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Aux confins de la mémoire



Qu’est-ce que la mémoire et n’en a-t-on vraiment qu’une ?

La mémoire est une faculté que le plus souvent nous utilisons sans nous en rendre compte. Ce n’est que lorsqu’elle nous fait soudain défaut et que les trous de mémoire deviennent plus fréquents que nous prenons conscience d’elle et commençons à nous interroger sur sa vraie nature. En effet, qu’est-ce qu’au fond que cette merveilleuse faculté qui nous permet de faire remonter dans notre conscience des souvenirs anciens que, pour la plupart, nous n’avions même pas cherchés à volontairement retenir ? Où sont donc stockés les souvenirs et sous quelle forme ? Serait-ce un bienfait d’avoir «tout en tête» comme se le souhaitent les personnes mémorisant mal ? Et parmi tout ce que contient notre mémoire qu’est-ce qui est vraiment important pour nous ?


L’homme qui se souvenait de tout

Il est des cas rares de personnes dont la mémoire, dépassant de très loin celle de la moyenne des gens, est si prodigieuse, qu’elle leur permet de se souvenir de tout. C’était le cas d’un homme désigné par la lettre S. par le psychologue qui le suivit pendant plus de 30 ans.

La mémoire de S. était si vaste qu’il n’oubliait absolument rien. Aucun événement de sa vie : voyages, rencontres, conversations,... ni aucune information lue ou entendue n’échappait à sa mémoire tentaculaire. Pour démontrer l’étendue de ses facultés, il apprenait des colonnes entières de chiffres inscrites sur un tableau noir et les récitait ensuite à volonté et sans se tromper en commençant par le début ou la fin, ou encore en descendant ou en remontant les colonnes. S. était également capable de mémoriser des longues listes de syllabes sans sens ou de mots étrangers dont il ignorait la signification.

Loin de le rendre heureux et de simplifier sa vie, l’étonnante mémoire de S. compliquait au contraire son existence et la rendait insupportable. Il lui était en effet impossible de mener correctement à bien des activités aussi anodines que lire un livre ou s’entretenir avec quelqu’un. Sitôt les premiers mots lus ou prononcés, ceux-ci faisaient surgir en lui une foule de souvenirs associés à ces mots, qui eux-mêmes en appelaient d’autres, si bien qu’en très peu de temps il était submergé et perdait complètement le fil de sa lecture ou de la conversation. Il lui était également impossible de réfléchir à un sujet abstrait ou de tirer des conclusions générales sur quoi que ce soit, car une avalanche de souvenirs venaient brouiller sa vue dès les premières réflexions.

Bien que nous n’en soyons pas conscients, il y a probablement autant de souvenirs en nous qu’il y en a en S. Différents faits tendent à nous le prouver.

D’innombrables souvenirs enfouis en nous

Il y a plus de souvenirs en nous que nous n’en sommes conscients. Pour s’en rendre compte, il suffit de penser qu’un simple vouloir de notre part nous permet de faire remonter dans le champs de notre conscience le souvenir d’événements anciens, auxquels nous n’avons pas pensés depuis des décennies et qu’à l’époque nous n’avions même pas cherché à retenir ! Les faits se dressent vivants devant nous. Souvent, en creusant plus profondément, il nous est même possible de faire encore apparaître une foule de détails secondaire à l’événement proprement dit : des couleurs, des odeurs, des visages de tierce personnes présentent sur les lieux, etc.

Le phénomène dit de la « vision panoramique » nous montre également combien nombreux et étendus sont les souvenirs enfouis en nous. Au cours de ce phénomène, des personnes sur le point de mourir ou croyant leur dernière heure venue, voient défiler leur passé en l’espace de quelques secondes. Il s’agit d’alpinistes faisant une chute dans le vide ou de soldats sur qui l’ennemi pointe son arme, mais que des événements inattendus sauvent au dernier moment. Il s’agit aussi de noyés ou de pendus qui ont pu être ramenés à la vie. Comme ces personnes le relatent, elles revivent leur passé dans toutes ses nuances, avec tous ses hauts et ses bas, malgré le temps très court pendant lequel a lieu le phénomène.

Tout notre passé semble donc bien enfoui dans notre mémoire. Mais comment se fait-il alors que contrairement à ce qui se passe chez S., chez nous, les souvenirs ne remontent pas en masse ou envahir le champ de notre conscience ? Cela provient de ce que le cerveau est conformé de telle manière qu’il ne laisse jamais pénétrer plus d’une pensée à la fois dans le champ de notre conscience.

Ce fait, chacun peut facilement le constater. Nous sommes en effet incapable de penser à deux choses en même temps. Par exemple, il nous est impossible de penser à nos vacances et, en même temps, d’être concentré sur notre travail. Soit c’est l’un, soit c’est l’autre. De plus, nous pouvons contrôler le débit de nos idées. Il nous suffit de nous concentrer sur l’une de nos pensées pour la maintenir dans notre conscience et ainsi empêcher l’irruption de toute autre, que ces pensées soient des pensées nouvelles engendrées dans le présent ou des pensées issues des souvenirs.

Chez S., le rôle de filtre du cerveau ne fonctionne pas correctement. Tel un barrage fissuré, il laisse échapper avec un débit beaucoup plus élevé que normalement et sans opérer de sélection les souvenirs accumulés. Ces souvenirs ne restent donc pas tranquillement en profondeur jusqu’au moment où ils seront rappelés, mais remontent spontanément en surface.

Profondeur et surface sont deux termes souvent utilisés lorsque l’on parle de mémoire. Si la surface est le champ de notre conscience, que sont ces profondeurs où sont stockés nos souvenirs ?

Où sont donc stockés les souvenirs ?

Pour la plupart des gens, les souvenirs sont enregistrés dans le cerveau. Bien que le processus d’enregistrement ne soit pas connu, on l’imagine comme étant le résultat d’une modification chimique de la trame des tissus cérébraux. Ces tissus seraient ainsi marqués par l’empreinte des souvenirs de la même manière que les différentes couleurs modifient la structure chimique de la pellicule photographique.

Si tel était réellement le mode d’enregistrement des souvenirs, la conséquence inévitable en serait que la destruction de la trame entraînerait toujours la perte des souvenirs qui y sont inscrits. Or, certains faits montrent que ce n’est pas le cas et que le cerveau est moins l’organe chargé de stocker les souvenirs que celui qui est destiné à les rappeler.

Comment en effet expliquer que des personnes devenues muettes à la suite de la destruction du centre cérébral du language parlé, c’est-à-dire celui où serait enregistré le souvenir des mots, puissent malgré tout prononcer quelques paroles lorsqu’elles sont fortement ébranlées intérieurement, par exemple, face à un grand danger ? Ce serait impossible si les mots avaient vraiment été enregistrés dans le cerveau puisque chez elles, le lieu de stockage de ceux-ci est détruit. Le souvenir de ces mots est donc nécessairement enregistré ailleurs, mais où ?

La seule réponse logique à cette question, et à d’autres du même ordre que nous avons déjà développées (MdG No ), est que les souvenirs ne sont pas enregistrés dans son corps (dans son cerveau), mais dans son esprit - pour employer une présentation dualiste de l’homme - esprit étant pris ici dans le sens d’âme, autrement dit le Moi véritable de l’être humain.

Ainsi, la personne qui bien que muette prononce quelques paroles à la faveur d’une grande frayeur, n’a jamais perdu son stock de mots. Seul la faculté de rappel a été détruite. Toutefois, le grand bouleversement qui la secoue intérieurement, ébranle également la masse des filets nerveux du cerveau et ouvre ainsi une voie d’accès inhabituelle qui lui permet de prononcer quelques paroles.

Le rôle du cerveau n’est donc pas de stocker des informations - ces stocks n’ont d’ailleurs jamais été retrouvés malgré toutes les recherches entreprises - mais dans un premier temps, de les transmettre à l'esprit, puis, dans un deuxième temps, de les rappeler dans la conscience lorsque cela est nécessaire.

Les pertes de mémoire sont donc dues soit au fait que les souvenirs sont mal transmises à l’esprit pour y être enregistrés, soit que la voie de rappel ne fonctionne plus correctement. Dans les deux cas, la cause en est des déficiences cérébrales, déficiences causées par une irrigation insuffisante des tissus concernés (problèmes circulatoires) ou à une mauvaise nutrition de ceux-ci (carence en vitamines, minéraux,...). Ces deux conditions sont souvent présentes en même temps chez les personnes âgées, ce qui explique pourquoi ce sont avant tout elles qui se plaignent de troubles de la mémoire.

Le fait qu’elles puissent raconter plusieurs fois de suite la même histoire à un même interlocuteur ou qu’elles aient des difficultés à mémoriser de nouvelles données, provient d’un défaut de transmission et d’enregistrement de l’information dans l’esprit. La difficulté à retrouver certaines informations déjà stockées dans leur mémoire provient, elle, de déficiences du système de rappel.

L’esprit apparaît ainsi comme les « profondeurs » où sont stockés les souvenirs, le cerveau ne jouant qu’un rôle d’intermédiaire.

Cela n’est cependant juste que lorsque l’on considère l’être humain comme étant seulement composé d’un corps et d’un esprit. En réalité sa constitution est plus complexe, ce qui nous permet de nuancer ce qui vient d’être dit et de découvrir que l’être humain n’a pas une mais plusieurs mémoires.

L’être humain et ses différentes mémoires

Le Moi véritable de l’être humain est l’esprit originaire du plan spirituel. Ce plan se situe bien plus haut dans la création que le plan de matière dense où nous nous trouvons actuellement. Or, lors de sa descente dans la matière, l’esprit humain ne quitte pas le plan spirituel pour entrer directement dans le plan terrestre, mais traverse d’abord une série de plans intermédiaires de constitution de plus en plus dense.

Ainsi, au fur et à mesure de sa descente d’un plan à un autre, l’esprit revêt une enveloppe sur l’autre, la dernière étant le corps physique. Comme celui-ci, les diverses enveloppes sont équipées d’organes dont la finesse et les facultés correspondent au plan dont elles sont issues. Chacune d’entre elles possèdent donc des organes lui permettant de ressentir les impressions qui lui parviennent et de les transmettre à l’esprit, mais aussi ... de conserver les souvenirs qui lui sont utiles. La mémoire se présente donc de manière très différente suivant l’enveloppe que l’on considère, chacune ne pouvant que conserver des souvenirs en affinité avec elle-même.

En commençant par l’enveloppe la plus dense, nous trouvons d’abord la mémoire du corps, appelée : mémoire procédurale. Les mouvements physiques sont l’expression de notre corps de matière dense de forte densité et sont mémorisés à ce niveau. Cette mémorisation se fait dans les organes de matières denses que sont les nerfs et les centres nerveux cérébraux. L’apprentissage des mouvements se concrétise effectivement dans le développement des dendrites des neurones qui tissent ainsi tout un réseau spécialisé dans la réalisation de mouvements déterminés.

Les paroles étant d’un genre plus éthéré que celui de la matière de forte densité - elles sont en effet invisibles à nos yeux terrestres - elles et leurs souvenirs appartiennent à l’enveloppe de matière dense dite de moyenne densité.

Quand aux pensées émises lorsque nous réfléchissons à l’aide de notre cerveau, elles sont encore plus éthérées et subtiles que les sons - elles sont en effet invisibles et inaudibles - et appartiennent à la mémoire de notre enveloppe de matière dense de faible densité. Etant de nature plus subtiles, toutes les pensées et connaissances intellectuelles ne sont donc pas touchées par les altérations ou la destruction des centres cérébraux de matière dense de forte densité, comme nous l’avons vu dans l’exemple de la personne muette qui prononce quelques paroles dans des circonstances spéciales.

Les pensées ne sont cependant pas les choses les plus subtiles qui sont en nous. Elles sont émises par un organe de matière dense, le cerveau, et sont par là d’une constitution beaucoup plus lourde que les intuitions par lesquelles se manifeste l’activité de notre esprit immatériel. Ces intuitions qui sont de genre spirituel, seront évidemment stockées dans notre esprit, à cause de l’affinité de genre.

Chaque enveloppe et l’esprit lui-même enregistre les souvenirs qui correspondent à ce qu’ils ont perçu et ressenti. Ainsi, face à un événement unique, par exemple quelqu’un qui prononce le mot « amour », les vibrations sonores seront perçues par les nerfs auditifs, le son sera enregistré dans l’enveloppe de matière dense de moyenne densité, le mot dans celle de faible densité, et la notion proprement dite dans l’esprit.

Cette répartition et hiérarchisation des souvenirs correspond à leur valeur respective. Plus un souvenir est important, c’est-à-dire a une valeur spirituelle plus il est enregistré en profondeur, étant donné que les enveloppes les plus superficielles - notre corps physique par exemple - ne sont utiles à l’esprit que passagèrement.

Importance relative des différentes mémoires

L’importance relative des différentes mémoires se révèle clairement lorsque l’on réfléchit à ce qui se passe à notre mort terrestre. L’esprit quitte le corps physique, ainsi que les enveloppes de matière de moyenne et de faible densité. Il perd donc aussi bien la mémoire des mouvements corporels, des paroles (son), et des mots (pensées). Ne devons-nous pas en effet, lors de chaque incarnation, réapprendre à marcher, parler et utiliser les mots de la langue propre à la région où nous vivons. Disparaissent également avec le corps de matière dense de faible densité toutes les connaissances livresques et intellectuelles qui n’ont pas été intégrées dans l’esprit. En effet, seul ce que l’esprit a profondément ressenti, ce qui l’a impressionné et l’a marqué, est inscrit en lui. Ce sont ces connaissances essentielles qui se manifestent sous forme d’une compréhension intuitive des choses, de prédispositions innées et d’une maturité et sagesse intérieure qui dépassent de loin celles qui auraient pu être acquises au cours d’une seule incarnation ; toute choses qui nous sont utiles où que l’on soit et à quelle époque que ce soit.

Nos différentes mémoires contiennent chacune beaucoup de choses. De toutes, ce sont cependant les plus éphémères dont nous nous occupons le plus. En effet, de nos jours, l’accent est avant tout mis sur l’acquisition de connaissances terrestres et leur mémorisation. Cela est certes nécessaire et ne doit pas être négligé. Cependant beaucoup trop d’importance leur est accordée et cela au détriment de la « mémoire » de l’esprit, c’est-à-dire du développement des facultés et connaissances spirituelles qui forment notre Moi proprement dit.

Christopher Vasey

Article basé sur les connaissances du Message du Graal