christopher vasey naturopathe
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Constipation et insuffisance hépatique



Le foie est un organe indépendant des intestins. Il joue cependant un rôle fondamental sur son fonctionnement par les sécrétions qu’il y déverse. La bile n'est en effet pas seulement un suc digestif. Elle agit aussi de manière déterminante sur le transit intestinal qu’elle stimule de différentes manières. Une insuffisance hépatique peut donc être une cause de constipation. Dans ce cas, le foie paresseux ne produit pas assez de bile pour garantir la progression normale des selles dans les intestins.

Le foie

Parmi ses nombreuses fonctions, le foie a pour rôle de purifier le sang des déchets qu’il transporte. Il les sécrète ensuite dans un liquide visqueux : la bile.

La bile est avant tout connue pour son action au niveau de la digestion des graisses. Elle émulsionne ces dernières, c’est-à-dire qu’elle les réduit en très petites gouttelettes, qui seront ensuite dégradées par les enzymes des sucs pancréatiques. L'action de la bile ne s’arrête cependant pas là. Elle stimule également le transit intestinal.

Son action à ce niveau est double:

Stimulation du péristaltisme intestinal

Le péristaltisme intestinal se déclenche lorsque les intestins sont remplis de matières et que ses parois se distendent. Mais, les intestins peuvent également être stimulés à se contracter par la présence de bile et ceci en absence de distension de l’intestin.

Par sa composition, la bile a la propriété de stimuler les nerfs sensitifs qui se trouvent dans les parois intestinales. Ceux-ci donnent alors le signal aux muscles péristaltiques de se mettre en marche. La seule présence de bile dans les intestins a donc pour conséquence d’activer les contractions des intestins et de favoriser la progression des matières. Autrement dit, en absence de bile, aucun signal ne serait donné. Le péristaltisme intestinal si nécessaire aux processus digestifs et éliminateurs ne serait alors déclenché que par la forte présence de ballast qui distend les parois intestinales.

La stimulation des intestins dépend de la quantité de bile présente. Normalement, elle est suffisante. Mais bien des gens ont un foie paresseux. Ils souffrent d’une « insuffisance hépatique », ce qui revient à dire que leur foie ne sécrète pas autant de bile qu’il le devrait. Le déficit est plus ou moins important selon les gens. La conséquence en est que l’intestin est peu ou pas stimulé à travailler. Les matières contenues dans les intestins n’y progressent que lentement et difficilement. Elles sèchent et deviennent dures.

Lubrification des muqueuses intestinales

Une autre propriété de la bile est sa capacité à lubrifier les intestins.

Les intestins sont parfois comparés à un long tube, si bien que l’on imagine que ses parois sont lisses comme celles d’un tuyau. Mais ce n'est pas le cas, elles n’ont pas une surface plane et lisse. Les muqueuses de l’intestin grêle sont constituées d’une multitude de replis, appelés villosités intestinales. Ces replis donnent un aspect ridé et inégal aux parois, ce qui freine la libre progression des matières.

Il n’y a pas de villosités au niveau du côlon, mais ses parois ne sont pas lisses non plus. Elles sont rendues irrégulières par des saillies, des bosselures et des sillons, causés par les muscles contenus dans ses parois. Elles sont aussi inégales à cause de la présence de petites glandes qui dépassent de sa surface.

Un certain « frein » s’oppose donc au passage des matières dans les intestins. Pour contrecarrer cet effet, l'existence d'un lubrifiant, qui atténue les frottements et rende glissant le tube intestinal, serait souhaitable. Ce lubrifiant est prévu par la nature, il est constitué en partie par la bile sécrétée par le foie. L'autre partie provient des sécrétions de mucus par les parois intestinales elles-mêmes.

La bile possède une consistance onctueuse qui agit au niveau des intestins de manière identique à celle de l’huile dans un moteur de voiture. Or, de même qu’un moteur ne peut fonctionner correctement que s’il a assez d’huile et de l’huile de bonne qualité, de même les intestins ne feront progresser les matières qu’ils contiennent qu’en présence de suffisamment de bile et, de plus, de bile de bonne qualité.

La quantité de bile sécrétée quotidiennement par le foie en bonne santé s’élève à 1 litre. Celle-ci progresse avec les aliments dans les intestins. Elle se dépose sur les parois de ceux-ci et les lubrifie par sa nature onctueuse et huileuse. Elle facilite ainsi grandement la progression des matières poussées en avant grâce à la contraction des muscles péristaltiques. Il y a donc ici une efficace collaboration entre bile et péristaltisme pour garantir un bon transit des matières.

Chez les personnes qui ont un foie paresseux, la quantité de bile produite n’est pas suffisante pour bien lubrifier les intestins. Les selles progressent mal et avec difficultés, car les muscles péristaltiques ne peuvent à eux seul faire progresser les matières. De plus, en stagnant trop longtemps, elles se durcissent et deviennent collantes, et la constipation s'installe.

Les symptômes de l’insuffisance hépatique

Pour déterminer si une paresse hépatique est une des causes de votre constipation, il est nécessaire de connaître les signes qui montrent que le foie ne travaille pas bien. Ceux-ci sont faciles à observer. Il faut noter qu’une personne souffrant d’une faiblesse hépatique présentera un, mais le plus souvent plusieurs des symptômes suivants :

  • Difficulté à digérer les graisses : fritures, œufs, crème, ...
  • Troubles digestifs en général
  • Nausées
  • Gonflement et pesanteur au niveau du ventre
  • Gaz, ballonnements
  • Bouche pâteuse, langue chargée
  • Mauvaise haleine
  • Perte d’appétit
  • Fatigue, manque d’élan
  • Selles en « crottes de chèvre »
  • Selles trop claires, par manque de bilirubine
  • Selles qui flottent dans l’eau du WC, à cause d'une digestion insuffisante des graisses

La stimulation du foie

Lorsque la constipation est due à une insuffisance hépatique, le traitement à instaurer ne doit pas viser à agir sur les intestins, siège de la constipation, mais sur le foie, responsable du ralentissement du transit par sa faible production de bile.

Les moyens les plus efficaces pour stimuler le foie dans son travail sont l’emploi de plantes médicinales et de la bouillotte chaude.

Les plantes médicinales

Les plantes médicinales pour le foie sont dites « hépatiques » ou « draineuses du foie et de la vésicule biliaire ». Elles agissent en stimulant le foie à filtrer d’avantage de déchets hors du sang, ce qui augmente la quantité de bile produite. Dans le meilleure des cas, la production peut doubler. Cela signifie que les intestins recevront beaucoup de bile pour lubrifier leurs parois et pour stimuler le péristaltisme intestinale. De plus, les plantes hépatiques accroissent la capacité de la vésicule biliaire à se contracter pour éjecter la bile qu’elle a momentanément stockée. Il en résulte une augmentation de la bile disponible dans les intestins.

La congestion du foie par les déchets et les poisons qui a conduit à l’insuffisance hépatique, est un processus qui s’est étendu dans le temps. Des années d’intoxication progressive ne peuvent évidemment pas être compensées en quelques jours de cure. La pratique montre qu’il faut prendre des plantes hépatiques pendant 1 à 3 mois à raison de trois prises quotidiennes, avant les repas. Avec ces prises régulières et répétées dans le temps, le foie se décongestionne peu à peu des déchets qui l’encombrent. Il se fortifie et retrouve son fonctionnement normal.

Voici trois plantes spécialement efficaces pour stimuler le foie dans son travail:

Le dosage indiqué doit être adapté à vos besoins personnels. Commencez avec de petites doses et augmentez-les progressivement. Lorsque le transit intestinal est rétablit, maintenir ce dosage sur 1 à 3 mois.

L’artichaut (Cynara scolymus)
La partie utilisée en thérapie n’est pas le bouton de la fleur que l’on mange, mais les feuilles.
Infusion : 10 g de feuilles par litre d’eau, infuser 10 minutes, boisson très amère, 3 tasses par jour
Gélules : 1 – 2 gélules, 3 fois par jour
Teinture-mère : 30 à 50 gouttes, 3 fois par jour

Radis Noir (Raphanus sativus)
Ce radis, à chair blanche mais recouverte d’une enveloppe noire, est un excellent stimulant du foie et de la vésicule. Son usage en cuisine est fortement recommandé.
Ampoule de jus de radis noir : 1 à 2 ampoules par jour
Gélules : 1 – 2 gélules, 3 fois par jour
Teinture-mère : 30 à 40 gouttes, 3 fois par jour

Romarin (Rosmarinus officinalis)
Arbrisseau des régions méditerranéennes, le romarin est recouvert de petites feuilles qui stimulent fortement le foie : elles peuvent doubler la production de bile. Son usage en cuisine est fortement recommandé.
Infusion : 1 cuillerée à café de feuilles par tasse, infuser 15 minutes, 2 à 3 tasses par jour
Gélules : 1 – 2 gélules, 3 fois par jour
Teinture-mère : 20 à 40 gouttes, 3 fois par jour

La bouillotte chaude

Le foie est l’organe le plus chaud du corps. Sa température se situe entre 39°C et 41°C. C’est non seulement la température qui résulte de son activité, mais aussi celle dont il a besoin pour fonctionner correctement.

Une perte de chaleur au niveau de la glande hépatique, par fatigue et affaiblissement diminue sa capacité à travailler. Or, le froid a une action vasoconstrictrice sur les capillaires sanguins. Ils diminuent de diamètre, ce qui ralentit la circulation sanguine dans le foie. La production de bile est entravée.

Pour lutter contre l’insuffisance hépatique rien ne vaut l’application d’une bouillotte bien chaude sur le foie. Ce dernier reçoit ainsi la chaleur dont il a besoin pour travailler activement. La bouillotte est un coussin de caoutchouc muni d’une ouverture que l’on peut fermer hermétiquement avec un bouchon. Remplie avec l’eau chaude du robinet et posée sur la région du foie, elle va transmettre sa chaleur à cet organe. La température de celui-ci s’élève et son fonctionnement, jusque là ralenti, retrouve son rythme normal, et même s’intensifie.



Marche à suivre

  • Poser la bouillotte remplie d’eau chaude à la hauteur du foie
  • Maintenir pendant 15 à 30 minutes
  • 1 à 3 fois par jour, de préférence après les repas
  • Cure sur 1 mois au minimum

Christopher Vasey