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Comment est né le langage - Réponse à une énigme



Nous communiquons constamment avec nos semblables, mais il est rare que nous nous demandions comment le langage a pris forme, autrement dit comment les sons devinrent un jour les premières paroles et les premiers mots, et comment celui qui les inventa en communiqua le sens à autrui.

La question est-elle insoluble ?

La naissance du langage est un problème considéré comme insoluble, car la formation du langage suppose la préexistence d'un langage fondamental. En effet, pour que deux êtres humains puissent se mettre d'accord afin qu'un son représente une notion, ou pour qu'il désigne tel objet bien déterminé, il est nécessaire qu'ils possèdent en commun un ensemble de concepts, autrement dit un langage initial, leur permettant de communiquer, sinon ils ne parviendraient ni à se comprendre, ni à s'entendre.

Au premier abord on ne voit pas quel serait ce langage et la question paraît effectivement insoluble. Cependant, il n'y a impossibilité que si l'on adopte une approche matérialiste. Les matérialistes pensent en effet que seule la matière existe, par conséquent que l'être humain n'est qu'un corps de chair. Celui-ci possède un organe très performant, le cerveau, qui est capable de former des mots et de penser. Pour eux, le processus entier de la formation du langage ne peut que se situer dans le cerveau et ici sur Terre, dans la matière dense. Un langage qui préexisterait est donc pour eux du domaine de l'impossible.

Cependant l'approche spiritualiste est une autre manière de voir les choses. Elle considère qu'en dehors de ce qui est matériel, il y a encore beaucoup de choses qui, bien qu'immatérielles, n'en existent pas moins, et parmi ces choses, l'esprit immatériel de l'être humain (son âme), originaire du plan spirituel ou paradis, qui s'incarne dans un corps physique pour séjourner sur Terre.

L'esprit et le cerveau

Le véritable moi de l'être humain est l'esprit, c'est en lui que réside le centre de la conscience et le siège de la volonté. Le corps, et par là le cerveau, ne sont que des outils mis à la disposition de l'esprit.

L'esprit transmet son vouloir au cerveau qui le réalise sur Terre. Pour les spiritualistes, le langage ne se forme par conséquent pas seulement avec l'organe corporel qu'est le cerveau, mais également et principalement à partir de l'esprit.

En raison de leur différence d'origine, l'esprit étant spirituel, et le cerveau matériel, ce qui émane de chacun d'eux est forcément d'un autre genre. L'activité de l'esprit a pour résultat les intuitions qui se manifestent sous forme de notions et d'images, alors que le cerveau, pour sa part, produit des pensées et des mots. Ainsi, lorsque l'esprit transmet son vouloir au cerveau, celui-ci transforme l'intuition qu'il a reçue en une forme plus dense, appropriée au plan terrestre : les pensées, puis les mots parlés ou écrits.

Il existe donc deux genres de langage : le langage de l'esprit et le langage du cerveau. Le langage préexistant d'où peut naître le langage terrestre est celui de l'esprit.

Or, comme chaque esprit humain incarné possède ce langage, deux personnes peuvent par conséquent s'accorder à l'aide du langage spirituel sur la nécessité de créer un langage terrestre et sur les sons à choisir pour chaque mot.

Le langage spirituel existe-t-il vraiment ?

Si un langage spirituel existe, cela implique concrètement qu'il est possible d'avoir une vie cognitive et de communiquer sans utiliser des mots et des paroles qui sont le propre de l'activité du cerveau. Est-ce le cas ? Oui, les peintres et les compositeurs le font constamment. Ils nous parlent de leur vie intérieure, réveillent en nous des élans, nous communiquent leurs sentiments et leurs idéaux… sans un mot, sans une parole, uniquement par des images et des sons.

Essayons également de nous représenter ce qui se passe lorsque nous avons «un mot au bout de la langue». Nous cherchons à exprimer quelque chose. Nous savons parfaitement de quoi il s'agit. En nous, la représentation en est claire, mais il est impossible de la verbaliser. Cela ne prouve-t-il pas que vie cognitive et mots sont deux choses distinctes ? Et que, pour passer de l'un à l'autre, un processus de transformation ou de densification est nécessaire ? En effet, si l'intuition et le mot étaient identiques, nous n'aurions jamais besoin de chercher un mot, car celui-ci serait là en même temps que l'intuition.

Le fait que la vie cognitive n'implique pas nécessairement des mots et des paroles est aussi démontré par l'existence des nombreux langages visuels créés un peu partout dans le monde pour permettre aux sourds-muets de communiquer. Ces langages n'utilisent évidemment aucun mot, mais uniquement des signes visuels. Ceux-ci sont effectués à l'aide des mains et des bras, ainsi que par les mouvements du corps et les expressions du visage. Tous ces langages possèdent leur grammaire propre et permettent, tout aussi bien que le langage parlé, de s'exprimer avec flexibilité, finesse et précision sur les événements de tous les jours, comme sur les questions les plus abstraites.

Il y a donc quelque chose en nous qui transcende les moyens d'expression et de communication que nous utilisons dans la matière (mots, signes, etc.). Cette faculté plus subtile a son origine dans notre esprit, c'est le langage de l'esprit, c'est-à-dire de l'intuition..

Uniformité de la structure des langues

Malgré la multitude des langues et dialectes existants, toutes ces manières de s'exprimer ont une structure de base identique, ce qui est une preuve supplémentaire de l'existence d'un langage spirituel préexistant au langage terrestre.

Contrairement à ce que l'on croit habituellement, nous ne pensons ou ne raisonnons pas en fonction des mots, de la grammaire et des règles logiques que nous avons instaurées, mais ce sont les mots et la grammaire qui se conforment à une manière innée de travailler de l'esprit.

Les esprits humains ont tous la même origine : le plan spirituel. La manière de travailler de ces esprits est donc similaire. Il en résulte que les différentes langues utilisées de par le monde – cinq mille langues et plus de vingt mille dialectes – ne sont pas des créations arbitraires, chacune différente et sans relation avec les autres, mais qu'elles possèdent une même structure de base. Diverses études linguistiques (Chomsky, Bickerton) confirment le fait. Elles montrent que, malgré leur apparente diversité, toutes les langues reposent sur une grammaire commune. Cette grammaire se retrouve partout où l'être humain crée une langue. Elle est identique, aussi bien pour le langage parlé que pour le langage par signes des sourds-muets. On la retrouve aussi dans les langues créoles, c'est-à-dire ces nouvelles langues créées spontanément par des gens d'origines très variées et contraints de vivre ensemble. Par exemple, dans la langue des esclaves africains de différentes cultures, déportés dans les plantations de canne à sucre. Malgré le nombre élevé de langues créoles (il y en a plus de trois cent cinquante dans le monde), toutes présentent une grammaire presque identique, comme si elles avaient toutes un même fil conducteur.

Ainsi, le besoin inné de l'esprit à exprimer ce qu'il a en lui est réalisé coûte que coûte en inventant un langage. Mais si variés que soient les langages qui en résultent, ils ne sont que des densifications de ce qui les transcende et les précède : le langage de l'esprit.

Pourquoi différentes langues terrestres ?

Si les esprits ont un langage commun, comment se fait-il qu'il existe tant de langues différentes sur Terre?

Au premier abord, on pourrait penser qu'un mot en vaut un autre, qu'ils ne sont que des sons choisis un peu au hasard pour désigner les choses. En réalité ce n'est pas le cas. Chaque mot possède une force et un sens qui correspondent à ceux de l'objet qu'il désigne. Leur attribution ne se fait pas au hasard, mais elle est dirigée par la loi de l'attraction des affinités qui fait que les semblables s'attirent et que les contraires se repoussent.

Chaque chose qui nous entoure, que ce soient des pierres, des plantes ou des objets fabriqués par l'homme, porte en elle des forces qui sont l'expression de ses propres caractéristiques.

Chaque objet est constitué de matériaux différents, ce qui le distingue nettement des autres. Il irradie donc différemment et possède sa propre «vibration», «couleur» ou «énergie», que l'être humain peut ressentir. L'irradiation qui émane d'un éclat de silex, par exemple, n'a rien à voir avec celle d'une méduse.

Ce qui vient d'être dit à propos des objets est aussi valable pour les sons. Tout son utilisé pour former des mots possède également sa propre «couleur» et sa propre irradiation. C'est pourquoi l'être humain qui cherche à désigner un objet par un nom sera inconsciemment poussé par la force de l'attraction des affinités à utiliser des sons dont les forces et les caractéristiques correspondent à celles de l'objet en question.

Les noms attribués aux choses ne sont donc pas des étiquettes choisies arbitrairement. Le choix des noms se fait en fonction de la «vibration» qui émane de l'objet et qui est ressentie par l'être humain qui le nomme. Si tous les êtres humains étaient semblables, c'est-à-dire étaient du même genre et possédaient la même sensibilité, il y aurait une manière uniforme de percevoir la «vibration» des objets et de les nommer.

Or, dès le début de l'histoire de l'humanité, à cause de l'environnement naturel dans lequel elles habitaient et les conditions de vie auxquelles elles devaient faire face, les différentes communautés d'êtres humains développèrent des sensibilités différentes, c'est-à-dire des manières autres de percevoir et de ressentir. Leur façon de percevoir étant différente, leur manière de désigner les choses l'était aussi, d'où la multitude des langues existant sur Terre.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal