet d'augmenter sa vitesse.

A l'échelle de la Création, le processus est le même : un apport de force supplémentaire est à l'origine de l'accélération de l'histoire. La seule différence est que ce ne sont plus les rouages d'une machine qui s'accélèrent, mais ceux de la Création.

Si cette force peut accélérer les processus ayant lieu dans toute la Création c'est parce que son origine dépasse le cadre restreint de celle-ci et se situe plus haut. Cette Force est celle que le Créateur déverse dans la Création pour l'entretenir. Quelle autre Force serait en effet capable d'avoir une action aussi puissante et globale ?

L'accélération de l'Histoire est donc due au fait que tout ce qui se trouve dans la Création reçoit une force accrue qui l'oblige à avancer plus rapidement dans le temps et à changer de forme à un rythme plus élevé que jusqu'alors.

Une fièvre universelle

Quelle est la raison de cet apport de force accru dans la Création ? Un élément de réponse peut être trouvé en étudiant un phénomène naturel similaire, à savoir celui qui a lieu dans notre propre corps lorsque nous avons la fièvre. La fièvre est en effet également caractérisée par une accélération générale de toutes les fonctions organiques, accélération qui tranche singulièrement avec le rythme habituel de celles-ci. L'apport d'énergie supplémentaire provient de la combustion des réserves organiques et d'une mobilisation exceptionnelle des forces vitales du corps.

La conséquence en est une accélération générale du rythme cardiaque et respiratoire, de la circulation sanguine, des processus d'assimilation et d'élimination, des échanges cellulaires, ainsi que des défenses organiques mises en œuvres par le système immunitaire. Cette intensification a pour but de permettre à l'organisme de détruire les microbes et les poisons qui mettent sa survie en danger, de brûler les toxines et résidus métaboliques qui l'encombrent, et d'autolyser des toxines qui gênent son fonctionnement.

En d'autres termes, la fièvre a pour but la régénération de l'organisme. C'est donc une action éminemment constructive et salutaire en soi. Il est vrai qu'au cours de cette grande épuration organique, les cellules trop faibles seront détruites – mais cela est dû à leur propre faiblesse – alors que celles qui survivront seront renforcées par la force ainsi reçue.

Un but constructif devrait donc également être à la base de l'accélération de l'Histoire. Elle serait une sorte de fièvre universelle qui permettrait la régénération de la Création et des êtres humain, en vue d'une nouvelle étape. Une telle manière de voir les choses n'est pas contredite par les grandes religions.

Le jugement dernier

La succession de calamités s'abattant sur l'être humain, comme conséquence de l'accélération de l'Histoire et de son propre karma, n'est pas sans faire penser aux plaies décrites par les prophètes de l'Ancien Testament et dans l'Apocalypse, aux plaies promises à l'humanité pour la fin des temps, à l'époque du jugement dernier. Le jugement dernier est le moment où s'opère une séparation entre «les brebis et les boucs» ou entre «le bon grain et l'ivraie» (Matthieu 26,41), c'est-à-dire la séparation entre les esprits qui sont de bonne volonté et s'efforcent de faire le bien, et ceux qui n'ont pas cette aspiration. C'est une période liée à de grands bouleversements dus à un retour accéléré de tout le karma des êtres humains. Chaque esprit humain est confronté au retour concentré de tout ce qu'il a semé. Selon son attitude face à ces récoltes et la nature de ces dernières, il est renforcé dans ses nobles aspirations ou détruit sous l'avalanche des répercussions néfastes qu'il a engendrées.

A propos de l'accélération des événements et de l'accumulation de grandes catastrophes en tout genre, on peut d'ailleurs lire dans l'Encyclopédie Britannique : «Le paroxysme, ressenti intuitivement par les prophètes, est actuellement senti, et craint, comme un événement tout proche. Croire en son imminence n'est plus aujourd'hui un acte de foi : c'est un fait d'observation et d'expérience.» (Article : Time, p 413 1ère colonne) . En d'autres termes, les non-croyants peuvent également se convaincre de la réalité du jugement dernier, puisqu'ils en vivent désormais les manifestations concrètes dans l'accélération de l'histoire.

Si le jugement dernier annoncé n'est souvent pas pris au sérieux, c'est que la présentation imagée qui en est faite est difficile à concilier, pour l'homme d'aujourd'hui, avec les connaissances objectives et scientifiques qu'il a acquises sur le fonctionnement de la nature et de l'univers. Il voit volontiers le jugement dernier comme un acte arbitraire de Dieu, inventé par certains pour bénéficier de plus d'influence sur leur prochain.

Le jugement dernier cependant est un événement qui s'inscrit parfaitement dans les lois naturelles. Ses premières manifestations semblent déjà observables dans… l'accélération de l'Histoire.


Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal