christopher vasey naturopathe
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Du cerveau à l'esprit:
A la découverte de soi



Ce texte est extrait du livre " Du cerveau à l'esprit "

Le cerveau, le centre de l’être humain ?

Ne s’étant pas créé lui-même, l’être humain se demande depuis la nuit des temps, comment il se fait qu’il existe plutôt que de ne pas exister. Pourquoi est-il vivant, conscient et doué de toutes sortes de facultés, plutôt que d’être inconscient, sans vie, inexistant, rien ?

Pour l’être humain, s’imaginer n’avoir rien été dans le passé est une chose impossible. La simple idée d’être du « rien » dissout dans le néant, le dépasse. La conscience que nous avons de nous-mêmes est trop forte et nous en empêche. Tout de suite, elle nous pousse à nous demander où nous nous trouvions dans le néant et surtout sous quelle forme? Cependant, avoir une forme et être quelque part, c’est être !

La difficulté à trouver des réponses satisfaisantes à ces questions a poussé les hommes à s’interroger sur leur propre nature : nous existons, mais que sommes-nous ? Qu’est-ce que cet être conscient, capable d’agir et de penser, que je ressens être ?

Une des voies suivies pour le découvrir à été de rechercher où en nous se trouvait le centre de notre conscience, notre moi véritable ?

Où se trouve le centre de notre conscience ?

De nos jours, il est évident pour la plupart des gens que le siège de notre personnalité - le centre de nos facultés de réflexion et de décision - se situe dans notre tête, plus précisément dans notre cerveau. Il n’en a cependant pas toujours été ainsi. La localisation de notre moi est demeurée longtemps une chose incertaine.

Au 6ème siècle avant Jésus-Christ, le philosophe grec Pythagore émettait seulement l’hypothèse que le siège de la pensée devait être dans le cerveau.. Cette hypothèse fut d’ailleurs contestée par Aristote (4ème siècle av. JC). Ce dernier pensait que le centre de la conscience était dans le cœur et que le cerveau ne servait pas à penser, mais à refroidir le sang !

En réalité, localiser précisément dans notre corps le centre de notre personnalité n’est pas aussi aisé que cela puisse paraître au premier abord. En effet, si nous avons la très nette impression que le processus de réflexion a lieu dans notre tête, il n’en va pas de même pour d’autres manifestations de notre personnalité. Nos émotions par exemple - comme la joie, le calme intérieur, l’envie et la peur - ne sont pas du tout ressenties dans notre cerveau. Il en va de même pour l’amour qui nous habite, la conviction qui nous anime ou la volonté que nous déployons, qui, tous, semblent plutôt issus de la région du plexus solaire ou ... du cœur, que du cerveau.

Cœur ou cerveau ? L’accroissement des connaissances anatomiques et physiologiques ont rapidement montrés que le cœur n’était pour rien dans les processus de conscience et qu’il fallait effectivement plutôt chercher du côté du cerveau.

Les recherches sur le cerveau

Des recherches inlassables furent entreprises car l’on se disait très logiquement que si les actes et la conscience étaient véritablement issus de la masse cérébrale, mieux se comprendre soi-même, passait par mieux comprendre notre cerveau.

Bien qu’ayant débuté dans l’antiquité grecque, les recherches furent lentes et ne se développèrent de manière significative qu’à partir du 19ème siècle.

C’est effectivement à partir de ce moment que la science acquit une représentation réaliste de ce qu’était une cellule nerveuse, avec son corps cellulaire et ses prolongements : les axones et les dendrites, cellule nerveuse ou neurone qui est l’élément de base avec lequel le cerveau est construit.

Au 20ème siècle, grâce à l’emploi de micro-électrodes, on découvrit dans le cerveau l’existence de différents centres spécialisés dans une fonction déterminée, par exemple, des centres responsables de la réflexion, de la mémorisation, de l’association d’idées, ... mais aussi de la vision, de l’audition, du langage parlé, de l’écriture, de la lecture, etc.

Aujourd’hui, grâce à une technologie de plus en plus poussée (les procédés d’imagerie par résonance magnétique), il est même devenu possible d’observer le cerveau en train de fonctionner sans avoir à ouvrir la boîte crânienne, comme cela était nécessaire dans le passé.

Les découvertes de plus en plus nombreuses effectuées ces dernières années semblent toutes confirmer le fait que c’est bien le cerveau qui est le centre de la conscience de l’homme. Pour de nombreux scientifiques, la science a ainsi trouvé la réponse à la grande question sur l’origine et la nature de l’être humain : celui-ci est tout entier contenu dans cette merveilleuse machine remplissant notre boîte crânienne, et des multiples réactions que les neurones entretiennent les uns avec les autres émanent nos facultés cognitives, artistiques et altruistes.

Mais en est-il vraiment ainsi? Un certain nombre de faits montrent au contraire que de nombreuses questions subsistent.

Les énigmes du cerveau

S’il est un point considéré comme incontestable, un point qui est constamment invoqué pour prouver que le cerveau est bien le centre de la personnalité et de la conscience, c’est l’existence des centres cérébraux responsables des différentes facultés humaines : centre de la réflexion, de l’association d’idées , du raisonnement, etc. Ces différents centres sont considérés comme le point de départ et l’endroit où ont lieu les différentes fonctions puisque la destruction d’un des centres rend impossible la manifestation de la fonction correspondante.

Parmi ces centres prenons par exemple celui qui est responsable de la mémoire des mots, le centre dit de Broca, situé dans la 3ème circonvolution frontale gauche du cerveau et dont la destruction provoque l’aphasie, c’est-à-dire la disparition du souvenir des mots et par conséquent de la possibilité de parler qui en découle.

La destruction du centre entraînant la disparition de la faculté de parler, un apahsique total devrait être à tout jamais incapable de parler. Or, il arrive que ces personnes prononcent malgré tout des paroles. Cela a lieu, il est vrai dans des circonstances particulières ; par exemple, à la suite d’un choc physique ou d’une très forte émotion qui les ébranle profondément et à la faveur desquels elles prononcent quelques mots. Comment une telle chose peut avoir lieu ?

Un autre fait qui tend à montrer que les centres cérébraux ne sont pas les points de départ des fonctions, est qu’à la suite de la destruction d’un centre, le cerveau est parfois capable d’en reconstruire un nouveau dans une autre partie de la masse cérébrale. Ainsi, des personnes qui, à la suite d’une attaque cérébrale, ont perdu la faculté de parler ou de mouvoir certains membres à cause de la destruction des centres correspondants, ont-elles pu retrouver l’emploi de la parole et leur mobilité.

Cette formidable capacité d’adaptation, dont on ne peut que se réjouir, soulève néanmoins une question de taille, si l’on considère que les informations sont inscrites dans les centres cérébraux. En effet, comment se fait-il que des informations puissent survivre à la destruction d’un centre - donc à la destruction d'elles-mêmes - pour se retrouver dans un nouveau centre ?

Lorsqu’il s’agit d’un centre moteur, l’explication est simple : il n’y a pas transfert d’informations, mais création d’un nouveau centre, grâce à la rééducation aux mouvements. Mais, lorsque quelqu’un peut retrouver la capacité de parler sa langue maternelle, mais aussi des langues étrangères qu’il a péniblement apprises dans le passé, et tout ceci en quelques mois seulement, on est en mesure de se demander si ce qui, dans de tels cas, se redéveloppe, ce n’est pas, comme on le pense, l’ensemble du stock de souvenirs, mais seulement la capacité de rappeler ces souvenirs, ces derniers étant restés intacts, ailleurs.

L’attribution de fonctions déterminées aux différents centres cérébraux donne l’impression que lorsqu’une fonction précise est sollicité (parler, écrire,...) cela ne peut avoir lieu que lorsque le centre concerné s’active, et uniquement celui-ci, puisque les autres ont un rôle différent à jouer. Or, des études récentes ont montrés que les hommes et les femmes n’utilisent pas leur cerveau de la même manière pour atteindre un même but. Pour lire, par exemple, les hommes utilisent une minuscule zone de l’hémisphère gauche du cerveau, alors que les femmes se servent de plusieurs zones réparties dans les deux hémisphères. Un même but, et par là, une fonction unique : lire, peut donc être atteint grâce à des moyens différents. Cela ne montre-t-il pas à nouveau que le cerveau n’est pas tant le point de départ de nos facultés, qu’un outil qui nous offre un ensemble de possibilités pour atteindre nos buts ? En d’autres termes, cela signifierait que quelque chose d’autre que le cerveau doit exister, quelque chose qui peut le diriger et l’utiliser selon son vouloir.

La clé de l’énigme : l’esprit

En disant qu’il existait quelque chose de plus que le cerveau, quelque chose de plus perfectionné que lui, ne nous sommes-nous pas mis dans une impasse ? En effet, qu’y a-t-il de plus élevé que le cerveau ? Quel autre organe de notre corps serait en mesure de raisonner, calculer, réfléchir ou imaginer ?

En ne scrutant que la masse cérébrale et le système nerveux, la science se limite à ne trouver les réponses aux énigmes du cerveau que dans le cerveau lui-même. Les faits mentionnés précédemment nous invitaient cependant à aller plus loin, à chercher au-delà de l’organe cérébral.

Disons le d’emblée, l’élément « en plus du cerveau », c’est l’esprit, pris dans le sens d’âme, cet élément immatériel dont parlent toutes les grandes religions et qui était également une évidence en médecine jusqu'à il y a quelques siècles.

L’esprit humain est issu du plan spirituel, appelé aussi le paradis. L’esprit est donc d’une toute autre constitution que le corps physique. Il est construit avec des matériaux du plan spirituel, alors que notre organisme est construit à partir des matériaux du plan terrestre.

Pendant la durée de notre vie sur terre, l’esprit est incarné dans le corps physique. Après le décès, le corps physique se décompose et libère ainsi les matériaux avec lesquels il était construit. L’édifice corporel en tant que tel disparaît. Il n’en reste plus que des « briques » éparses, qui serviront à l’édification d’autres corps : plantes, animaux, etc. L’esprit, lui, ne se décompose pas parallèlement au corps, mais subsiste, car les matériaux avec lesquels il est construit ne sont pas soumis aux lois physiques et terrestres.

Etant donné qu’à la mort, notre corps se décompose mais l’esprit demeure, notre moi véritable est notre esprit et non pas notre corps. N’étant pas notre corps, il n’est par conséquent pas non plus le cerveau !

Mais que représente donc le corps pour l’être humain ? Le corps n’est qu’une enveloppe que l’esprit reçoit pour la durée de son séjour terrestre. Cette enveloppe n’est cependantpas un simple vêtement protecteur, comme l’est un manteau par exemple, mais est un outil très perfectionné à disposition de l’esprit, outil possédant de nombreux et précieux instruments : yeux, bras, jambes et ... cerveau.

Malgré la perfection de nos organes physiques et du cerveau en particulier, notre moi véritable n’est pas dans le corps, mais dans l’esprit. Le centre de notre personnalité, de notre conscience et de notre volonté, se situe dans notre esprit. C’est lui qui dit « j’ai un corps », et non pas « je suis un corps ». C’est également lui - et non pas le cerveau - qui affirme « je pense, donc je suis », car le cerveau sans esprit qui l’anime n’est pas capable de penser.

L’esprit immatériel, le centre de notre personnalité

L’existence d’un esprit immatériel permet de résoudre toutes les énigmes concernant le cerveau. Voyons comment, en reprenant les quelques énigmes dont nous avons parlé précédemment. Si nous prenons en considération l’existence de l’esprit, les centres cérébraux - centre du langage, du mouvement, de la vision,... - ne sont pas les points de départ des fonctions et le lieu de stockage des informations y relatives, mais des relais. Chacun d’eux est spécialisé dans le rappel et la transmission d’un certain type d’information : mouvement, langage, etc. En d’autres mots, chacun de ces centres est en relation privilégiée avec une des facultés particulières de l’esprit qui, lui, est le véritable centre de décision et lieu de stockage.

Chez un aphasique, le rappel normal des mots n’est plus possible car le centre du langage oral est détruit. Les mots subsistent cependant dans l’esprit et ne sont pas touchés par la lésion du centre du langage. Ils peuvent donc, dans des circonstances particulières de grand bouleversement intérieur - qui se manifesteront physiquement par un grand ébranlement du système nerveux - trouver malgré tout une voie d’accès au cerveau et permettre à l’aphasique total d’articuler quelques mots.

La possibilité d’utiliser une voie inhabituelle n’est au fond pas surprenante. Une cellule nerveuse a pour caractéristique principale la faculté de recevoir et de transmettre des informations. Que la cellule soit isolée ou fasse partie d’un groupe de cellules (un centre) , qu’elle se trouve dans la moelle épinière ou dans le cerveau, ne change rien fondamentalement. Entre les cellules nerveuses, il n’y a que des différences de complexité et non de nature. Une cellule nerveuse peut donc s’adapter pour transmettre des informations d’un genre différent. Elle peut aussi se mettre en contact tout naturellement avec un nouveau réseau nerveux en développant ses dendrites.

Les caractéristiques des cellules nerveuses exposées à l’instant permettent de comprendre pourquoi un centre détruit au cours d’une attaque cérébrale peut se reconstituer dans une autre partie du cerveau : les nerfs ne font que transmettre et n’agissent qu’en fonction de la manière dont ils sont utilisés. Or, cette utilisation dépend de l’esprit. Lorsqu’une voie ne lui est plus possible - à cause de la destruction des neurones d’un centre par exemple - il peut très bien utiliser une autre voie qu’il créera avec les neurones à sa disposition. Ceux-ci sont très nombreux. Il semble en effet que nous n’utilisons qu’une partie infime de notre potentiel de neurones cérébraux: environ 10%. Ils subsistent donc d’innombrables filets nerveux capables à tout instant de prendre le relais des neurones déficients.

Que le cerveau ne soit qu’un outil utilisé par l’esprit et non le point de départ des facultés est aussi mis en évidence par le fait que, lors de la lecture d’un texte, le cerveau de la femme travaille différemment de celui de l’homme. Cette différence ne s’explique cependant ni par une conformation autre du cerveau, ni par une répartition différente des centres cérébraux. Ceux-ci sont en effet similaires dans les deux cas. Cependant, la nature dissemblable des esprits masculins et féminins, les fait aborder la réalité de manière différente, ce qui a pour conséquence d’activer aussi des parties différentes du cerveau.

Le cerveau, un ordinateur à la disposition de l’esprit

Le cerveau a souvent été comparé à un ordinateur. En effet, les opérations que tous deux peuvent effectuer sont similaires, mais surtout tout deux ne sont que des outils dont les possibilités et bienfaits ne se manifestent que lorsqu’ils sont utilisés. Pour le cerveau, ces possibilités dépendent de l’esprit, pour l’ordinateur de l’informaticien.

Dans les deux cas, les possibilités de l’esprit et de l’informaticien dépassent de loin celles de l’outil. L’informaticien, tout comme l’esprit, peut innover, inventer, créer, improviser, avoir des intuitions, être inspiré. Il peut aussi apprécier la musique, aimer son prochain, vibrer pour un idéal, développer son sens du beau et son sens de la justice. Il peut persévérer, s’appliquer, être courageux, etc. toutes choses impossibles aussi bien à l’ordinateur qu’au cerveau.

Loin d’infirmer l’existence de l’esprit, les découvertes faites sur le cerveau ne font donc que confirmer que l’esprit doit bel et bien exister et qu’il est indispensable de le prendre en considération si l’on veut véritablement comprendre l’être humain. L’esprit est le centre de l’être humain, le cerveau n’est que son outil.

Christopher Vasey